Me Henri Leclerc: Pour l’abolition de la peine de mort en Iran

Me Henri Leclerc, président d’honneur de la ligue des droits de l’Homme © csdhi Me Henri Leclerc, président d’honneur de la ligue des droits de l’Homme © csdhi

La journée mondiale pour l’abolition de la peine de mort a été célébrée à la Mairie du 1er arrondissement de Paris sous les hospices de Jean-François Legaret. Le Comité de Soutien aux Droits de l’Homme en Iran (CSDHI) a organisé une exposition sur les pendaisons macabres qui continuent en Iran, un pays qui détient le triste record mondial du nombre d’exécutions par tête d'habitant.  Des défenseurs des droits de l’Homme et de témoins des violations en Iran ont pris la parole.  

Mme Sima Mirzaï qui a vu 14 membres de sa famille, dont six frères et sœurs, exécutés par le régime islamiste, a apporté un témoignage émouvant : « Quatorze membres de ma famille, dont six frères et sœurs, ont été exécutés en Iran sur la fatwa de Khomeiny après des années de tortures, pendant le massacre de l’été 1988 (…) Pendant quatre semaines, ils ont appelé mon père pour annoncer la mort de ses enfants. Chaque fois que le téléphone sonnait, toute la famille tremblait. Les bourreaux n’ont même pas rendu les corps de mes frères et sœurs et n’ont pas dit où ils étaient enterrés. Au bout d’un an, ils ont dit qu’ils pouvaient donner le numéro des tombes si mon père acceptait de collaborer avec les mollahs. En tant que membres d’une famille victime du massacre de 88, je demande à l’Onu, aux instances des droits de l’homme de poursuivre en justice les dirigeants du régime iranien impliqués dans ce massacre. La justice doit être rendue. Jamais on n’oubliera et jamais on ne pardonnera ce crime contre l’humanité ».

 

Appel pour une enquête sur le massacre de 1988 en Iran

En 1988, en l’espace de quelques mois, sur une fatwa de Khomeiny, le régime des mollahs a fait exécuter plus de 30000 prisonniers politiques. La plupart des opposants victimes de cette tuerie étaient des militants des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI). Récemment la révélation d’un enregistrement d’une conversation de l’époque entre du dauphin de Khomeiny, l’ayatollah Montazeri, et les responsables de ce massacre, a brisé un tabou et délié des langues sur ce crime contre l’humanité. Montazeri fustigeait ce crime il fut alors écarté la même année et assigné à résidence.

Les intervenants de cette journée ont souligné la nécessité de poursuivre les responsables de ce crime abominable. Des responsables qui occupent actuellement les postes clé au sein du pouvoir iranien et poursuivre les pendaisons à travers le pays. Les organisations à travers le monde ont dénoncé les exécutions à travers le monde, mais on oublie souvent que l’Iran des mollahs avec un millier de pendu, exécute plus que le reste du monde proportionnellement à sa population.

Maître Henri Leclerc, président d’honneur de la ligue des droits de l’Homme a déclaré : « En Iran, l’utilisation de la peine de mort est massive et on ne peut pas ne pas s’insurger. Les crimes impunis se renouvellent ». A propos du massacre des prisonniers politiques en 1988 en Iran, il a déclaré : « C’est un crime contre l’humanité, quand on sait que des milliers ont été exécutés alors qu’ils étaient en prison. Il faut dénoncer et agir. Les éléments que nous avons sont suffisants. Je souhaite que l’ONU fasse une enquête et ensuite les responsables soient jugés. Ils sont morts pour la liberté dans le monde, ces hommes, ces femmes et ces enfants ont droits à la justice.  Si nous laissons de tels crimes impuni c’est notre avenir qui sera tragique. »

 Dans son message, la présidente du Conseil national de la Résistance iranienne, Maryam Radjavi, a déclaré : « le nombre d’exécutions en Iran l’an dernier, y compris politiques, est supérieur à celui de la plupart des années de pouvoir de Khameneï, le guide suprême actuel des mollahs. » Ces exécutions se heurtent de plus en plus à l’opposition et l’aversion générales. Le mouvement pour la justice en faveur des victimes du massacre de 1988 qui s’est développé ces derniers mois, plonge les mollahs dans de grandes difficultés. La communauté internationale doit prendre les mesures nécessaires pour traduire en justice les dirigeants du régime, en particulier le guide suprême Ali Khameneï, devant une cour internationale pour le massacre de 30000 prisonniers politiques. »

A l'occasion de la journée mondiale contre la peine de mort, les ONG abolitionnistes (Acat France, Amnesty International France, la Coalition mondiale contre la peine de mort, Ensemble contre la peine de mort, la Ligue des droits de l’Homme, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme …) ont installé un village de l’abolition pour célébrer les 30 ans de la publication au Journal Officiel de la loi portant abolition de la peine de mort en France et rappeler que 58 pays dans le monde continuent toujours d’appliquer la peine capitale.

 

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