Iran : les opposants et la colère des mollahs

Les mollahs en Iran sont en colère. Motif ? Le rassemblement du Conseil national de la Résistance iranienne au Bourget où était réunie une foule immense venue appuyer l’appel de Maryam Radjavi pour un changement de régime et l’instauration d’une république laïque et pluraliste dans ce grand pays du Moyen-Orient. Les mollahs ont convoqué l’ambassadeur de France à Téhéran, François Sénémaud.

Samedi 9 juillet, s’est déroulé à Paris le plus grand rassemblement des sympathisants de la résistance iranienne, en présence de plus de 600 éminents législateurs et personnalités politiques de divers courants, mais aussi des défendeurs des droits de l’Homme et de l’égalité du genre, ainsi que des représentants religieux de plus de 80 nationalités. © Kyan Samedi 9 juillet, s’est déroulé à Paris le plus grand rassemblement des sympathisants de la résistance iranienne, en présence de plus de 600 éminents législateurs et personnalités politiques de divers courants, mais aussi des défendeurs des droits de l’Homme et de l’égalité du genre, ainsi que des représentants religieux de plus de 80 nationalités. © Kyan

Les mollahs ont convoqué l’ambassadeur de France à Téhéran, François Sénémaud, pour exprimer leur rage de voir s’exprimer des dizaines de personnalités françaises et internationales au rassemblement des farouches opposants à la théocratie islamiste au pouvoir en Iran.

Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne, a exigé qu’on musèle les opposants en Iran et à l’extérieur du pays et a déploré, selon l’AFP, que ce rassemblement donne lieu « chaque année à des discours d’individus de différents pays (…) qui soutiennent les terroristes ».

Le succès diplomatique probant du Conseil national de la Résistance iranienne, le 9 juillet, a également fait réagir Abolqassem Delfi, un haut responsable du ministère des Affaires etrangères des mollahs. «  Tenir des propos inappropriés contre la République islamique d'Iran en France est inacceptable », les opposants iraniens sont « un groupe terroriste anéanti et détesté et un cadavre puant », a-t-il déclaré avec perfidie à l'agence de presse officielle IRNA.

 

« Non à la dictature intégriste des mollahs »

Ils étaient des dizaines de milliers d'Iraniens et de démocrates du monde entier, venus dire « non à la dictature intégriste des mollahs » qui sème la terreur en Iran, exporte l'extrémisme et soutien Assad dans le massacre du peuple syrien et participe à la detresse du peuple irakien.

De nombreuses personnalités françaises avaient répondu à l’appel pour « un Iran libre et démocratique ». Notamment Mgr Jacques Gaillot, Alain Vivien, Rama Yade, Gilbert Mitterrand, Ingrid Betancourt, Pierre Bercis, Yves Bonnet, François Colcombet. Ainsi que les députés Dominique Lefebvre (PS) et Michel Terrot (LR), co-présidents du Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID); le sénateur-maire du Bourget, Vincent Capo-Canellas et la Sénatrice Evelyne Yonnet. José Bové et Jean-Pierre Brard avaient envoyé des messages de soutien.

Etaient également venu soutenir la cause du peuple iranien, des personnalités d’envergure international telles que Jose Manuel Baroso, ancien président de la Commission Européenne; le prince Amir Turki al-Faisal, ex-ambassadeur saoudien aux Etats-Unis et au Royaume-Uni; John Baird, Giulio Terzi, Baldine Haniballson, respectivement anciens ministres des affaires étrangères du Canada, d’Italie et d’Islande; Howard Dean, ancien président du Parti démocrate américain, Bill Richardson, ex-ambassadeur aux  Nations-Unies, Michael Mukasey, ancien procureur général des Etats-Unis ; Rita Sussmuth, ex-présidente du Parlement Allemand; Ad Melkert, ancien Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Irak.

Une délégation syrienne était composée de Nasr Hariri, un dirigeant de la Coalition nationale de l’opposition, et George Sabra, vice-président de la haute délégation de l’opposition pour les négociations. L’ancien premier ministre algérien Sid Ahmed Ghozali et Soliman Amarah, vice-président du l’Egypte. 

Une délégation parlementaire britannique, constituée de 22 membres de la Chambre des Lords et des Communes ainsi qu’une forte délégation de personnalités politiques et défenseurs des droits humains britanniques ont également pris part au rassemblement, exprimant ainsi leur solidarité avec le peuple iranien et avec la résistance.

Les femmes étaient fortement représentées dans les délégations présentes au rassemblement. Parmi elles, 22 figures éminentes ont pris la parole pour s’exprimer en leurs noms. 

Mme Zinat Mir Hashemi, membre du CNRI et rédactrice en chef de la revue Nabard-e Khalgh de l’Organisation des Fedayin du Peuple d’Iran, ainsi que Kak Baba Cheikh, dirigeant du parti kurde iranien « Khebat » ont également exprimé leur soutien aux revendications du meeting.

Le pasteur iranien Saïd Abedini, récemment libéré après avoir passé trois ans et demi dans les geôles iraniennes pour avoir revendiqué sa foi chrétienne, était un autre intervenant remarqué du rassemblement.

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Un régime irréformable

Dans son intervention, Maryam Radjavi, Présidente du Conseil National de la Résistance Iranienne, a passé en revue la situation catastrophique du régime iranien un an après la signature de l’accord sur le nucléaire entre l’Iran et les P5+1. À la suite de l'accord, il y a exactement un an, beaucoup avaient misé sur l'évolution et la modération progressive de la dictature féroce des Mollahs. Le constat est lamentable! La dictature est toujours aussi barbare et théocratique. Pour ceux qui avaient cru ou fait semblant de croire à une évolution dans le bon sens, il faut aujourd'hui se rendre à l'évidence. Le régime est totalement irréformable.

Pour les intellectuels, pour les démocrates iraniens, le fond du problème réside dans le caractère intégriste et théocratique du système, dont la constitution, élaborée par des mollahs, place le guide suprême religieux au-dessus de la souveraineté populaire. Aucune réforme ne peut être envisagée sans une révision de la constitution et l'abolition du principe du pouvoir absolu du clergé. Cette option ne peut intervenir qu'avec le renversement de la théocratie et l'instauration d'une véritable démocratie laïque comme se le fixe comme objectif le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI).

© CNRI France

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