Les Iraniens veulent leur liberté !

A Bruxelles le 15 juin, place Schuman, la diaspora Iranienne se retrouvera avec ses soutiens internationaux pour demander à l’Union européenne de mettre fin à sa politique de complaisance avec l’Iran. L’Union Européenne doit cesser d’entretenir des relations commerciales et d’aider la tyrannie des gardiens de la révolution.

Les messages politiques sont clairs ; séparation de l’Eglise et de l’Etat, fin de la ségrégation sexuelle, égalité hommes-femmes, fin du voile obligatoire, abolition de la peine de mort, état de droit, respect des droits humains et des droits environnementaux… Les messages politiques sont clairs ; séparation de l’Eglise et de l’Etat, fin de la ségrégation sexuelle, égalité hommes-femmes, fin du voile obligatoire, abolition de la peine de mort, état de droit, respect des droits humains et des droits environnementaux…

Par Anahita Irani

Depuis un an et demi, les manifestations du peuple iranien bousculent le régime. Bien différentes des précédentes émeutes, notamment en 2009, la révolte menée aujourd’hui se distingue sur divers points. D’abord, les manifestations s’inscrivent dans la durée et dans le temps. De plus, elles demandent cette fois, non pas un changement de président mais bien un changement de régime. Et à un moment historique où ce régime est justement fragile. Enfin, elles sont fortement soutenues par la diaspora iranienne à travers le monde.

L’Iran vacille

Le changement de régime en Iran n’a jamais semblé aussi proche. La théocratie au pouvoir depuis 40 ans commence à sentir le sol vibrer sous son piédestal. Chaque coup de sceptre porté sur le sol, comme autant de tentatives de rétablir une autorité mise à mal, fissure un peu plus les bases du régime islamiste. Tout ce que fait désormais l’Etat iranien est contre-productif. A tous les niveaux. Chaque émeute brimée, chaque prisonnier politique torturé, chaque manifestant blessé ou tué ne font que renforcer l’ardeur des opposants. Plus l’état frappe, plus la population se relève. A chaque fois plus nombreuse et plus motivée que jamais.

Sur le plan international, le régime d'Ali Khamenei est totalement isolée. L’économie du pays, déjà exsangue, se voit encore plus limitée par les nouvelles sanctions appliquée par les Etats-Unis. Les relations avec les pays arabes du golfe se détériorent à chaque nouvelle interaction. Seule l’Union Européenne hésite encore à lâcher définitivement le régime des gardiens de la révolution. Ce qui ne devrait désormais plus tarder. Avec un soutien international aussi limité, une population déterminée et une alternative politique viable et prête à assumer la transition vers le changement, on ne voit décemment pas comment le régime en Iran pourrait survivre longtemps. Et, si ce ne sont quelques pasdarans apeurés par la liberté des autres, personne ne regrettera sa disparition. Le pronostic vital est engagé.

Plusieurs évènements sont prévus en Occident

Désormais, les mollahs ont conscience de leur chute. Ils ont beau la savoir inéluctable, la haine, la violence et la manipulation sont pour eux un art de vivre. Ils iront malheureusement jusqu’au bout de leurs principes meurtriers. La population le sait. Elle subit leurs foudres depuis 40 ans. Mais elle a définitivement choisit son destin politique. Après plus d’un siècle de monarchie et théocratie, elle veut gagner sa liberté. Elle veut définitivement tourner la page. Passer à autre chose. Une autre vie. Un autre paradigme.

Aux mois de juin et juillet 2019, la diaspora iranienne se met au diapason des combattants de tous les jours au pays. En Europe comme en Amérique du Nord, plusieurs manifestations et évènements de grande ampleur sont prévus. Afin de sensibiliser le monde occidental dans son ensemble aux conditions de vie des Iraniens. Car si les médias inondent leurs lecteurs auditeurs et téléspectateurs de données et d’informations liées aux sanctions et au nucléaire iranien, très peu nombreux sont ceux qui questionnent le peuple et les souffrances qu’il endure depuis 1979. Il ne s’agit plus que de droits humains. Les guerres en Syrie et au Yémen coûtent cher. Les caisses de l’Etat sont vides depuis longtemps. Depuis longtemps déjà, les salaires n’étaient plus payés. Désormais, l’épargne est directement siphonnée pour financer la guerre, le Hezbollah au Liban ou les milices chiites en Irak.

Bruxelles pour commencer

A Bruxelles le 15 juin, place Schuman, la diaspora Iranienne se retrouvera avec ses soutiens internationaux pour demander à l’Union européenne de mettre fin à sa politique de complaisance avec l’Iran. L’Union Européenne doit cesser d’entretenir des relations commerciales et d’aider la tyrannie des gardiens de la révolution.

Les messages politiques sont clairs : séparation de l’Eglise et de l’Etat, fin de la ségrégation sexuelle, égalité hommes-femmes, fin du voile obligatoire, abolition de la peine de mort, état de droit, respect des droits humains et des droits environnementaux… Un programme en dix points est déjà établi par le CNRI, l’alternative politique regroupant tous les mouvements de résistance du pays au sein d’un parlement exilé de 500 membres. En France, le Conseil national de la Résistance iranienne enjoint l’UE à désigner comme organisations terroristes, les Pasdarans et le ministère iranien des Renseignements (le VEVAK) à l’origine de plusieurs attentats déjoués sur le sol européen en 2018. Des personnalités se joindront aux militants de la diaspora pour cette première manifestation en occident. La première d’une longue série dans les capitales Européennes. Jusqu’à ce que l’Union Européenne cesse enfin de collaborer avec la tyrannie des pasdaran.

 

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