Rassemblement du CNRI au Bourget: le régime en Iran voit rouge

Cette semaine, les principaux quotidiens du monde arabe comme Asharq al-Awsat, al-Hayat, al-Riyadh, al-Seyassah, Okaz, Arab News ou encore Arab Times ont dédié leur une à la présidente élue de l’opposition iranienne Maryam Radjavi à l’occasion du rassemblement pour un Iran libre qui a eu lieu le 9 juillet à Paris.

"Certes, en termes de liberté, les mollahs n’acceptent que la liberté de réprimer. Le parrain du terrorisme international qui a endeuillé tant de familles en France, a taxé de terroristes l’ensemble des élus, députés, sénateurs, maires, conseillers municipaux français venus apporter un soutien bien légitime à la liberté et la démocratie en Iran." "Certes, en termes de liberté, les mollahs n’acceptent que la liberté de réprimer. Le parrain du terrorisme international qui a endeuillé tant de familles en France, a taxé de terroristes l’ensemble des élus, députés, sénateurs, maires, conseillers municipaux français venus apporter un soutien bien légitime à la liberté et la démocratie en Iran."

Cet évènement avait pour objectif de dire non à la dictature intégriste des mollahs dans l’optique d’un Iran libre et démocratique. Lors de cette rencontre, Maryam Radjavi a appelé à un changement de régime en Iran, soutenue par des centaines de personnalités politiques et religieuses européennes, américaines et du Moyen-Orient de toutes appartenances, à l’instar de Mgr Jacques Gaillot, Alain Vivien, Rama Yade, Gilbert Mitterrand, Ingrid Betancourt, Pierre Bercis, Yves Bonnet, François Colcombet, des députés Dominique Lefebvre (PS) et Michel Terrot (LR), co-présidents du Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID), du le sénateur-maire du Bourget, Vincent Capo-Canellas, de la Sénatrice Evelyne Yonnet, etc. José Bové et Jean-Pierre Brard avaient envoyé des messages de soutien.

Côté international, on notera la présence de Jose Manuel Baroso, ancien président de la Commission Européenne; du prince Amir Turki al-Faisal, ex-ambassadeur saoudien aux Etats-Unis et au Royaume-Uni; de John Baird, Giulio Terzi, Baldine Haniballson, respectivement anciens ministres des affaires étrangères du Canada, d’Italie et d’Islande, d’Howard Dean, ancien président du Parti démocrate américain, de Bill Richardson, ex-ambassadeur aux  Nations-Unies, de Michael Mukasey, ancien procureur général des Etats-Unis, de Rita Sussmuth, ex-présidente du Parlement Allemand, ou encore d’une délégation d'une vingtaine de parlementaire britannique. 

Le rassemblement comptait également sur le soutien du monde arabe, représenté par une délégation syrienne composée de Nasr Hariri, un dirigeant de la Coalition nationale de l’opposition, et de George Sabra, vice-président de la haute délégation de l’opposition pour les négociations, par l’ancien premier ministre algérien Sid Ahmed Ghozali, par Soliman Amarah, vice-président du parlement Egyptien, par Ad Melkert, ancien Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Irak, ou encore par le pasteur iranien Saïd Abedini, récemment libéré de prison où il avait été incarcéré pour avoir revendiqué sa foi chrétienne. 

À noter que les femmes étaient fortement représentées dans les délégations présentes avec parmi les intervenantes, 22 figures éminentes. 

Maryam Radjavi a évoqué la situation actuelle désastreuse dans le pays un an après l’accord nucléaire, évoquant la montée de la répression en Iran et de l’extrémiste dans toute la région. Elle a affirmé que la seule solution pour la paix, c’est d’éliminer le régime « velayat-e faqih » car les mollahs et Daech sont faits de la même étoffe, et que tant que l’occupation du régime continue en Syrie, en Iraq et au Yémen, il est impossible de lutter efficacement contre Daech. 

 

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…Qui déclenche les foudres des mollahs

Le succès de cette rencontre et sa couverture médiatique ont immédiatement déclenché la colère des mollahs, qui ont alors convoqué l’ambassadeur de France à Téhéran, François Sénémaud. Ils ont exprimé leur rage de voir des dizaines de personnalités françaises et internationales participer au rassemblement des opposants au pouvoir en Iran et à la théocratie islamiste. Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a exigé le musèlement des opposants en Iran et à l’extérieur du pays car selon lui, le rassemblement donne lieu : « chaque année à des discours d’individus de différents pays (…) qui soutiennent les terroristes ». Abolqassem Delfi, haut responsable du ministère des Affaires étrangères des mollahs, a également qualifié les opposants de terroristes et affirmé qu’il est inacceptable de tenir des propos inappropriés contre la République islamique d’Iran en France. 

Pour les mollahs, la liberté d’expression et d’opinion en France pose problème. Selon un article du Comité de Soutien aux Droits de l’Homme, « La démocratie, la liberté, la tolérance, la laïcité, la coexistence pacifique, l’égalité entre les hommes et les femmes, en bref le programme de la résistance, tout ce que les fascistes religieux considèrent comme "corps puant", "terrorisme", "signe de faiblesse", et autant d’insultes plus acerbes les unes que les autres. Certes, en termes de liberté, les mollahs n’acceptent que la liberté de réprimer. Le parrain du terrorisme international qui a endeuillé tant de familles en France, a taxé de terroristes l’ensemble des élus, députés, sénateurs, maires, conseillers municipaux français venus apporter un soutien bien légitime à la liberté et la démocratie en Iran. »

L’article du CSDH explique ensuite que Paris est en France et pas en Iran, et que la France est une république libre, reprenant le célèbre chant de la Révolution de 1789 : « Ah ça ira, ça ira, en Iran, les mollahs à la lanterne ! »

Dans un article du 13 juillet, Le Monde rapporte également cet « entretien » virulent entre les mollahs et l’ambassadeur français à Téhéran. 

Le régime a également convoqué le délégué d’Egypte à Téhéran pour protester contre la présence de députés égyptiens au rassemblement du 9 juillet.

Cette réaction excessive indique que la montée en puissance de la Résistance iranienne n’est pas du goût du régime et l’effraie. 

Le député Michel Terrot (LR) aux côtés de Dominique Lefebvre (PS), le sénateur-maire du Bourget Vincent Capo-Canellas, la Sénatrice Evelyne Yonnet, Mgr Jacques Gaillot, Alain Vivien, Rama Yade, Gilbert Mitterrand, Ingrid Betancourt, Pierre Bercis, Yves Bonnet, François Colcombet… © CNRI France

 

 

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