Iran : un régime en fin de course

Les manifestations qui ont commencées en Iran fin 2017, se sont étendus à tout le pays et à toutes les couches de la société. Ces démonstrations populaires sont très différentes des précédentes car elles sont sans précédent dans la diversité des messages.

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C’est en fait l’expression d’un peuple en colère, une colère suscitée par l’absence de progrès économique et politique après 40 ans de République islamique.

Initialement dirigées contre les prix élevés, les manifestations antigouvernementales se sont rapidement retournées contre le régime dans son ensemble mais aussi contre le guide suprême Ali Khamenei.

Les manifestations sont désormais des lieux où l’on brûle et déchire les portraits de Khamenei ou le drapeau de la république islamique. Le peuple n’en peut plus de cette dictature religieuse, de ses mesures répressives et de sa politique expansionniste terroriste dans les pays avoisinants. En effet la volonté d'étendre la République Islamique hors des frontières iraniennes via le financement des guerres en Syrie ou en Palestine, se fait toujours aux dépends des besoins des Iraniens.

Si les manifestations se sont étendues à tout le pays c’est surtout grâce à l’action sur le terrain du NCRI. Les manifestations se sont durcies avec des slogans clairs et sans ambiguïtés. "Mort au Khamenei", "A bas le dictateur", "Honte à toi, mollah", "Je ne veux pas de république islamique".

Le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad-Ali Jaffari, a accusé les États-Unis, les sionistes et Al Saud d'actes de "sabotage et d'explosions" puis en voyant le mouvement prendre de l’ampleur les mollahs se sont mis à accuser le NCRI.

Peu importe de savoir comment ont commencé les manifestations ou qui a attisé les flammes de la révolte populaire pour tel ou tel motif, ce qui est important c’est de reconnaître et soutenir la révolte du peuple iranien contre la répression féroce de la république islamique.

Surtout depuis la nomination, par Khamenei du religieux radical Ebrahim RaÏssi a la tête de la justice iranienne. RaÏssi, un personnage tristement célèbre pour être responsable des massacres de l'été 1998. Une décision qui porte un coup décisif  au mirage de la modération du régime en Iran.

Les extrémistes religieux vont pouvoir désormais blâmer le Rohani pour ses échecs et ses rapports avec l’occident et dans le même temps insister sur la nécessité de projeter au monde une image plus militaire de l’Iran. La répression va donc s’accentuer lors des futures manifestations populaires. L'Iran est à un tournant et il serait temps que le monde se range aux côtés des aspirations du peuple iranien pour le changement de régime.

 

 

 

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