L’Iran a menti sur le nucléaire, reconnait le chef de l’agence iranienne

Le Conseil national de la Résistance iranienne a alerté dans un communiqué au sujet de la déclaration du chef de l'Agence iranienne de l’énergie atomique qui a avoué dans une interview que les mollahs avaient menti dans les négociations avec le P5+1 au sujet du site nucléaire d'Arak, dissimulant une partie des installations interdites servant à l’enrichissement de l’uranium.

 

« Cet accord ne ferme pas la voie des mollahs à la tromperie et à l'accès à l’arme nucléaire ». « Cet accord ne ferme pas la voie des mollahs à la tromperie et à l'accès à l’arme nucléaire ».

 

 « Concernant les tubes à combustible, nous avions acheté des tubes similaires auparavant, mais je ne pouvais pas les déclarer à l'époque. Seul une seule personne le savait en Iran, a déclaré Ali Akbar Salehi dans une interview à la télévision d’Etat. Seule la plus haute autorité de l’Etat (Khamenei) était au courant et personne d'autre. Sa Sainteté avait souligné que vous devez faire attention à ces gens, ils ne sont pas dignes de confiance et ne tiennent pas leurs promesses. Eh bien, nous devions travailler avec finesse et intelligence. Cela veut dire qu’en plus d’avoir eu soin de ne pas briser les ponts derrière nous, nous devions aussi construire des ponts pour nous permettre d'aller plus vite si nous devions reprendre notre activité. Il s’agit de tubes de deux à trois centimètres de diamètre et de trois ou quatre mètres de long. Nous avions acheté des tubes similaires et la même quantité. On (AIEA) nous a dit de les remplir de ciment, nous avons donc versé du ciment dans ces tubes. Mais nous n'avons pas déclaré que nous avons d'autres tubes, si non, ils auraient dit : messieurs, veuillez verser également du ciment dans ceux-ci (...) Nous allons maintenant utiliser ces tubes, maintenant nous avons ces tubes (…) » (La 4ème chaine de la télévision d’Etat, le 22 janvier 2019). 

Le régime des mollahs ne s'est jamais porté volontaire pour signaler ses activités nucléaires à l'AIEA conformément au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). C’est la Résistance iranienne (OMPI, CNRI) qui a été la première partie à révéler les installations clandestines du régime et sa duperie nucléaire. 

Le 14 août 2002, la Résistance Iranienne, s’appuyant sur des informations réunies par l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), révélait l’existence des sites nucléaires de Natanz et d’Arak. Les révélations ont amorcé les premières inspections de sites nucléaires iraniens par l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique et le régime de sanctions du Conseil de Sécurité contre Téhéran.

Si le principal mouvement d’opposition n’avait pas fourni des efforts assidus et permanents pour dévoiler le programme nucléaire militaire clandestin de Téhéran, les mollahs seraient aujourd’hui en possession de la funeste bombe.

Dans ses mémoires, le président du régime iranien Hassan Rohani a reconnu le rôle de l’opposition iranienne, écrivant : « La réalité concernant la découverte du site de Natanz, c’est que les Monafekin [OMPI] y ont contribué. Ils avaient plusieurs sources d’information... Ils se sont rendus compte de certaines allées et venues dans la zone de Natanz... Ils se sont même approchés de très près, ont photographié le site et réuni des informations. »

En février 2003, l’OMPI a dénoncé l’utilisation de la Kala Electric Company comme couverture pour de l’enrichissement d’uranium. Elle a également dévoilé des activités d’enrichissement de laser sur les sites de Lashkar-Abad et Lavizan-Shian, où il est plus tard devenu évident que Téhéran avait effectué des travaux d’armement nucléaire.

Après une coopération réticente d’abord, la stratégie de Téhéran a été de tricher, de refuser l’accès, de supprimer des preuves, de faire obstacle aux requêtes de l’AIEA. Téhéran a toujours refusé l’accès à la base militaire de Parchin, un site exploité pour une variété d’activités, dont des essais d’explosifs associés à des détonations nucléaires.

L’OMPI avait révélé le site d’enrichissement hautement fortifié de Fordow dès 2005, mais Téhéran n’a pas permis d’y accéder avant 2009. Près d’une douzaine d’autres sites nucléaires, ainsi que des scientifiques, des experts et des documents essentiels sont restés hors de portée de l’AIEA.

A à long terme, la solution ultime à la crise nucléaire est dans la chute du régime théocratique. C’est ce à quoi aspire le peuple iranien, excédé par l'incurie et la corruption et l'oppression des mollahs. Toute autre solution relève du fantasme.

C'est cette solution que vont défendre les participants à la grande manifestation de la diaspora le 8 février prochain à Paris (à 14h place Denfert-Rochereau). Ils entendent dénoncer la répression et le terrorisme des mollahs. Mais les Iraniens veulent surtout faire savoir qu’ils ont une alternative à la dictature religieuse.

 

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