Facebook efface la propagande des mollahs en Iran

Après les reproches qui avaient été faits aux réseaux sociaux sur le non contrôle de la propagande émanant d’un état lors des dernières élections américaines, Facebook, Google et Twitter n’ont cette fois pas attendu de se faire reprendre par les institutions pour renvoyer les hackers iraniens à leurs études.

iran: Mais plus que le contenu du message, c’est bien l’inauthenticité des comptes qui est punie par les géants du net. iran: Mais plus que le contenu du message, c’est bien l’inauthenticité des comptes qui est punie par les géants du net.

Les géants mondiaux du réseau social ont supprimé de très nombreux faux compte, pages et groupes reprenant mot pour mot la propagande de la théocratie Iranienne sur l’opposition au régime, la guerre au Yémen, la Syrie ou le conflit Israélo-palestinien.

La difficulté liées aux réseaux sociaux, c’est qu’elle sert désormais de lieu de propagande pour tout et n’importe quoi ; de la dernière publicité pour le dernier gadget à la mode aux idées politiques les plus saugrenues, en passant par l’expression de médias plus ou moins officiels au service d’une cause ou d’une autre. De fait, les réseaux sociaux perdent le sens même de leur appellation d’origine. Certes, il s’agit ben de encore de réseaux géants, mais qui n’ont plus de social que le nom. Afin de préserver l’esprit de partage et d’échange qui doit prévaloir sur ces lieux de rencontres virtuelles, quelques règles doivent être posées, à commencer par l’interdiction de l’affichage d’une propagande d’état en direction des utilisateurs du ou des réseaux en question.

Interdire la propagande étatique

C’est dans ce cadre que Facebook, Google et Twitter, ainsi que leur sites affiliés, ont supprimé 783 pages, groupes et faux comptes directement liés à l’état Iranien. Ces derniers n’étant actifs que pour promouvoir la politique agressive de l’Iran envers les différents pays du Golfe et du Moyen-Orient et les opposants historiques au régime depuis 1979. Bien que, avoue ne pas pouvoir affirmer directement qui se cache derrière cette propagation de faux comptes présentés comme locaux partout dans le monde, les mois d’investigations passés à observer ces comptes montrent tous un dénominateur commun ; des publications émanant de médias officiels iraniens, repris tels quels parles comptes en question.

Le but ? Toujours le même ; attiser la haine, créer la division dans les populations et provoquer incidemment à la violence. Quelques pages avaient déjà été bloquées en août 2018. Mais il semble que l’outil propagandiste Iranien ait continué sur sa lancée. Jusqu’à ce que Facebook et Twitter, puis Google, décident d’arrêter les frais par prudence. En effet, certains messages ne laissent aucune place au doute quant à leurs visées ; « Al Quods (Jérusalem) est la capitale éternelle de la Palestine » est de ceux-là. Répétés en boucle, comme un mantra, ce genre de message n’a pas pour but d’apaiser les tensions entre les différentes communautés.

C’est le moins que l’on puisse dire. Idem en ce qui concerne les moudjahidines du peuple « groupe d’opposition au régime le plus large et le plus actif à travers le monde » selon Facebook, véritablement conspué et diffamé en permanence par les messages postés sur ces faux comptes et relayés ensuite au sein des faux groupes.

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Supprimer les faux comptes, dont l’authenticité est douteuse

Mais plus que le contenu du message, c’est bien l’inauthenticité des comptes qui est punie par les géants du net. Après tout, la liberté d’expression doit permettre d’afficher ses opinions propres, à compter du moment où ces dernières respectent les lois républicaines des pays dans lesquels elles sont émises. Si tel n’était pas le cas, les responsables des opinions affichées pourraient être reconnus et poursuivis pour simple non respect de la loi. Mais quand il s’agit de comptes inauthentiques, il est clair qu’il s’agit d’une propagande pure et simple ne visant que la désunion et la diffamation. Il faut dire que le régime Iranien, à l’économie exsangue, doit faire actuellement face à une vague continue d’émeutes et de manifestations depuis la fin de l’année 2017.

La population demande le départ imminent des mollahs et la fondation d’un nouveau régime, plus démocratique, laissant la place à l’expression des minorités, ethniques et religieuses, des femmes et des diverses opinions politiques. L’Organisation des Moudjahidines du Peuple Iranien (OMPI) et le CNRI (Conseil National de la Résistance Iranienne), regroupant toutes les oppositions au régime, animent avec finesse et avec force cette rébellion du peuple et se présente comme une alternative politique plus que crédible aux mollahs, pour préserver la paix au Moyen-Orient. Les mollahs cherchent donc par tous les moyens à empêcher que la parole libre de leurs contradicteurs de toujours puisse s’exprimer partout dans le monde et surtout au sein du monde Musulman, quitte à mentir de façon éhontée, à brandir la menace de al punition divine et instiller la haine et la violence au sein des communautés.

Des iraniens crient à Munich : "Régime des Mollahs dégage !" © L'Observateur du Maroc et d'Afrique

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