Maryam Radjavi appelle à soutenir le combat du peuple iranien pour la liberté

Depuis quatre décennies qu’ils exercent leur domination absolue en Iran, réprimant les libertés des citoyens et exportant le bellicisme et le terrorisme à l’étranger, les mollahs n’ont presque jamais été sanctionnés pour leurs crimes. Ce silence, mêlé à la complaisance des dirigeants occidentaux a été compris par les mollahs comme un encouragement pour poursuivre leur crimes.

Maryam Radjavi avec les députés de l'Assemblée nationale française à une conférence sur l'Iran. Maryam Radjavi avec les députés de l'Assemblée nationale française à une conférence sur l'Iran.

Mardi 29 octobre 2019, Maryam Radjavi, dirigeante de Résistance iranienne, était l’hôte des membres de l'Assemblée nationale française qui l’avaient invité à une conférence sur la politique européenne à l'égard de l'Iran. Les députés Michèle de Vaucouleurs, André Chassaigne, Philippe Gosselin, Hervé Saulignac, Yannick Favennec étaient parmis les autres intervenants de la conférence intitulée « Iran : répression, belligérance, nécessité d'une nouvelle approche », organisée à l'initiative du Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID).

 L'exportation du terrorisme et le bellicisme sont les moyens stratégiques du régime pour se maintenir au pouvoir. C'est pour cette raison que l'Union européenne et plus particulièrement le président français ont été frustrés dans tous leurs efforts pour réduire les tensions.

 La présidente du Conseil national de la Résistance iranienne a déclaré : « S’il y avait la moindre possibilité de modération dans ce régime, si le Président n’était pas un instrument du guide suprême, si les dirigeants pouvaient penser aux intérêts du peuple à la place de leur survie et si ce régime avait un minimum de stabilité, pour quelle raison il augmente la répression et le terrorisme et rejette les propositions de la France?

« Le régime joue un double-jeu avec ces initiatives pour gagner du temps afin de poursuivre ses agressions dans la région et développer son programme balistique. Et d’un autre côté, il critique durement la France et l’Europe dans sa propagande à l’intérieur de l’Iran.

« Les initiatives de la diplomatie française, avec le leadership dans ce domaine, doivent aussi être actives pour ouvrir la voie à la démocratie en Iran et au soutien aux droits de l’homme du peuple iranien et de sa Résistance. C’est seulement de cette manière qu’on peut instaurer la paix et la stabilité dans cette région et apporter la démocratie. Il existe une alternative démocratique qui peut instaurer une république démocratique et pluraliste fondée sur la séparation de la religion et de l’Etat, l’égalité des femmes et des hommes, l’autonomie des minorités et un Iran non nucléaire. 

« Le Conseil national de la Résistance iranienne est capable de remplacer ce régime et d’assurer une transition pacifique du pouvoir aux représentants élus du peuple iranien. Le peuple iranien et sa Résistance, avec les unités de résistance sont prêts à le faire. J’espère que la politique européenne et celle la France se tiendront du côté du peuple iranien et de ses demandes légitimes. »

 

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L’intervention des députés français

Le député français André Chassaigne a expliqué l'évolution de la situation en Iran après l'accord nucléaire et a rappelé que l'Iran bouillonne de manifestations populaires. Il a ajouté que la seule façon pour rétablir la paix est d'aider le peuple iranien à résister aux violations des droits humains commises par la dictature. Il a souligné qu'il est naïf d'essayer de modifier le comportement du régime des mollahs par la politique de complaisance et de concession.  

 Michèle de Vaucouleurs, présidente du Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID), a expliqué sur la mission du comité pour informer les députés et l'opinion publique française sur la question iranienne et les enjeux de la politique déstabilisatrices de Téhéran dans la région poudrière du Moyen-Orient. Elle a évoqué les récents développements de la scène iranienne, notamment l’aggravation de la répression des femmes et des minorités dans le pays. 

 Parlant de sa récente visite avec son collègue Hervé Saulignac à Achraf 3, siège du principal groupe d'opposition, l'Organisation des Moudjahidine du Peuple d'Iran (OMPI), en Albanie, elle a déclaré que cette cité et ses habitants sont une source d'espoir pour les Iraniens de libérer un jour leur pays du joug de la dictature théocratique.  Achraf 3 , était l’hôte cette été de cinq jours d’évènements organisés autour du combat des Iraniens pour la liberté et le pluralisme en Iran.  Quelques 350 personnalités et parlementaires de 47 pays avaient répondu à l’invitation des Résistants iraniens, nouvellement installés en Albanie après une odyssée de lutte et de résistance en Iran et en Irak.

 Philippe Gosselin, co-président de la CPID, a déclaré partager le point de vue de Mme Radjavi sur la nature du régime iranien, mentionnant la conspiration prévue par les mollahs pour perpétrer un attentat à la bombe contre le rassemblement annuel de la Résistance iranienne à Paris (Villepinte) en 2018, qui a conduit à l'expulsion par la France d'un diplomate du régime et à l'extradition en Belgique d'un diplomate terroriste qui attendant son procès. Gosselin a félicité Mme Radjavi pour son plan en 10 points pour l’Iran libre de demain et pour la paix et la tranquillité dans la région.

 Yannick Favennec, vice-président du CPID, a également parlé évoqué les actions déstabilisatrices de Téhéran dans la région et a souligné que la solution à la crise iranienne ne peut venir que des Iraniens eux-mêmes, comme réitéré à mainte reprise par Maryam Radjavi. « La guerre à l’étranger et les négociations sans fin mènent à plus d'agressions et de menaces. Nous devons penser au changement, et nous devons soutenir le désir de changement de régime du peuple iranien et de sa Résistance », a-t-il ajouté. 

La députée d’Indre-et-Loire, Sophie_Auconie, a assuré Maryam Radjavi du soutien sans faille des parlementaires français, mais aussi du Parlement européen au CNRI "bien que le chemin est escarpé".

Jean François Legaret maire du 1er arrondissement de Paris qui a jumelé sa municipalité avec la cité d'achraf 3 de la Résistance iranienne en Albanie a déclaré : "Les Achrafiens sont tous des survivants de crimes abominables et qui ont pourtant cette générosité, cette volonté de bâtir une ville, Achraf. C’est une aventure humaine qui me donne de l’espoir."

Aude de Thuin la fondatrice de Women in Africa a affirmé : Nous devons tous être en colère et le faire savoir pour que plus jamais aucune femme ne s’immole par le feu comme Sahar Khodayari pour être entrée dans un stade. Colère contre ce régime qui banalise les violences faites aux femmes en Iran.

François Colcombet, ancien magistrat et ancien député président de la Fondation d'Etudes pour le Moyen-Orient a rappelé que le régime en #Iran s’est constitué une milice autour de lui. Les Pasdaran sont à la botte du guide suprême. Dénonçant les pratiques du régime il a ajouté : C’est une pratique courante du régime iranien de prendre des otages, d’arrêter des gens et de négocier leur libération contre des avantages.

Selon le préfet honoraire Yves Bonnet, ancien directeur de la DST, a pour sa par déclaré : La résistance iranienne a mis à jour la poursuite de l’objectif nucléaire militaire du régime des mollahs qui n'ont jamais arrêté la mise au point de la bombe.

Jean-Pierre Brard, ancien député a souligné que la résistance iranienne porte des valeurs universelles. Avec le CNRI vous portez ces valeurs très importantes : la laïcité, l’égalité femmes/homme...

Rassoul Asghari, journaliste iranien en exil, a quant à lui rappelé que la jeunesse d’aujourd’hui en Iran sait que la génération précédente a été injustement sacrifiée. L’OMPI a aujourd’hui de solides réseaux dans le pays.

  La CPID est constituée de parlementaires de divers groupes politiques.

 En marge de la conférence, une exposition sur le massacre de 30 000 prisonniers politiques en Iran en 1988, s'est tenue près de l'Assemblée nationale sur l'Esplanade des Invalides. L'écrasante majorité des victimes du drame, considéré comme le plus grand massacre de ce type depuis la Seconde Guerre mondiale, étaient des militants et sympathisants de l'Organisation des Moudjahidine du Peuple d'Iran.

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