La querelle de la gauche arabe sur la crise syrienne

La sélection de liens de l'iReMMo (1). Le conflit dramatique qui traverse la Syrie depuis deux ans maintenant suscite un débat profond au sein des intellectuels, journalistes et militants de la « gauche » arabe traditionnelle.

La sélection de liens de l'iReMMo (1). Le conflit dramatique qui traverse la Syrie depuis deux ans maintenant suscite un débat profond au sein des intellectuels, journalistes et militants de la « gauche » arabe traditionnelle. Les intellectuels de gauche dans le monde arabe, marqués par l'âge d'or déchu du nassérisme et du pan-arabisme laïque, généralement plus proche de la ligne du "front du refus" (opposants affirmés à Israël - Iran et Syrie) que de celle de l’Egypte ou l'Arabie Saoudite (ceux dits "modérés") sur le plan international, adversaires du libéralisme économique qui a touché l’ensemble de la région depuis une dizaine d’années, sont divisés sur la position à tenir vis-à-vis de la guerre en Syrie. Le désaccord touche les rédactions de grands quotidiens, comme le quotidien libanais Al-Akhbar, les bloggeurs influents, les réseaux sociaux et les partis politiques traditionnels. La « querelle de la gauche arabe » sur la Syrie met au prise des opposants historiques aux dictatures, des militants des luttes syndicales, des journalistes engagés et des jeunes actifs dans des sociétés arabes en mouvement. La ligne de fracture s’organise autour d’une question de priorité : soutenir l’opposition car l’oppression du régime doit cesser, ou condamner des groupes armés disparates dont certains sont extrémistes et font le jeu des puissances « conservatrices » (Etats du Golfe, Etats-Unis) dans la région ? Le débat de la gauche arabe fait quelque part écho à ceux de la gauche européenne lors de la guerre froide où la contradiction entre lutte des blocs sur la plan international et dictatures nationales avaient conduit à l’émergence d’une troisième gauche, anti-totalitaire mais progressiste. Peut être l’histoire en fera de même dans le monde arabe ; la question syrienne, au cœur du processus des révolutions arabes, faisant émerger une nouvelle synthèse politique des gauches arabes ?

Les principaux arguments de la querelle se retrouvent dans le débat qui eut lieu par média interposés entre Jamie Allinson, membre du New Left Project  (lire sa critique des intellectuels de gauche critiquant l'opposition syrienne) et As’ad Bou Khalil, bloggeur étendard d’une gauche arabe contestataire  (lire sa réponse - en quatre articles - 2, 3, et 4).

L'opposition la plus forte envers les critiques de gauche de l'opposition syrienne vient peut être de la gauche non arabe, comme Jess Hill, du journal web The Global Mail (lire son article, en écho à celui de Jamie Allinson). Certaines personnalités artistiques influentes, comme Ziad Rahbani (fils de Fairuz) prennent position également dans le débat (lire l'article).

Enfin, vous retrouverez un résumé exhaustif du débat dans cet article (lien payant) de Nicolas Dot-Pouillard pour le Monde Diplomatique.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.