Calli-Graffiti et contestation

La sélection de liens de l’iReMMO (3). D’un côté, le bouillonnement révolutionnaire qui a mis les sociétés arabes en mouvement depuis deux ans trouve un mode d’expression naturel dans l’art. De l’autre,  l’art de rue, l’écriture sauvage sur les murs, le graffiti, qui incarne à lui seul la contestation sociale.

La sélection de liens de l’iReMMO (3). D’un côté, le bouillonnement révolutionnaire qui a mis les sociétés arabes en mouvement depuis deux ans trouve un mode d’expression naturel dans l’art. De l’autre,  l’art de rue, l’écriture sauvage sur les murs, le graffiti, qui incarne à lui seul la contestation sociale. En fond d’écran,  en souvenir, en filigrane, la calligraphie arabe, « art mort » selon Don Karl, qui renait de cette rencontre entre sociétés en mouvement et art contestataire. Si la calligraphie arabe pouvait se draper des apparats de la noblesse de l’âge d’or abbasside, elle se mue aujourd’hui en calli-graffiti et son piédestal est à Bahrein.

L’émergence de nouvelles formes d’art s’épanouissant en contestant l’ordre établi et accompagnant l’émergence d’un pouvoir de la rue est-il un élément du renouveau général des sociétés arabes ? Quels liens entre les œuvres de Mohamed Ben Slama exposées à la Marsa en banlieu nord de Tunis qui suscitèrent la colère des salafistes et les calli-graffitis des révolutionnaires bahreïnis ? Si ces œuvres sont si différentes dans leur motivation et leur réalisation, elles sont, chacune à leur manière, l’expression d’un renouveau des consciences et d’une appropriation de l’espace public (et le graffiti est à ce titre une prise de parole publique dans des sociétés où la liberté d’expression est/était réduite à portion congrue).

Quelques liens pour comprendre et parler de cet art dans les sociétés arabes :

-          Pour découvrir les magnifiques fresques de la contestation à Bahrein, voir cet article de l’excellent, éclectique et multi-lingue, mashallahnews.com ;

-          Sur l’utilisation du graffiti comme symbole de la contestation, l’histoire de ce court-métrage syrien précurseur (2008) ;

-          Accompagné de l’histoire de la « guerre des graffitis » place Tahrir en Egypte ;

-          Yves Gonzalez-Quijano contribue (comme souvent !) à dresser un tour d’horizon complet de la création graphique durant la révolution égyptienne, et à la « théoriser » (en plusieurs posts 2. 3.) ;

Un aperçu rapide de quelques créations actuelles :

-          Un artiste, Ganzeer, qui représente bien cette renaissance artistique ;

-          Le tour d’horizon du quotidien britannique The Guardian ;

-          Un magnifique livre à découvrir, le graffiti-arabe, de Pascal Zoghbi et Don Karl.

 

La sélection de liens de l’iReMMO fait une pause durant les fêtes de fin d’année, et reprendra début janvier !

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