Les Républicains à l'assaut de la réforme de la santé américaine

Ils l'avaient promis et ça n'a pas traîné. Majoritaires à la Chambre des Représentants depuis janvier, les Républicains ont voté l'abrogation de la réforme de l'assurance santé, le projet phare du Président Obama, surnommé Obamacare.
Ils l'avaient promis et ça n'a pas traîné. Majoritaires à la Chambre des Représentants depuis janvier, les Républicains ont voté l'abrogation de la réforme de l'assurance santé, le projet phare du Président Obama, surnommé Obamacare.

 

Les Démocrates étant toujours majoritaires au Sénat, ce retrait n'a quasiment aucune chance d'aboutir, mais la guerre a pris une nouvelle dimension ce mercredi 20 janvier.

La Chambre a voté à 245 voix contre 189 le retrait de la réforme ; une loi de 3 000 pages devant mener, en 2014, à l'assurance de 32 millions d'Américains qui en sont dépourvus mais également à limiter les nombreux abus des compagnies d'assurances privées imposant leur loi.

Fin octobre, dans un article à lire ici, je revenais sur la mise en place des premières mesures induites par la loi votée en mars 2010. Elle était alors sous le feu de la critique des Républicains, en pleine campagne pour les élections de mi-mandat, accusant le président « socialiste » de mener ainsi le pays « à sa ruine ».

Le discours n'a pas changé comme en ont témoigné les débats à la Chambre ce mercredi. Une rhétorique accusatrice teintée de populisme comme des remarques plus pertinentes, déjà entendues lors du vote de la réforme, sur ses limites voire ses erreurs. Dans ce cas, pourquoi ne pas l'améliorer plutôt que l'abroger ? C'est comme si l'on disait : « Ma soupe n'est pas assez salée, je la jette et je recommence ! », s'indigne le journaliste Alex Pareene du site Salon (salon.com), réagissant aux attaques des parlementaires, surtout ceux fraîchement élus, lors de cette journée de débat.

Son article est à lire ici (notamment les commentaires).

Entendu dans l'hémicycle :

« Quand on impose aux Américains d'acheter une assurance, qu'ils la veuillent ou non, qu'ils en aient besoin ou non, cela s'appelle une OPA gouvernementale sur la santé », Mike Pence, élu républicain d'Indiana.

« Je me lève pour défendre la liberté et l'Amérique, la libre entreprise et l'Amérique. Comme vous le savez, avec l'Obamacare, le gouvernement fédéral force les Américains amoureux de la liberté à mettre la main au portefeuille, leur argent durement gagné, rien que pour le gouvernement. Liberté, liberté, liberté », l'élu Républicain Sam Johnson, du Texas

« Ce n'est pas seulement symbolique, c'est la raison pour laquelle nous avons été envoyés ici, et nous ne nous arrêterons pas tant que nous n'aurons pas fait tomber le Président (sic) et mis à sa place un Président qui abrogera cette loi, tant que nous n'aurons pas remplacé le Sénat par un Sénat qui écoutera les Américains et abrogera cette loi », Michele Bachmann, élue républicaine du Minnesota et tête de file du mouvement Tea Party à la Chambre.

 

P.S : Pour finir sur une note plus légère, peut-on attendre d'Eric Cantona, qui vient de signer comme directeur sportif du Cosmos, mythique club de football de New York, de donner un nouveau souffle non seulement au club mais à cette tentative de protection sociale à l'américaine...

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