Manifestations massives dans le Wisconsin, au son de Kill The Bill

Il arrive aussi que les Américains descendent dans la rue et y restent. Six jours de manifestations à Madison, capitale de l'Etat du Wisconsin.

Il arrive aussi que les Américains descendent dans la rue et y restent. Six jours de manifestations à Madison, capitale de l'Etat du Wisconsin.

Des dizaines de milliers de fonctionnaires, syndicalistes, pro-syndicats et étudiants défilent, brandissant leurs pancartes sur la place du Capitole en demandant une chose : STOP.

 

Stop au gouverneur conservateur Scott Walker et sa politique anti-syndicats.

Un projet de loi les a fait descendre dans la rue : la proposition de Walker souhaitant imposer des coupes dans les retraites et autres avantages sociaux des fonctionnaires et limiter leurs droits syndicaux en leur interdisant par exemple d'être à la table des négociations (sauf pour des questions de salaires). Pour les milliers de manifestants, cette soudaine et violente prise de pouvoir républicaine aux accents Tea Party va trop loin.

Scott Walker, confortablement élu gouverneur aux élections de novembre dernier dans cet Etat traditionnellement démocrate, ne souhaite qu'une chose depuis son entrée en fonction en janvier : le changement. Rendre le climat plus propice au business en abaissant les taxes et réduire le déficit budgétaire de l'Etat en abaissant les coûts des services publics. « Plus de flexibilité », clame-t-il. Il déclare donc l'urgence fiscale et impose sa loi aux employés du secteur public, politique que l'on retrouve dans plusieurs Etats en déficit gouvernés par des Républicains, mais qui résonne différemment dans le Wisconsin célèbre pour sa tradition syndicale. C'est en effet le premier Etat à avoir autorisé les fonctionnaires à s'organiser et négocier des accords collectifs, et le premier à avoir accordé des indemnités chômage aux travailleurs.

 

L'opposition s'organise, avec l'aide des démocrates de Washington exaspérés par le populisme républicain à la mode Tea Party, dont le Wisconsin semble être le point d'orgue. Selon le New York Times, de nombreux fonctionnaires sont prêts à réduire leurs avantages sociaux mais refusent qu'on touche aux droits syndicaux. Ils continuent donc de manifester, soutenus par des milliers de personnes se rejoignant à Madison. Face à eux, sur la même place, les militants Tea Party et autres soutiens du gouverneur Walker défilent également. Les uns hurlent « Kill the bill », les autres « Pass the bill ». En tout, on estime à 70 000 le nombre de manifestants réunis ce week-end (lire ici).

 

La loi n'a toujours pas été votée. Elle devait l'être samedi, le 19 février, mais les élus démocrates ont boycotté la séance. Le gouverneur Walker reste confiant, paradant sur différentes chaînes en expliquant que « d'ici un mois, on se rendra compte que ce n'est pas la fin du monde ». La lutte continue, le Wisconsin comme bon résumé des antagonismes politiques et sociaux du moment.

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