Dites, Barack Obama, ça fait quoi d’être président?

Pendant que Mitt Romney continue de se tirer des balles dans le pied, le magazine américain Vanity Fair nous offre une promenade des plus agréables aux côtés de Barack Obama. Le journaliste Michael Lewis a pu suivre le président pendant six mois, rien que ça.

Pendant que Mitt Romney continue de se tirer des balles dans le pied, le magazine américain Vanity Fair nous offre une promenade des plus agréables aux côtés de Barack Obama. Le journaliste Michael Lewis a pu suivre le président pendant six mois, rien que ça.

 

Quand Barack Obama arrive à la Maison Blanche en janvier 2009, il a l’audace de se débarrasser de la porcelaine laissée par son prédécesseur. « Il y avait des assiettes ici », glisse le président, incrédule, tout en montrant une étagère au journaliste. « Et je ne suis pas un fan de vaisselle », se sent-il obligé d’ajouter.

C’est l’un de mes passages favoris. Parce que l’espace d’un instant, libre à chacun de s’imaginer un George W. Bush fan de vaisselle, lui, puis une bonne vieille baston entre Démocrates et Républicains à base de porcelaine. Et d’un coup, tout devient beaucoup plus clair sur l’état de la pensée politique, le clivage entre Républicains et Démocrates, l’utilité d’un président et l’avenir de l’Amérique.

Trêve de plaisanterie, quel que soit votre niveau d’anglais, jetez un œil au long et passionnant texte que dédie le journaliste américain Michael Lewis à Barack Obama. C’est à lire dans le magazine Vanity Fair du mois d’octobre ou en ligne, ici, et gratuitement : CLIQUEZ ICI

Plus qu’un portrait, c’est un essai : la tentative d’un journaliste réputé pour ses écrits sur la finance de cerner la psychologie du président, de le comprendre et de le décrire face à ses choix, des plus triviaux aux plus graves. Pour cela, le journaliste a disposé de six mois. A une condition : que la Maison blanche ait un droit de regard sur toutes les citations retenues.

Le résultat est passionnant pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’on a l’impression de rencontrer Barack Obama. Lewis semble fasciné par la somme de situations et d’émotions avec lesquelles doit jongler le président au cours d’une même journée. Il parle de ses doutes et de son sang-froid. Il décrit finalement un Barack Obama qui ressemble ni plus ni moins à un bon yogi, capable de gérer ses états d’âme, capable de simplicité.

Ensuite, parce que Michael Lewis construit son texte d’une manière originale, mettant en parallèle les décisions du président et l’histoire d’un jeune soldat américain qu’elles affectent directement. Pour comprendre comment Barack Obama fonctionne, le journaliste choisit en effet de se concentrer sur son rôle de commandant en chef de l’armée américaine. Lewis se focalise sur la crise libyenne, il étudie ainsi le président là où il a du pouvoir. Parce qu’à domicile, Barack Obama est comme impuissant, embarqué malgré lui dans une sorte de comédie de l’absurde entretenue par l’opposition républicaine.

Enfin, le texte de Michael Lewis est touchant grâce à son défaut (si c’en est un) : l’empathie du journaliste pour son sujet et son choix de s’en tenir essentiellement à la psychologie du personnage plutôt que de discuter de son bilan politique. Les termes du contrat devaient l’en empêcher… Mais ce n’est pas vraiment un problème. 

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