OUT OF IRAQ ? Non, la mini armée américaine reste

A la fin de l'année, les soldats américains auront quitté l'Irak. Barack Obama a annoncé ce vendredi 21 octobre que le dernier soldat serait rentré avant le 31 décembre, ne faisant ainsi que rappeler sa promesse originelle : la fin de la guerre et le retrait des troupes. La promesse d'un homme qui s'opposait à une « dumb war » (une guerre idiote) dès 2002 et qui était ainsi devenu le candidat démocrate courageux et déterminé faisant sur ce point la différence avec Hillary Clinton.

 

Cette annonce tient du symbole car elle n'a rien de surprenant, c'est la suite logique de longs mois de négociations avec le Premier Ministre Nouri al-Maliki, se soldant par un échec côté américain. Ils abandonnent leur projet de laisser en Irak quelques milliers de soldats censés encadrer l'armée et la police. Mais il n'y a rien de définitif, le président a bien précisé que la discussion allait se poursuivre sur la façon dont ils pourraient aider et former les forces irakiennes. Des soldats américains pourraient revenir plus tard... Cette annonce provoque donc des réactions très mitigées aux Etats-Unis.

 

Il y a bien sûr ceux qui saluent le symbole, comme ici, sur un ton étrangement tendre comparé aux articles habituels du blog War room hébergé par le site Salon (par exemple très appliqué à dénoncer les conditions d'incarcération du soldat Bradley Manning ou encore le champ d'application du Patriot Act).

 

On y trouve l'article plus fouillé et plus terre-à-terre de Glenn Greenwald, rappelant que ce retrait fait suite à un accord trouvé sous George W. Bush, que l'administration Obama a au contraire travaillé pendant des mois pour éviter ce retrait total et enfin qu'il va rester dans ce pays ce que certains appellent une « mini armée ».

 

C'est le cœur du sujet. Un fait simple qui fait l'objet de commentaires cyniques, attristés, blasés, de la part d'américains accueillant cette décision sans grande excitation, même si c'est une bonne nouvelle.

 

Déjà ils voient l'effet d'aubaine d'une telle annonce, la campagne présidentielle commence. Puis ils s'interrogent sur le nombre de mercenaires et autres agents américains privés restant sur place ou prenant tranquillement le relai.

 

On peut lire ici quelques commentaires à la suite de l'article de Glenn Greenwald (cliquez sur l'image pour lire).

 

Commentaires sur les mercenaires Commentaires sur les mercenaires

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ou encore ici, lire ces commentaires Facebook sur la page de défense du soldat Manning. Un public de convaincus, opposés à la guerre et de manière générale à l'interventionnisme américain qui réagit à la suite de la publication de l'article du New York Times annonçant ce retrait (cliquez sur l'image pour lire).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur cette mini armée de « contractors » ou simples mercenaires, il est très utile de lire cet article de Warren P. Srobel datant de juillet 2010 et que l'on retrouve sur le site du groupe McClatchy (détenteur d'une trentaine de journaux locaux). A lire ici.

 

Il cite un rapport de la Commission parlementaire bipartisane sur la « sous-traitance en temps de guerre » qui établit en juillet 2010 que selon les plans actuels (c'est-à-dire le retrait des troupes américaines d'Irak), les entreprises privées de sécurité sous contrat avec le Département d'Etat devraient plus que doubler, passant de 2.700 à 6.000 ou 7.000.

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