Racisme et discrimination au travail: agir pour ne pas subir

Le FUIQP poursuit ses initiatives en lien avec les organisations syndicales pour une prise en charge plus conséquente de la lutte contre le racisme au travail. Le 28 janvier prochain, à la bourse du travail de Paris, nous organisons une rencontre avec des représentants des luttes de Chonopost, de l’hôtel Ibis de Batignolles et de nombreux autres, pour comprendre et agir contre le racisme au travail. Un texte de Saïd Bouamama

L’année 2019 aura été à l’échelle planétaire comme en France une année de lutte et de contre-offensive populaire contre l’ultra-libéralisme et ses effets de paupérisation massifs. D’Alger à Santiago du Chili, de Khartoum à Port au Prince en passant par Beyrouth, les peuples sont descendus par millions dans les rues.

En France le mouvement des Gilets Jaunes suivi de la lutte contre la réforme des retraites révèle la même colère sociale et les mêmes aspirations à la dignité et à l’égalité. A côté et dans ce mouvement général se développe également des luttes touchant certaines catégories de travailleurs : ceux se situant dans les emplois les plus précaires, les plus dangereux et les mal rémunérés. De la lutte des sans-papiers de Chronopost à celle des salariés de l’hôtel Ibis Batignolles en passant par celle des salariés de Mac Donald, le fond de l’air est à la mobilisation et à la lutte. Ces secteurs et ces emplois sont massivement occupés par des femmes et des héritiers de l’immigration. Sexisme et racisme se cumulent pour eux avec l’exploitation de classe pour produire une situation de surexploitation.

Le racisme et le sexisme au travail sont un outil de gestion de la force de travail, une modalité de gestion du rapport de classe. Ils s’ajoutent au racisme et au sexisme dans la vie sociale pour pourrir la vie de centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs racisé.es. Enfin nous avons tous pu constater la présence massive de ces racisé.es dans le mouvement de grève durable actuel à la RATP.

Au-delà de la lutte actuelle nous devons impérativement prendre en compte cette partie du monde du travail caractérisée par la surexploitation et les discriminations racistes et sexistes. C’est une condition incontournable pour construire la fameuse convergence des luttes que nous appelons tous de nos vœux.

L’unité des dominé.e.s implique la prise en compte des intérêts et revendications de celles et ceux qui sont au plus bas de l’échelle sociale, c’est-à-dire au plus haut de l’échelle de l’exploitation. Elle suppose aussi de prendre en compte les oppressions et discriminations spécifiques que subissent ces travailleurs.es ainsi que les héritièr.es de l’immigration dans leurs lieux d’habitation, les quartiers populaires. C’est la raison pour laquelle le FUIQP poursuit ses initiatives en lien avec les organisations syndicales pour une prise en charge plus conséquente et plus durables de la lutte contre le racisme et les discriminations au travail.

Après un premier forum intersyndical l’année dernière, nous organisons le 28 janvier prochain à la bourse du travail de Paris (Château d’Eau) à 18 heures une rencontre avec des représentants des luttes de Chonopost, de l’hôtel Ibis de Batignolles et de nombreux autres, une rencontre pour comprendre et agir contre le racisme et les discriminations au travail. Nous y présenterons notre première vidéo de lutte consacrée à cette lutte.

S’unir pour ne plus subir est une nécessité urgente. Elle ne deviendra réalité qu’à la condition de ne pas occulter les damnés parmi les damnés de la terre.

SAÏD BOUAMAMA

 

 

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