Un samedi soir à la Bastille

Deux heures trente du matin. C'est la relève des six CRS plantés au bas des marches de l'Opéra Bastille. Dans le calme. À quelques mètres en face d'eux, sur des cartons posés sur le sol, des couvertures, des duvets, entre 200 et 300 travailleurs sans-papiers essayent de dormir.

Deux heures trente du matin. C'est la relève des six CRS plantés au bas des marches de l'Opéra Bastille. Dans le calme. À quelques mètres en face d'eux, sur des cartons posés sur le sol, des couvertures, des duvets, entre 200 et 300 travailleurs sans-papiers essayent de dormir. Quelques-uns veillent, assis sur des chaises pliantes, les pots de fleurs, le trottoir ; discutent avec les rares "soutiens" présents à cette heure ; font une ronde. Un homme maintien au chaud un thé la menthe, fort et corsé, pour ceux qui sont debouts, qui ne trouvent pas le sommeil, qui tournent.

Dans l'allée laissée libre entre les forces de l'ordre et le matelas humain de manifestants, passent les noceurs plus ou moins ébrêchés, plus ou moins conscients de ceux qui les entourent. Il faut rentrer chez soi, retrouver la voiture, attraper un taxi…

C'est samedi soir à Bastille.

 

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Sur l'évacuation des travailleurs sans-papiers jeudi 3 juin, lire le papier de Carine Fouteau ici, sur leur retour quelques heures plus tard, celui de Camille Garcia ici.

 

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