Sans-papiers de la Bastille, après la pluie

Comment dort-on sous les lumières de la place de la Bastille ? Mal. Emmitouflé des pieds à la tête dans une couverture, un duvet, un tissu, comme une momie. Et quand il pleut ? Sous des bâches plastiques.

Comment dort-on sous les lumières de la place de la Bastille ? Mal. Emmitouflé des pieds à la tête dans une couverture, un duvet, un tissu, comme une momie. Et quand il pleut ? Sous des bâches plastiques.

 

Dans la soirée du mercredi 9 juin, elles ont été dressées sur les bords de la place, accrochées tant bien que mal au mobilier urbain, aux barrières, à des palettes. Un campement de fortune qui a poussé sous les averses. Quelques Chinois ont rejoint la mobilisation des travailleurs sans-papiers qui se poursuit à la Bastille. La mobilisation policière, elle, a diminué : seul deux CRS surveillent le devant de l'Opéra depuis les marches interdites du bâtiment. Et les sans-papiers n'hésitent pas à les solliciter quand deux visiteurs, qui ont manifestement trop bu, menacent de semer le désordre.

 

Vers minuit, un Chinois ramène, roulés sous son bras, de longs mètres de bâche blanche. Elle suscite beaucoup de convoitise, cette toile plastique. Et de palabres, plutôt bon enfant néanmoins. Après discussion et marchandage, quelques mètres sont grossièrement découpés au couteau de cuisine (à dents ?) et, rapidement, disparaissent pour ériger un autre abri. Quelques mètres, mais pas plus. Avec méthode, quelques tiges de bois et pas mal d'astuce, le restant de la toile est tendu et dressé en un large auvent, sous lequel table et matelas trouvent leur place. Le groupe asiatique se réinstalle sous le regard des curieux et des intéressés, dont quelques-uns s'engouffreront sous l'abri.

 

C'est le «grand luxe» fait remarquer une jeune femme en soutien, "invitée" à venir manger, avec des baguettes, son plat chinois devant la nouvelle tente du campement. Et à regarder la satisfaction de ceux qui y ont trouvés refuge, on pourrait presque le penser.

 

 

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Sur l'évacuation des travailleurs sans-papiers jeudi 3 juin, lire le papier de Carine Fouteau ici, sur leur retour quelques heures plus tard, celui de Camille Garcia ici. Des portraits des sans-papiers (sons et photos) sont visibles .

 

(Photos © isseka)

 

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