Ancien résistant et diplomate, Stéphane Hessel fut l’un des rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Face à l’escalade sécuritaire de l’Élysée, il analyse les motivations profondes et anticonstitutionnelles de Nicolas Sarkozy.
Quel regard portez-vous sur le climat répressif développé par le chef de l’État ?
Stéphane Hessel. Son discours, notamment celui de Grenoble, est une véritable erreur et une violation des principes démocratiques de notre Constitution. Le président ne se rend pas compte que les deux politiques auxquelles il a donné son nom, l’une sécuritaire essentiellement répressive et l’autre d’immigration qu’il a appelée immigration choisie, sont des atteintes au droit, dues à sa prédilection pour la partie la plus réactionnaire de notre démocratie. Il puise dans les électeurs de droite et d’extrême droite une partie de son soutien. S’il souhaite être réélu, il doit donner des gages à cette partie de notre population, qui n’est fort heureusement pas majoritaire.
Ce jusqu’au-boutisme serait-il dû uniquement à fins électoralistes ?
Stéphane Hessel. Exactement, il profite de chaque fait divers un peu brutal pour se réaffirmer comme le défenseur inconditionnel de ceux qui pensent que la France doit se protéger des étrangers. C’est exactement l’inverse d’une politique intelligente pour notre pays.
À la veille du premier tour, Mediapart a demandé à une douzaine de représentants de la société civile de décrire les dégâts que produirait une présidence d’extrême droite, en matière de justice ou d’éducation, pour les droits des femmes ou des étrangers. Revue des catastrophes prévisibles.
Pour les professions de foi de la présidentielle, le ministère de l’intérieur va rembourser près de 43 millions d’euros aux imprimeurs. Ce montant, fixé par l’État, est très généreux, selon les documents obtenus par Mediapart. Et il enrichit certains imprimeurs aux relations parfois très étroites avec les candidats.
Les équipes de campagne du président-candidat ont procédé, vendredi 8 avril, à un envoi massif de mails ciblant les directeurs d’écoles sur leurs adresses professionnelles pour les appeler à voter Macron. Une manœuvre qui suscite la colère d’une partie du corps enseignant.
Les jeunes abstentionnistes sont la réserve de voix que chaque candidat tente de séduire… Quitte à faire la course derrière les influenceurs, les streamers et autres créateurs de contenus.