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Billet de blog 7 mars 2012

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Edmond Siméoni, grande figure pacifiste du peuple Corse, répond aux provocations de Mélenchon et salue les propos d'Eva Joly

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Source: Blog du Docteur Edmond Siméoni

7 mars 2012 Eva Joly en Corse

Eva Joly est venue en Corse pour un voyage de deux jours ; François Alfonsi, parlementaire européen d’Europe Ecologie et responsable du PNC, Paul Casalonga, Norbert Laredo, Julia Sanguinetti, Sampiero Sanguinetti, Fabiana Giovannini notamment, tous membres de son comité de soutien, lui servaient de cicerone et d’introduction dans l’ile, à la veille de l’élection présidentielle –où elle est candidate- et des élections législatives qui la suivent.

 Elle s’est rendue sur le site de Bastelicaccia où elle a visité une centrale photovoltaïque,  pris position, une nouvelle fois,  contre le fuel lourd, dit sa  préférence pour le Gaz naturel liquide si le Galsi était défaillant ; chacun connait son attachement  désintéressé et argumenté aux énergies renouvelables.

Bien entendu, elle rencontré et soutenu  nos amis de Aria Linda et a Sintinella dont on connait l’engagement sans faille et de qualité, contre le fuel lourd; elle a a rencontré aussi la Ligue des Droits de l’Homme. On connait tous Eva Joly, magistrat intègre, de grand courage, qui a publiquement mené la lutte contre la corruption, affronté les côteries et les immenses et dangereux intérêts  particuliers dans l’affaire Elf. Cette femme, fraîche, sincère croit en la Justice et n’a aucun tic des politiciens traditionnels ; on lui reproche son inexpérience de la politique ce qui est loin d’être une tare. Opposée  à la politisation et à l‘instrumentalisation de la justice, elle croit à la séparation des pouvoirs et au respect des citoyens.

Elle a animé un grand meeting puis participé à une émission de Cuntrastu où elle a donné la mesure de son engagement en faveur de la démocratie et de la Corse ; elle a décliné sa préférence pour une économie largement assise sur les ressources vertes, créatrices d’emploi ; elle milite pour le fédéralisme, l’Autonomie interne et croit à l’autodétermination ; elle n’a pas oublié la justice sociale et la lutte contre la précarité. Elle a dit son opposition aux justices d’exception ; si elle estime que de affaires complexes ( financières par exemple) peuvent nécessiter le recours à des institutions spécialisées, celles-ci doivent agir dans le strict respect du droit et de la séparation des pouvoirs. On ne peut voir ici aucune caution à la JIRS, sauf si on est de mauvaise foi.

Après les agressions de Mélanchon, la venue en Corse de madame Joly, une femme réellement de gauche, est une bonne chose pour l’île et son avenir. Pour l’heure, Femu a Corsica est au stade de la réflexion sur les différentes propositions pour l’élection présidentielle ; en temps utile, elle fera connaitre son analyse, ses propres décisions pour les élections législatives. Notre objectif est clair : contribuer à sauver notre peuple, menacé dans son existence ; l’engagement déterminé, le choix démocratique, la recherche de convergences avec toutes les forces de progrès seront des gages de victoire.

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Eva Joly en corse avec EELV-Corse et le Partitu di a Nazione Corsa :

http://www.p-n-c.eu/

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05 mars 2012: Melenchon Jean-Luc à Cuntrastu

Le leader du Front de Gauche à l’élection présidentielle en France était l’invité de l’émission dominicale « Cuntrastu », le Dimanche 26 Février 2012 ; très à l’aise, sûr de lui, très offensif, il a subi, pendant plus de trente minutes, le flux des questions clés de la problématique corse de la part de trois journalistes locaux chevronnés : Jean-Vitus Albertini, Joseph-Guy Poletti et Henri Mariani.

Nous n’analyserons pas ici l’interview sous ses aspects hexagonaux.

On ne saurait lui reprocher la langue de bois. Sur le peuple corse, l’éventuelle – et capitale- révision de la Constitution française, sur la langue corse et la coofficialité, sur la ratification par la France de la Charte des langues minorées notamment, il a dit non clairement, revendiquant son jacobinisme qui a généré la patrie, la liberté !

Monsieur Melenchon, comble de l’audace,  nous a invité à l’ "autonomie... énergétique" ! Il avait précisé la veille sur un autre media public que cela induirait un fort développement, nécessitant beaucoup de bras, insuffisants sur place ; l’envolée s’était terminée par une incitation vigoureuse, passionnée,  à accueilir, à nous mélanger, à faire des enfants !

Nous avons eu droit à « l’unité et l’indissolubilité de la République », au « peuple français , uni et indivisible », à l’attachement affirmé au Code du Travail que nul ne conteste ; la perle est venue  du risque de devoir apprendre, à Paris,  la langue tamoule qui pourrait devenir une nécessité si on ouvrait l’espace public aux langues minorées ; celles-ci conduiraient au communautarisme ( sic) dont d’ailleurs nul ne veut en Corse ;  encore heureux qu’il ait accepté l’actuelle et médiocre capacité d’adaptation législative.

Son attitude a remémoré le spectre de « Francia » et fait apparaitre Chevènement comme un  modéré ; après cinquante ans de lutte, voir une telle dénégation du fait national corse, une opposition aussi ferme à toute évolution, inévitable et souhaitée ici par la grande majorité, est ahurissant pour notre peuple ; les journalistes étaient stupéfaits mais impassibles et pugnaces !

Cette prestation inattendue pose des questions ; Dominique Bucchini, chef de file en Corse du Front de Gauche en Corse n’avait-il pas informé Mr Melenchon de la situation insulaire, de ses évolutions ? c’est fort improbable ; ou plutôt celui-ci n’en a-t-il pas tenu compte ? Qu’en pensent les autres militants communistes ? Paul Giacobbi ? le Parti socialiste dont la venue en Corse de Mr Hollande, à l’occasion, il est vrai,  des élections  des primaires socialistes, fut tiède et  conservatrice, avec le refus notamment de la coofficialité ? Qu’en pense Mr Simon Renucci, député-maire d’Ajaccio ?

Quant à Jean Zuccarelli, PRG, invité du Club de la presse de RCFM, au lendemain du Cuntrastu, il a, sans aucune surprise,  vivement approuvé les choix les plus tranchés de Melenchon, même « s’il ne partageait pas toutes ses idées ». C’est, à notre connaissance, le seul élu qui ait pris publiquement cette position hasardeuse.

Devant cette provocation de Melenchon,, nous sommes partagés entre les interrogations, l’amusement et la révolte ; cependant,  si en France, à gauche, au centre, à droite, il est encore des gouvernants pour faire, demain, les choix du refus, comme ceux de Mélenchon donc pour condamner le peuple corse à la disparition, ils doivent être sans illusion : la riposte sera déterminée, durable et à la mesure de cette ennième agression.

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