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Billet de blog 12 févr. 2017

Karima Delli : "Que Hamon et Mélenchon s'engagent sur l'écotaxe"

TRIBUNE - L'eurodéputée EELV Karima Delli, présidente de la Commission Transports et Tourisme au Parlement européen, veut remettre l'écotaxe au coeur de la campagne présidentielle. Celle qui a concouru à la primaire écologiste en octobre demande aux candidats à la présidentielle de se positionner, en particulier Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. (Source: Europe1 le JDD)

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"L’écotaxe est enfin sortie du placard. Pas par la voix des candidats à l’élection présidentielle récemment convertis à l’écologie, hélas. Mais par celle de la Cour des comptes, au nom de l’argument financier. Et pour cause : en tuant dans l’œuf cette taxe sur le transport routier de marchandises, l’État s’est privé d’une manne gigantesque. Le trou dans ses caisses représente déjà plus de 2.8 milliards d’euros, et devrait atteindre la bagatelle de 10 milliards en 2024, si on inclut les coûts liés à la rupture du contrat avec Ecomouv, l’entreprise en charge de sa mise en œuvre.

Sauf qu’en rester au seul argument financier serait un tort.

Car l’absence d’écotaxe en France représente également un immense gâchis environnemental. L’objet de sa mise en place était pourtant de bon sens : il s’agissait d’appliquer le principe 'pollueur-payeur', en faisant payer l’usage des routes aux transporteurs routiers de marchandise proportionnellement à la distance parcourue, afin de financer des projets de transports dans le fluvial, le ferroviaire ou dans la mobilité urbaine durable.

«Le gouvernement Cazeneuve, en productiviste assumé, lance cette année un deuxième plan autoroutier après celui du gouvernement Valls en 2016.»

Les mêmes qui ont renoncé diront que ça peut attendre. Mais les faits sont têtus : le fret ferroviaire, dont le Grenelle de l’environnement avait recommandé qu’il passe de 15 à 25% du transport de marchandise en France, s’écroule année après année. Ce sont à nouveau les Français qui se retrouvent à payer pour les entreprises, puisque le gouvernement Cazeneuve, en productiviste assumé, lance cette année un deuxième plan autoroutier après celui du gouvernement Valls en 2016, pour un montant total de plus de 4 milliards d’euros. Le tout, financé par les collectivités locales et la hausse des péages programmée jusqu’à 2020.

Le problème est aussi politique.

Car la mise au placard de l’écotaxe fin 2014 signe le vrai divorce entre les écologistes de terrain et le gouvernement. C’est à ce moment précis, en pleine préparation de la COP21, que les ONG environnementalistes quittent la Conférence environnementale, scandalisées par le renoncement - parmi tant d’autres - de François Hollande face au coup de force des Bonnets rouges. En clair, si les gauches doivent se 'réconcilier', chacun des candidats devra être clair sur ce point. Symbole fort, le Conseil d’État, en décembre dernier, a imposé un ultimatum de 6 mois au gouvernement pour mettre en application cette mesure prescrite dans une directive européenne dès...1999!

Les candidats à la présidentielle n’ont plus le droit de faire l’autruche, la mise en place de l’écotaxe ne souffre plus d’excuse.

Cela vaut aussi pour Emmanuel Macron. Mais le fait que son premier lieutenant, ait fait voter l’amendement fossoyeur de l’écotaxe dans le budget 2017 prouve qu’En marche aura du mal a emmener les écologistes dans son sillon…

«L’écotaxe doit figurer au premier rang de leurs programmes...»

Pour les candidats qui ont su 'verdir leur discours', une seule ligne de conduite s’impose si vraiment ils se soucient de préserver la planète ou de lutter contre la pollution de l’air. L’écotaxe doit figurer au premier rang de leurs programmes, afin que la France, s’ils gagnent l’élection présidentielle, se mette enfin au niveau de ses voisins allemand, slovène, autrichien ou tchèque. S’en priver serait un non-sens : à l’heure où des centaines de projets de transports durables sont dans les cartons, il est temps de renflouer les caisses pour les financer, et éviter notamment grâce à eux, de nouveaux pics de pollution qui menacent notre santé!

Si Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon sont aussi écologistes qu’ils le prétendent, qu’ils rejoignent Yannick Jadot sur ce point. Ou alors l’écotaxe, mesure de bon sens et d’efficacité au service du bien commun, restera une fois de plus un 'fantasme de bobos'. Et la recomposition des gauches restera un fantasme de 'gogos'. Le tout, sur le dos des Françaises et des Français, condamnés en 2017 à devoir subir encore longtemps des transports dignes du siècle dernier."

Karima Delli

samedi 11 février 2017

Source : http://www.lejdd.fr/Politique/Karima-Delli-Que-Hamon-et-Melenchon-s-engagent-sur-l-ecotaxe-846488

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