Le Progès, publié le 16/12/2011 à 06:00 Interview. Eva Joly sera aujourd’hui à Lyon. Dans une interview à notre journal, elle explique comment la reconversion écologique peut relancer l’économie.
Vous venez à Lyon parler emploi. C’est souvent le point faible des écologistes…
C’est une de mes priorités. Avec la reconversion écologique, nous pouvons réindustrialiser nos régions : passer aux énergies renouvelables va créer des centaines de milliers d’emplois à travers le réseau TPE-PME.
L’autre grand gisement d’emplois est la rénovation de plus de 30 millions de logements. Nous nous engageons à en rénover 300 000 par an. Cela crée des emplois, améliore la vie des gens et lutte contre la précarité énergétique.
Quel coût ?
Toutes les rénovations des bâtiments ne sont pas à la charge de l’Etat. Son rôle pourrait être de faciliter l’accès au crédit pour les travaux. Cet effort financier est vite amorti quand la facture d’électricité est divisée par trois. C’est du gagnant-gagnant. Nous émettrons moins de CO2, les charges qui pèsent sur les ménages seront considérablement diminuées et nous réduiront notre dépense énergétique.
Vous revendiquez le « Travailler tous travailler mieux ». Est-ce crédible en temps de crise ?
Seul ce projet est crédible. Qui peut croire que le plan Sarkozy est crédible alors qu’il a creusé les déficits de plus de 500 milliards ? La solution ne peut être dans la relance de la croissance comme il le pense. Cette époque-là est finie.
Produire français ou acheter français ?
Ce débat est celui du repli sur soi, des vieilles idées souverainistes. Je n’y crois pas.Une voiture produite en Allemagne peut avoir 60 % de composants français. Cela n’a pas de sens. Je souhaite une préférence sociale et environnementale.