A l'annonce de la condammnation du cinéaste Iranien Jafar Panahi, les associations, les intellectuels et, notamment, Europe Ecologie-Les Verts se sont largement mobilisés.
Nous vous communiquons ci-après la lettre de Dominique Voynet transmise à l'ambassadeur de la république islamique d'Iran à Paris ainsi qu'un article du Monde et un communiqué de l’obseratoire de la liberté de creation.
1) Pour lire la lettre de Dominique Voynet, cliquez ICI
2) Un article du Monde
Le monde du cinéma et les intellectuels français ont sonné la mobilisation générale, lundi 20 décembre, à l'annonce de la condamnation du cinéaste iranien Jafar Panahi à six ans de prison et vingt ans d'interdiction de réaliser des films et de voyager à l'étranger, pour "rassemblement et collusion contre la sécurité nationale et propagande contre la République islamique", avait annoncé son avocate. Un autre jeune réalisateur, Mohammad Rasoulof, qui travaillait sur un film avec Jafar Panahi avant son arrestation, a aussi écopé de six ans de prison, pour des faits similaires.
Le ministre de la culture français, Frédéric Mitterrand, a exprimé son "indignation", qualifiant la condamnation de Jafar Panahi de "pseudo-jugement". Pour le philosophe Bernard-Henri Lévy, le réalisateur a été condamné "sur le soupçon d'avoir l'intention de réaliser un film sur le mouvement vert (l'opposition lors de l'élection présidentielle en 2009). Son seul crime est d'avoir soutenu [Mir Hossein] Moussavi", le candidat de l'opposition, a-t-il indiqué à l'AFP. Téhéran vient "d'inventer le délit de synopsis" et "a déclaré la guerre à ses artistes et à sa société civile toute entière", a-t-il ajouté.
De son côté, le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, a immédiatement appelé à "agir vite", et cherchait à organiser rapidement un comité de soutien avec la Cinémathèque française et la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, présidée par le réalisateur Bertrand Tavernier.
Agé de 50 ans, Jafar Panahi, l'un des cinéastes de la "nouvelle vague" iranienne les plus connus à l'étranger, avait déjà été arrêté le 1er mars à son domicile de Téhéran avec seize autres personnes, dont son épouse et sa fille. La plupart ont été libérées. Jafar Panahi a, quant à lui, été libéré fin mai, après le versement d'une caution de 200 000 dollars (152 000 euros). Lors de son séjour en prison, il avait engagé une grève de la faim.
Jafar Panahi avait été "adopté" en mai dernier par le Festival de Cannes, qui l'avait invité à participer au jury et lui avait gardé, symboliquement, sa chaise vide parmi les jurés lors des cérémonies d'ouverture et de clôture qu'il avait été empêché de rejoindre. Le cinéaste avait été également privé de Mostra, en septembre à Venise, son passeport ayant été révoqué par les autorités à cette occasion. La Berlinale, le festival international de cinéma de Berlin, venait à son tour de l'inviter à siéger au jury de sa 61e édition du 10 au 20 février.
"C'est important qu'il sache que nous sommes là, a souligné Bertrand Tavernier. Ce qui vient de se passer montre qu'on avait eu raison de prendre au sérieux les premières menaces à son encontre." En septembre, dans un entretien avec l'AFP, Jafar Panahi avait dit à quel point il était "reconnaissant à tous [ses] collègues pour leur soutien" pendant son séjour en prison.
3) Communiqué de l’observatoire de la liberté de creation
Le régime iranien vient de commettre une ignominie de plus en condamnant le cinéaste Jafar Panahi à six ans de prison, à vingt ans d’interdiction « de réaliser des films, d’écrire des scénarios, de voyager à l’étranger ou de donner des interviews à des médias locaux ou étrangers », et Mohammad Rasoulof, jeune réalisateur qui travaillait avec Panahi, à six ans de prison.
L’Observatoire de la liberté de création dénonce vigoureusement cette atteinte qui ne s’en prend pas seulement aux œuvres, mais à leurs auteurs, et à leurs libertés fondamentales de créateurs et de citoyens, et exige que ces sanctions iniques soient immédiatement abrogées. Nul ne doit être privé de liberté pour ses opinions politiques, nul ne doit être privé de sa liberté de s’exprimer et de créer. Les droits de l’Homme doivent être universels.
L’Observatoire de la liberté de création, qui représente notamment les auteurs de l’écrit, du cinéma, des arts plastiques, et les artistes interprètes, exprime sa totale solidarité aux deux cinéastes victimes de la dictature iranienne.
Paris, le 21 décembre 2010 - EELV - Bagnolet