Après l’assaut des forces de l’ordre marocaine sur un camp sahraoui, le 8 novembre 2010, de nombreux défenseurs des droits de l’Homme réclament l’ouverture d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur ces événements tragiques. Le Parlement européen vient également d’en faire la demande. Pour Nicole Kiil-Nielsen, « l’Europe ne doit pas rester indifférente au sort des milliers de Sahraouis qui luttent pour leurs droits ».
Une résolution vient d’être approuvée par le Parlement européen (PE) qui demande l’ouverture d’une mission d’enquête indépendante et transparente sous l’égide des Nations unies sur les événements du 8 novembre 2010 dans le camp Gadaym Izik au Sahara occidental. Les forces de l’ordre marocaines y avaient donné l’assaut sur des milliers de civils sahraouis rassemblés pour protester contre leurs conditions de vie. Le Front Polisario, qui revendique l’indépendance de cette ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc en 1975, déplore onze morts.
Nicole Kiil-Nielsen, membre de la sous-commission Droits de l’Homme du PE, s’est exprimée en plénière pour dénoncer « l’opacité inacceptable » qui règne sur cette affaire : « Les journalistes ne peuvent pas faire leur travail et les élus et les observateurs internationaux sont refoulés du territoire, raconte la députée Europe Écologie. Les campements établis par les Sahraouis sont pourtant une réaction pacifique, massive, contre 35 ans d’oppression, de
Le Parlement européen considère donc que les Nations unies constitueraient l’organisation la plus à même de mener une enquête internationale indépendante en vue de clarifier les événements, les décès et les disparitions. Pourtant certains Etats-membres, dont la France, se sont opposés à ce projet. « La vérité serait-elle difficile à regarder en face ? , demande Nicole Kiil-Nielsen. La proposition de l’Ouganda lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU le 16 novembre dernier était pourtant légitime et souhaitable. La France a beau jeu de se réfugier derrière l’absence de décision du Conseil de sécurité alors qu’elle a abusé du poids de son droit de véto pour empêcher que toute la lumière soit faite sur ces incidents. »
Le Parlement européen réclame également l’extension du mandat de l’ONU au Sahara occidental : la MINURSO, créée à la suite d´un accord auquel sont parvenus le gouvernement du Maroc et le Front Polisario, a été déployée en septembre 1991 afin de surveiller le cessez-le-feu et d´organiser un référendum qui permettrait aux habitants du Sahara occidental habilités à voter de décider du statut futur du territoire. C’est à l’heure actuelle la seule mission de maintien de la paix dépourvue d’une composante ’droits de l’homme’. Les écologistes appellent donc les dirigeants européens à se réveiller, à demander l’extension du mandat de l’ONU aux droits humains et la relance du processus d’autodétermination : « Une solution démocratique et pacifique doit être définie par les habitants du Sahara occidental. »
Lire le communiqué de presse : Malika Benarab-Attou rencontre le Ministre des Affaires étrangères du Maroc sur le Sahara Occidental