Les députés UMP s'alarment de la montée en puissance du vote écologiste

Secoués par la victoire sur le fil de leur collègue Jean-Frédéric Poisson dans les Yvelines, les députés UMP commencent à s'alarmer de la montée en puissance du vote écologiste, certains allant jusqu'à reprocher à Nicolas Sarkozy de "dérouler le tapis rouge" aux Verts. Si l'UMP a préféré, officiellement, mettre en avant "la disparition" du PS pour commenter le résultat, l'inquiétude est bien réelle car l'élection de Rambouillet était, sur le papier, une formalité dans ce fief de droite.
De retour mardi à l'Assemblée, Jean-Frédéric Poisson a livré en réunion de groupe UMP son explication de la victoire d'un cheveu face à son adversaire écologiste. S'il a mis en cause des mesures comme la hausse du forfait hospitalier ou la fiscalisation des indemnités des accidents du travail ainsi que le contexte du procès Clearstream, le "miraculé" a raconté avoir été confronté à des "adversaires verts très militants, très agressifs, à la gauche de la gauche".
Avec le Grenelle de l'environnement et la taxe carbone, "on se dit que le gouvernement fait campagne pour les écolos", a-t-il fait valoir en substance. L'ex-ministre Christine Boutin, qui lui a cédé cette circonscription en 2007 en entrant au gouvernement, a renchéri en reprochant au ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, "de claquer la bise à Dany (Cohn-Bendit) son copain". Une façon selon elle de faire entrer le loup dans la bergerie.
Avec aussi en filigrane une critique du chef de l'Etat, accusé par un responsable UMP de "faire les yeux doux" à la leader des Verts, Cécile Duflot, pour affaiblir un peu plus le PS. "Leur dérouler le tapis rouge peut se retourner contre nous", prévient cet élu. "C'est vrai. On se dit que, dans un second tour, il vaut mieux être face à un candidat PS que face à un Vert", analyse le vice-président du groupe UMP à l'Assemblée, Jean Leonetti, pour qui "avec le Grenelle, on est dans une démarche de cautionnement" du vote écolo.
Avec la "mise au pinacle" des thèmes écologistes, renchérit le villepiniste François Goulard, "c'est incontestable qu'il y a un électorat modéré de droite et du centre susceptible de voter pour les Verts, au moins au niveau local". "Même si les Verts sont souvent à la gauche de la gauche, tout cela disparaît derrière le consensus écologique aujourd'hui extrêmement partagé dans l'opinion publique", renchérit Marie-Anne Montchamp. "On voit là l'un des effets pervers de l'ouverture" et il va falloir, selon elle, "se décider à ne pas rester dans la tactique pour s'engager dans une réflexion doctrinale".
Face au danger, à six mois des régionales, l'UMP a décidé d'adapter son discours. Le patron de l'UMP Xavier Bertrand appelle ainsi à "ne pas confondre l'écologie portée par la majorité et l'écologie que portent les Verts, synonyme de décroissance et de refus du nucléaire". Et de conclure : "J'ai demandé" à la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno "de faire tout un travail politique pour faire la différence entre être écologiste et être Verts".

 

AFP.

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