En Belgique, pas de conflit franco-français sur l'hydroxy-chloroquine

Si une chose est bien absente dans le presse belge , c'est la polémique d'ego concernant ce traitement. Il n'y a pas de polémique pour dire si le traitement du Prof Raoult serait efficace ou pas efficace. La situation est vue différemment.

Il est évident que chez nous il y a des prescripteurs de l'hydroxy-chloroquine et pas nécessairement de l'association avec l'antibiotique. Comme il y en aussi en France. On ne peut pas le dire mais on peut le savoir. Un clinicien n'est pas un chercheur, ni un ponte qui règle la santé dans un groupe de statisticiens de la médecine dont le seul objectif est d'être inattaquable. Comment peut-on regarder la dernière "étude" du Prof Raoult?

Ce n'est pas une étude qui prouve l'efficacité d'un traitement mais ne permet pas de dire que ce n'est pas efficace. Personne ne peut prétendre scientifiquement l'efficacité comme l'inefficace. Nous verrons plus loin son seul intérêt, non négligeable.

On sait scientifiquement que si on veut prouver une efficacité il y a la nécessité de trois choses:

1/ connaître parfaitement la pathologie en cause mais aussi les différents facteurs de risques qui influencent son évolution pour faire des sous groupes comparables avec les mêmes sous groupe placebo et ce en vue de la deuxième et troisième condition

2/ le traitement avec un placebo de manière randomisée, en double aveugle. Les patients reçoivent par tirage au sort une enveloppe avec soit le traitement testé, soit un placebo et personne ne connaît son contenu, ni le patient, ni le médecin et ceci sera connu après les conclusions faites du traitement.

3/ il est impératif que pour chaque sous groupe ( 6 par exemple dans le cas de la dernière études du Prof Raoult) il faille un indice de confiance de 95% et p< ou = 0.001 sinon les résultats ne sont pas fiables. Cela exige un nombre très important de patients pour chaque sous groupe. Sinon, il faut mettre en évidence pendant l'étude une différence très importante en mortalité , morbidité entre le placebo et le traitement qui fait que continuer l'étude n'est plus éthique et l'efficacité est alors reconnue. Cela suppose de connaître qui reçoit le placebo et l'étude n'est plus en aveugle. C'est alors un pari.

Il n'est pas inutile de dire deux choses. Ces critères drastiques sont bien sûr statistiquement inattaquables et on été amenés par l'industrie pharmaceutique car plus ces études sont difficiles à réaliser , donc aussi coûteuses, plus cela donne un droit d'accès très difficile à cette industrie ( la plus nantie). Mais reconnaissons que cela devient inattaquable scientifiquement. Une autre conséquence, ces études à gros budget arrivent à sponsoriser 50 à 60% du salaires des assistants en cliniques universitaires et le commandeur est seul propriétaires des résultats et décidera si c'est publié ou pas, suivants les résultats. Y a t'il un Prof pour me dire que je mens? C'était une parenthèse.

Les 1.000 patients du Prof Raoult divisés en 6 sous groupes ne permet pas une comparaison avec des résultats scientifiquement fiables et raison de plus il y a l'absence de sous groupes placebo. Mais le Prof Raoult n'a jamais prétendu vouloir faire ce genre d'étude, impossible pour un clinicien confronté à l'urgence et qui oublie forcément la recherche pour agir en clinicien. Il n'a pas agi en chercheur mais en clinicien fasse à une situation où tous les défenseurs de la recherche prouvée scientifiquement lui disent: il n' y a pas de traitement connu! . Avant de revenir à sa dernière publication, parlons d'abord de Discovery:

1/ prétendre subitement connaître la maladie et affirmer connaître les sous-groupes devient bizarre quand on a dit que personne ne l'a encore percée.

2/ je suis presque convaincu qu'il n'y aura pas pour chaque sous-groupe le nombre suffisant de patients pour permettre d'affirmer scientifiquement un résultat avec un indice de confiance de 95% et p< ou = 0.001. D'autant plus impossible que Discovery teste trois traitements. L'étude prévoit 800 patients, nous n'en savons pas plus. Donc il y aurait 400 sous traitement donc 133 pour chaque traitement testé et 400 sous placebo. Hors mis l'évidence en court d'étude qui montrerait une différence de mortalité importante avec le placebo qui obligerait à stopper l'étude et reconnaître de facto l'efficacité pour raison éthique, je ne vois pas comment les résultats pourraient être scientifiquement significatifs ou alors on ouvre la boîte de Pandor à des enregistrement d'indications. Mais on verra. Difficile d'extrapoler sans connaître le protocole mais s'il était si clean,  il serait accessible.

3/ vouloir évaluer ce que dit que le Prof Raoult en comparant deux objectifs différents, est ce qu'il a de moins scientifique alors qu'on prétend vouloir l'être. En effet, Le Prof Raoult veut diminuer la charge virale le plus vite possible quand l'étude Discovery s'occupent de patients qui souffrent d'une surréaction de défense de l'organisme ce qui n'est pas encore certain! C'est comparer deux efficacités différentes. Finalement ils risquent de prouver que le Prof Raoult a raison de ne pas utiliser sa solution quand elle est trop tardive mais surtout pour une raison: Le Prof Raoult cherche a agir sur la cause et Discovery s'adresse aux conséquences. C'est là que la guerre d'ego est manifeste. 

Une chose me frappe, c'est l'absence totale de statistiques révélées pour la mortalité des patients intubés, sur le ventre et plantes de pied au ciel. Seules des interviews en Italie et en Belgique ont révélés une mortalité de 100%. Merci à Discovery d'y aller et de donner peut être raison au Prof Raoult. On verra, mais je parie que Discovery nous dira que c'est inefficace mais je voudrais tellement être con sur ce point, pas pour le Prof Raoult mais pour les patients.

Revenons à la publication du Prof Raoult, que puis-je y trouver?

Ce n'est pas une étude d'efficacité de traitement inattaquable puisque ce n'est pas ce qu'elle montre. Elle montre que quand personne ne connait la solution, un clinicien tente quelque chose et c'est le premier point inattaquable. La deuxième chose c'est qu'un chercheur a oublié d'être chercheur (étude scientifique) pour devenir clinicien: tenter et rapporter, c'est à dire se souvenir de son serment , ouvrant ainsi la porte aux détracteurs imbéciles, les vrais charognards sous couverts de sciences. Je ne suis pas un défenseur du Prof Raoult mais celui des médecins qui comme lui essayent encore pour les 20% ( dans le meilleur des cas) qui n'entrent pas dans les statistiques soit de diagnostiques ou de traitements corroborés,  il y a encore des cliniciens pour essayer quand la médecine statistique s'arrête pour ne pas se risquer à essayer l'art de la médecine; tout essayer quand la science ne sait plus et qu'il y a urgence. On entend beaucoup de médecins scientifiques critiquer Raoult pour une médecine qui ne les concerne pas, celle où ils ne savent pas quoi faire en se contentant de critiquer ceux qui tentent l'art de la médecine, au lieu de les aider dans une autre médecine que la leur. Un autre argument intervient pour expliquer la démarche de Prof Raoult, d'ailleurs commencée par les chinois, c' est le fait que les antiviraux fabriqués les derniers temps sont très spécifiques pour le virus qu'il attaque tandis que les anciens antiviraux le seraient moins. Pour exemple, l'antiviral Ebola est spécifique à ce virus parce que la volonté de la recherche aujourd'hui est de trouver des antiviraux spécifiques. L'autre idée est que si on trouve un antiviral spécifique à COVID-19, il va falloir un temps considérable pour tester, pour fabriquer ensuite les unités de production.

Quand ceux qui se définissent comme sachants, ne savent plus, ils tuent ceux qui tentent encore. Quand je parlais des 20% de patients qui sortent des connaissances certaines, ici que dire quand il s'agit d'une pathologie inconnue pour 100% des patients et médecins.

Mais alors que puis-je trouver d'intéressant dans cette publication? 

Reprenant l'argument contre lui qui dit qu'il donne son traitement pour des patients chez qui 85% vont guérir sans rien, je leurs dit que ce % n'a pas fait l'objet d'une étude scientifique alors pourquoi ces adeptes de la science contrôlée reprennent-ils ce chiffre? Surtout quand ces patients n'ont jamais été testés positifs? Mais admettons qu'ils puissent se le permettre quand c'est eux, alors ils doivent accepter qu'une publication observationnelle ( celle du Prof Raoult) nous montre que 94% des patients sous l'association du Prof Raoult sont guéris quand une observation dit que 85% sous paracétamol sont guéris. Il faut accepter la réciprocité d'un argument quand on le dit scientifique ou alors seuls les sachants décident quand les chiens sont des chats?

 

Quant à l'argument de la toxicité, continuez! C'est comme les masques, il faut garder l'hydroxy-chloroquine pour ceux qui savent l'utiliser, les seuls qui en besoin. Faut pas déconner avec les pénuries. Vous avez vu tous ces gens qui partaient en vacances bien loin revenir tous les deux jours pour faire un ECG? Ayez peur braves gens, il restera de l'hydroxy- chloroquine pour ceux qui peuvent la prescrire et ceux là ne vont pas aller contre. C'est comme le beurre en 40-45, pas pour tout le monde!

Bon en Belgique, beaucoup de spécialistes la prescrivent seule, très tôt, pour les patients à gros risque et cela marche. Pas question d'en parler bien sûr, et les patients qui sucent du paracétamol, qui sont à risque et attendent patiemment à la maison jusqu'à étouffer... L'hydroxy-chloroquine c'est comme le beurre, les patates en 40-45. Faites comme vous voulez.Voilà comment on peut voir vos élucubrations et rassurez vous, nous avons aussi des gens pour nous vendre des idées aujourd'hui qui nous dirons l'inverse demain. Tout ceci n'est pas une vérité mais une autre lecture que nous partageons à beaucoup, moi je suis pensionné, je peux le dire , je n'ai pas d'image à défendre.
Finalement que retenir:

1/ le premier problème dès le départ est une charge virale

2/ le deuxième problème est l'hécatombe en soins intensifs chez des patients intubés avec un pourcentage effrayant. Le problème semble clairement le poumon et puis le coeur. Le chemin le plus directe entre le poumon et le coeur passe par les artères pulmonaires pour se rendre au coeur droit. Je ne vous apprends rien. Mais nous n'avons aucune données cliniques de ce qui se passe. Une question me taraude: les patients assez rapidement toussent avec de la dyspnée, toux sèche non productive, parfois de l'anxiété, alors en soins intensifs, mesure-t-on la pression du ventricule droit et sa dimension pour enfin contrôler les facteurs de coagulation et la troponine. Les premiers symptômes font penser à une embolie pulmonaire progressive qui finit par tourner mal. Je n'ai aucune données mais quand je vois le taux de mortalité en soins intensifs, je me dis que penser à ce qui pourrait paraître la dernière chose à laquelle penser, finit par s'imposer surtout que certains on dit que le coeur entrait en insuffisance cardiaque. Ce serait bien qu'un chef de service de soins intensifs viennent nous informer sur ce qu'il remarque.

Merci à tous le Corps médical de subir les coupes budgétaires successives avec stoïcisme et courage. Je me demande comment un médecin peut accepter d'être ministre de la santé.

Courage la France et ne râler pas sur les belges, nous souffrons aussi.

Addendum: j'apprends quelques jours après ce mot que l'étude Discovery se fait sur 3200 patients (800 en France) et va tester 3 traitements. Cette étude n'aura pas de groupe placebo! Quand on se permet de critiquer Raoult qui n'a pas de groupe placebo... on ferait mieux de se taire. Discovery n'aura aucune raison d'être plus fiable que le rapport observationnel de Raoult!  Comme le précise l'OMS, "nous avons dû choisir entre le poids de la rigueur scientifique et celui de l'urgence" et ceci donne raison à la démarche du Prof Raoult que beaucoup de soi-disant "pontes" français critiquaient alors qu'il feront la même approche !!!!!!!!

 

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