Comment Blanquer tua le bac

Cafouillages à répétition, flicage des correcteurs, bidouillage éhonté des notes... Ce qui s'est passé durant les épreuves finales du bac est ahurissant.

Case extraite du blog BD de Janine © CJ, Josh & Toby, Janinebd.fr Case extraite du blog BD de Janine © CJ, Josh & Toby, Janinebd.fr

Comment l'indifférence et l'incompétence devinrent les mamelles de l'éducation nationale

Quand Jean-Michel Blanquer a annoncé qu'il allait « remuscler » le bac, il y a quatre ans, il n'était pas difficile de comprendre ce qu'il allait vraiment faire : tuer cette vénérable institution nationale et la remplacer par un examen local qui, à défaut d'être plus équitable et moins anxiogène pour les élèves, serait nettement moins coûteux. Tout cela était parfaitement prévisible. En revanche, personne ne savait à quel point l'organisation du baccalauréat – ou, pour mieux dire, sa désorganisation – serait catastrophique en 2021.

Bien entendu, les inconditionnels du gouvernement actuel pourront toujours invoquer l'excuse de la pandémie. Mais, comme on va le voir, la pandémie n'explique pas tout, loin de là. De plus, M. Blanquer n'en a guère tenu compte. Il aurait pu, notamment, consentir à supprimer – au moins provisoirement – le « Grand » Oral, comme le demandaient plusieurs pétitions. Même en temps normal, on peut douter que les professeurs de spécialité auraient pu consacrer beaucoup d'heures à la préparation de cette épreuve, vu la lourdeur des programmes. Mais avec la pandémie, il était évident que de nombreux candidats seraient très mal préparés. Qu'à cela ne tienne : M. Blanquer tenait à leur imposer son joujou, tel un enfant qui veut à tout prix épater ses copains en leur montrant les cadeaux qu'il a reçus pour son anniversaire.

De manière générale, le bac à la sauce Blanquer témoigne d'un mélange d'incompétence au plus haut niveau et d'indifférence – pour ne pas dire de malveillance – à l'égard des élèves et des personnels de l'éducation nationale. Si j'ose évoquer l'hypothèse d'une malveillance, c'est que je suis frappé par le décalage entre le discours officiel du ministère – toujours dégoulinant de bons sentiments – et la réalité de son action politique. Depuis quelques années, l'institution demande aux professeurs de faire preuve de « bienveillance » envers les élèves, c'est-à-dire de les noter avec indulgence. Pure hypocrisie. Si le ministère de l'éducation nationale était vraiment bienveillant, il ferait en sorte que les groupes d'élèves soient réduits, que les élèves en difficulté soient aidés sérieusement depuis la maternelle jusqu'au bac, et que les professeurs soient bien payés, bien formés et travaillent dans des conditions agréables pour eux comme pour leurs élèves. Mais tout cela demande de l'argent, et il est évidemment moins coûteux de gonfler artificiellement les moyennes des élèves. La « bienveillance » apparente n'est donc que de l'indifférence ou de la malveillance. En fait, c'est tout le vocabulaire qui est pervers dans l'éducation nationale. Comme dans 1984, le sens des mots a été retourné. Les « réformes » ne sont pas des progrès mais des régressions ou des destructions. L'éducation « nationale » n'est plus nationale, mais locale. Le bac devient un diplôme maison, dont la valeur dépend du prestige de l'établissement fréquenté. La « continuité pédagogique », dont s'est gargarisé le ministre au moment des confinements, ne fut rien d'autre qu'une rupture pédagogique, plus ou moins marquée suivant les élèves et les établissements. L'« école de la confiance » est une école de la méfiance de tous à l'égard de tous. « L'école de la République », loin d'être au service de l'intérêt public, est plus que jamais une machine à justifier le pouvoir de l'oligarchie, en récompensant les élèves « méritants » (généralement issus des classes favorisées culturellement ou/et financièrement) et en sanctionnant les mauvais élèves (souvent issus des classes populaires).

Trêve de généralités. Je reviendrai à la fin de cet article sur le problème du tri des élèves, mais pour l'heure, il est temps de narrer l'histoire merveilleuse de la session 2021 du baccalauréat. Je parlerai essentiellement des épreuves finales, et plus précisément de la philosophie, la discipline que j'enseigne. J'ai déjà dit quelques mots du « Grand » Oral, épreuve fort discutable en soi, et qui a été (dés)organisée de manière lamentable d'après les échos que j'en ai eus. Je sais que les professeurs de français auraient aussi beaucoup de choses à dire sur ce qu'ils ont pu observer et subir : cf. le texte en annexe. Mais mes informations concernent surtout les épreuves de philosophie et la manière dont les candidates et les candidats ont été évalués dans cette matière. Elles proviennent de ce que j'ai pu observer personnellement, mais aussi des témoignages de collègues de toute la France, avec lesquels je suis en contact par mon syndicat (le SNES) ou par des associations de professeurs de philosophie (ACIREPh, APPEP).

Comment furent inventés de nouveaux problèmes techniques

Parmi les innombrables cafouillages qui ont émaillé la période des épreuves finales, beaucoup sont imputables à Santorin. Je ne veux pas ici parler de la magnifique île grecque qui porte ce nom, même s'il est amusant de se souvenir qu'elle est le vestige d'une gigantesque éruption volcanique qui eut lieu il y a environ 3600 ans. Santorin, c'est un outil informatique qui permet de corriger en ligne des copies numérisées au préalable. Or, comme on va le voir, il pose un certain nombre de problèmes plus ou moins graves : problèmes écologiques, sanitaires, politiques… Commençons par les problèmes techniques.

D'abord, il a fallu beaucoup de temps pour que les copies scannées dans les centres d'examen soient transmises aux rectorats. Le syndicat majoritaire des personnels de direction s'en est scandalisé, alors même qu'il n'est pas réputé pour sa virulence :

« Force est de constater qu’à l’occasion de l’épreuve de philosophie du 17 juin, Santorin a de nouveau montré des limites qualitatives. Le constat est accablant : terrible lenteur de numérisation et bugs de fonctionnement réguliers. Cette extrême lenteur a nécessité et nécessite encore aujourd’hui la mobilisation des personnels de direction et en particulier des adjoints sur des temps et des amplitudes horaires inacceptables. Le SNPDEN-UNSA invite les personnels de direction en charge de la numérisation à faire au mieux, sans s’imposer des amplitudes de travail indécentes ni de travail le week-end. Si le processus de numérisation n’est pas terminé avant ce week-end, cela attendra la semaine prochaine ! »

De fait, vendredi 18 juin, les copies numérisées sont arrivées plus tard que prévu sur Santorin dans mon académie (Nancy-Metz)  : à 17h30, au lieu de 14h. Les correcteurs qui, comme moi, avaient choisi de corriger sur papier (le ministère avait consenti du bout des lèvres à cette alternative) ont dû attendre le lundi 21 juin pour pouvoir imprimer les copies dans leur lycée et commencer leur travail.

Quant à ceux – majoritaires – qui avaient accepté de corriger en ligne, ils ont souvent dû interrompre leur travail ce même lundi 21 juin, parce que Santorin fonctionnait au ralenti ou pas du tout.

Ajoutons que les copies ont souvent été mal scannées : dans le désordre, à l'envers, avec des pages manquantes. Il y eut même des copies non anonymisées.

Comment fut inventé le flicage des correctrices et des correcteurs

On pourrait se demander pourquoi un outil aussi défaillant que Santorin a été imposé aux correctrices et aux correcteurs ? Techniquement, on vient de voir qu'il n'est pas au point. D'un point de vue écologique, c'est une aberration, car il entraîne une consommation inutile d'énergie : pourquoi, en effet, numériser des copies et demander aux correcteurs de travailler sur leur ordinateurs, alors qu'il suffirait de leur donner directement les copies originales ? D'un point de vue sanitaire et ergonomique, on ne voit pas très bien l'intérêt d'obliger les correcteurs à se fatiguer les yeux et à se crisper les muscles en travaillant sur un ordinateur. De plus, les correcteurs qui, comme moi, aiment à comparer les copies, ont bien de mal à le faire sur un écran. C'est une des raisons pour lesquelles le ministère a fini par donner la possibilité d'imprimer les copies – mais cette pauvre solution entraîne un gâchis de temps et de papier.

Une des raisons qui a été donnée pour justifier Santorin, c'est qu'il permet d'éviter la perte de copies. Mais rien n'interdisait de numériser ces dernières, puis de donner les originaux aux correcteurs. On a dit aussi que les copies étaient numérisées dans un souci de transparence, afin que les candidats et les candidates puissent plus facilement y accéder après la publication des résultats. Mais dans certaines académies, comme la mienne, les correcteurs ont reçu comme instruction de mettre le moins de remarques possibles dans les marges et de ne donner qu'une appréciation générale – parce que, paraît-il, cela diminuerait les risques de contestation. Où est la transparence, dans de telles pratiques ? Par ailleurs, comme on va le voir un peu plus tard, la note initialement attribuée par le correcteur ou la correctrice risque d'être bien différente de celle qui apparaît dans le relevé donné aux candidats.

Il faut donc chercher ailleurs les vraies raisons du volcanique Santorin. L'une d'elles, c'est que cet outil permet facilement d'attribuer de nouvelles copies aux correcteurs, « au fil de l'eau », parfois quelques heures avant la fin officielle des corrections. Des collègues qui avaient d'abord été rassurés en constatant qu'ils n'avaient « que » 120 copies, ont ainsi reçu 20 ou 40 copies supplémentaires. Pour être honnête, Santorin n'est pas entièrement responsable de ce phénomène. Si, depuis une dizaine d'années, le nombre de copies a augmenté, c'est parce qu'il y a en moyenne plus d'élèves par professeurs, notamment suite aux suppressions de postes d'enseignants mises en œuvre par un certain Jean-Michel Blanquer sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Mais Santorin, malgré tout, contribue à alourdir la charge de travail des correcteurs, qui se voient contraints d'accepter les copies de collègues malades ou – comme on va le voir – en grève.

Un autre avantage de Santorin – du point de vue du ministère, en tout cas – c'est qu'il permet de surveiller les correcteurs et les correctrices – du moins ceux et celles qui choisissent de corriger en ligne, et qui sont pour l'instant majoritaires. Pour l'instant, cette surveillance semble avoir été plutôt discrète et « bienveillante ». Dans mon académie, l'inspecteur de philosophie et les enseignants désignés pour « coordonner » le travail des autres correcteurs se sont engagés à ne pas les surveiller. Mais le simple fait qu'ils s'y soient engagés prouve que c'est techniquement possible. Est également significatif le simple fait qu'on ait inventé cette fonction de « coordinateurs ».

Par ailleurs, certains des correcteurs ayant choisi de ne pas corriger en ligne ont reçu des messages de leur inspecteur ou du rectorat, qui s'inquiétaient de ne pas constater de progrès dans leurs corrections sur Santorin. La surveillance a donc bien commencé.

Dans l'avenir, elle pourrait bien prendre des formes plus sévères et liberticides. Lorsque j'étais à l'association ATTAC, il y a une quinzaine d'années, j'avais été frappé par le témoignage d'un camarade qui travaillait alors à France Telecom, au service des renseignements téléphoniques. En étant partiellement privatisée, cette grande entreprise humaniste a profondément changé ses méthodes de management. Les fonctionnaires ont été peu à peu remplacés par des contractuels. Et tous les employés qui travaillaient au service des renseignement ont vu leur travail surveillé à distance, et même chronométré. Du coup, presque tout le monde a accéléré son rythme de travail, même les fonctionnaires qui pourtant ne risquaient pas grand chose à résister à cette pression. Mon camarade d'ATTAC était l'un des rares à refuser ce néo-taylorisme. Or, et c'est là toute la beauté de l'histoire, il s'avère que ces « nouvelles » méthodes étaient non seulement inhumaines, mais inefficaces. Pressés par leurs supérieurs, les employés bâclaient leur travail et ne renseignaient pas correctement les clients. Il est à craindre qu'un phénomène comparable ne se produise dans l'éducation nationale, et qu'on ne demande aux correcteurs les plus lents de s'aligner sur le rythme des plus rapides, au risque que, sous cette pression, ils travaillent moins consciencieusement.

Comment la grève fut brisée

Santorin fut l'une des principales raisons d'un mouvement de grève des correcteurs dans plusieurs académies. Ce n'était pas la seule. Il faudrait mentionner, notamment, un important raccourcissement des délais de correction (entre trois et quatre jours suivant les académies) et le refus de la « réforme » du baccalauréat et de Parcoursup – qui avait déjà entraîné un mouvement de grève il y a deux ans. La grève de cette année – pour laquelle un préavis national avait été déposé par plusieurs syndicats – a été inégalement suivie en fonction des académies, et elle a pris des formes diverses. Dans l'académie de Bordeaux, une assemblée générale s'est engagée à ne pas faire passer le "Grand" Oral. Dans les académies d'Aix-Marseille et de Grenoble, des correcteurs ont carrément refusé d'utiliser Santorin, donc de corriger les copies tant qu'ils n'auraient pas accès aux originaux sous format papier. Les lectrices et lecteurs qui se sentent solidaires de cette démarche audacieuse peuvent soutenir financièrement ces grévistes en cliquant sur les liens suivants :

https://www.papayoux-solidarite.com/fr/collecte/caisse-de-greve-des-professeurs-de-philosophie-aix-marseille

https://www.papayoux-solidarite.com/fr/collecte/caisse-de-solidarite-du-cde-38

Dans d'autres académies (Lille, Amiens, Limoges, Poitiers… la liste n'est pas exhaustive), des correcteurs se sont engagés à corriger sur papier et à rentrer en retard les notes et les appréciations sur Santorin.

Ce mouvement de grève, il fallait s'y attendre, s'est heurté à un mur. Dans certaines académies, le rectorat a consenti à un ou deux jours supplémentaires pour la correction des copies, mais sans rien céder sur les autres revendications. Parfois, il fit preuve d'un mépris incroyable. Cf. le deuxième texte en annexe, qui vaut vraiment le détour !

Comment s'est terminé ce mouvement, pour les correctrices et correcteurs qui avaient choisi de corriger sur papier et décidé de rentrer les notes avec du retard ? Le plus simplement du monde : on les a dessaisis de leurs copies, les empêchant ainsi de rentrer les notes et les appréciations sur Santorin. Quant à ces copies, elles ont été attribuées à d'autres professeurs (éventuellement dans d'autres académies), pour être corrigées une deuxième fois !

Et c'est ainsi que la grève fut brisée : grâce à Santorin, qui était justement l'une des principaux déclencheurs de la grève. On comprend mieux, maintenant, pourquoi le ministère et les rectorats tenaient tant à imposer cet outil si nuisible et dysfonctionnel : pour mettre fin à une contestation, ce peut être une arme efficace.

Qu'en est-il de la suite ? Qu'adviendra-t-il des correctrices et des correcteurs qui ont refusé de toucher à Santorin ? Les grévistes qui ont corrigé les copies seront-ils sanctionnés pour refus d'accomplir leur mission (alors même qu'ils l'ont accomplie) ? Leur travail de correction sera-t-il rémunéré (quitte à être amputé d'un trentième de salaire mensuel par jour de retard) ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais des représailles ne sont pas à exclure dans certains cas, comme en témoigne un mail envoyé à un gréviste par son inspecteur de philosophie. Je ne cite que la fin, qui met en question le droit de grève, la liberté syndicale et comporte des menaces à l'égard de ce correcteur :

« 1. En refusant de rendre vos notes dans les délais prescrits, vous avez de fait obligé des collègues à faire votre travail, et cela en situation d'urgence qui plus est.

2. Votre posture et votre stratégie sont probablement représentatives d'un certain type d'opposition syndicale, mais elles représentent une extrême minorité de vos collègues de l'académie engoncés depuis que je les connais dans une attitude d'opposition systématique.

Sans doute est-ce là votre conception du service public d'éducation. Ce n'est pas la mienne. Maintenant que j'en ai pris bonne note, je saurai en tirer les conséquences. »

Comment les notes furent bricolées

J'en arrive maintenant à la partie la plus étonnante, peut-être, de ce récit, la moins connue aussi. Les points que j'ai évoqués jusqu'à présent ont été assez bien décrits dans cette bande dessinée, que je recommande pour sa justesse et sa drôlerie. 

Mais les auteurs de cette planche ignoraient sans doute un des plus grands scandales du nouveau bac : le fait que les notes des candidates et des candidats ont été bidouillées selon des règles opaques. Jusqu'en 2019, les règles étaient assez simples. Les correcteurs se mettaient d'accord sur quelques règles de correction fondamentales et ils essayaient, collégialement, d'harmoniser les notes des copies, de manière à ce qu'il n'y ait pas d'écarts trop importants entre les paquets qui leur avaient été attribués. Puis, la veille des résultats, des jurys composés de la plupart des correcteurs et des correctrices discutaient des cas litigieux, et notamment des candidates et des candidats dont la note globale frôlait le 10 (ou le 8, note permettant de passer les oraux de rattrapage). Après avoir consulté le livret scolaire de ces candidates et candidats, le jury décidait souverainement s'il allait ou non leur donner un petit coup de pouce.

Maintenant, la procédure est beaucoup plus complexe et opaque. Entre le moment où les notes sont rendues par les correctrices et les correcteurs et la publication des résultats, il y a des réunions de « sous-jurys » et de jury, qui sont chargées d'harmoniser les notes (qui ont pourtant déjà été harmonisées par les correcteurs). Seule une minorité de correcteurs et de correctrices participe à ces jurys et à ces sous-jurys. Une directive envoyée par le rectorat de Créteil aux chefs de centres d'examen précise même qu'aucun quorum n'est requis pour les jurys : « Une seule personne est même en situation de remplir la mission de délibération. » Oui, vous avez bien lu : un jury peut être composé d'un seul individu, qui délibère avec lui-même.

Mais ce n'est pas tout. Lisez ce message envoyé le 29 juin par une collègue convoquée pour faire partie d'un sous-jury :

« Embedded [Embarquée] dans un sous-jury chargé d’harmoniser le contrôle continu en nous basant sur un fichier Excel qui donne les stats des deux années précédentes; on est 6 profs à regarder un écran sur lequel une brochette de DASEN [directeurs académiques des services de l'éducation nationale] et d’inspecteurs nous expliquent comment procéder….

Cette année contrairement à l’an dernier, on a le droit de baisser des moyennes trop élevées au regard d’obscures stats dont on ne nous donne même pas la méthodologie. »

Oui, vous avez bien lu : il est désormais possible de baisser les notes des candidates et des candidats. L'information m'a été confirmée par d'autres collègues. Sur la base des résultats du bac des années 2017 à 2019 (à l'époque où l'examen était national), on augmente ou on baisse la note des candidats et des candidates. Et le plus fort, c'est que les (rares) professeurs chargé de faire cette « harmonisation » n'ont en réalité pas vraiment de pouvoir. Tout se fait automatiquement, selon des algorithmes mystérieux. En témoigne ce message écrit le 5 juillet par la même collègue que précédemment :

 « My bac is dead, saison 3.

Délibérations du matin, dialogue téléphonique :

« Nous : - Bonjour Monsieur le directeur académique adjoint, dans le jury XXX nous trouvons de forts écarts entre les moyennes des candidat.es qui sont inscrites sur leurs livrets et celles qui sont reportées sur Cyclades (le serveur des examens). Ça affiche parfois jusqu’à 4,5 points en moins ! Ces écarts ne peuvent correspondre à notre harmonisation du 29 juin pour la bonne raison que nous avons souverainement décidé que nous ne toucherions à rien! (que nous n'augmenterions ni ne baisserions à l'aveugle, selon des procédures totalement bricolées par vos services, les moyennes affichées par les lycées.)
Le directeur académique adjoint : - Euh... c’est préoccupant en effet... je vais me renseigner... (...) Je vous confirme que vous avez bien fait de rétablir les notes des candidats... dans l'intérêt des élèves... blabla... merci pour votre vigilance et votre réactivité.

Nous: - Mais quand même nous ne comprenons pas comment d'autres jurys ou autres instances ont pu accéder à nos candidats ! Nous n'avons d'ailleurs pas pu leur restituer systématiquement tous les points qu’ils avaient perdus par rapport à ce qui est inscrit dans leurs livrets scolaires.
Le directeur académique adjoint : - Euh... je vais me renseigner...

#blanquertunousbrouilleslécoute »

Pour une vraie réforme de l'éducation nationale

Cet article étant déjà fort long, je ne vous en voudrai pas si vous vous arrêtez là. Adieu, lectrices pressées ! Adieu, lecteurs fatigués !

Bon, maintenant que nous sommes entre gens sérieux, désireux d'aller au fond des choses, passons aux choses vraiment intéressantes. Après avoir présenté des faits, j'aimerais me livrer à un exercice un peu plus périlleux, et réfléchir à ce qu'il convient de faire, collectivement, maintenant que le bac que nous avons connu est mort de sa laide mort. Faut-il tenter une grande mobilisation des profs, des lycéens et de leurs parents pour un retour à un baccalauréat national ? Pourquoi pas ? Mais ce serait à l'évidence insuffisant. Depuis l'instauration de Parcoursup, plate-forme web qui gère la plupart des vœux des élèves de Terminale quant à leur formation ultérieure, les enjeux du baccalauréat se sont singulièrement amoindris. Parcoursup, comme l'explique cet article du Monde, est un outil pour trier les futurs bacheliers, à l'aide d'algorithmes obscurs, même lorsque sont demandées les filières théoriquement non sélectives, c'est-à-dire l'entrée à l'université. Lorsqu'il y a trop de candidats pour une formation universitaire relativement au nombre de places et de professeurs, une solution pourrait être d'embaucher de nouveaux professeurs. Mais ce n'est pas la voie qu'ont choisie les gouvernements qui se sont succédés depuis des lustres. Avec Parcoursup, une solution peu coûteuse a été trouvée : la sélection des futurs étudiants en fonction de leur lycée ou de leur quartier d'origine. Cf. à ce sujet cet article de Faïza Zerouala, dans Mediapart

Avoir le bac ne suffit donc pas, même pour entrer à l'université. On comprend donc que les élèves travaillent sérieusement les deux tiers de l'année (voire la première moitié, si les trimestres sont remplacés par des semestres) et qu'ils se laissent aller une fois que leurs résultats scolaires ont été intégrés dans Parcoursup. Ils savent bien que tout est fait (sujets et barèmes sur mesure, notation « bienveillante »...) pour que l'immense majorité d'entre eux puisse obtenir son bac.

Alors, faut-il revenir à l'ancien système de gestion des vœux, APB (admission post-bac) ? Ce serait sans doute un moindre mal. Mais même du temps d'APB, on pouvait constater une baisse de régime des lycéens au troisième trimestre, une fois que leurs vœux étaient rentrés sur cette plate-forme. Et puis, déjà à cette époque, les classes étaient souvent surchargées, ce qui était nuisible à tous les élèves, notamment à ceux qui étaient en difficulté.

On pourrait donc décider de revenir encore en arrière, par exemple avant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, au temps où Jean-Michel Blanquer, alors directeur général de l'enseignement scolaire, organisait la suppression de 80 000 postes d'enseignants. 

Mais la vérité, c'est qu'il n'y a jamais eu d'âge d'or de l'éducation nationale. Certes, il fut un temps où les professeurs étaient nettement plus payés et considérés qu'aujourd'hui. Mais si on regarde du côté des élèves, on comprendra que l'école française n'a jamais été – sauf exceptions – un lieu permettant l'épanouissement moral, social et intellectuel des élèves, ni un moyen d'atténuer les inégalités. Comme l’a montré le sociologue Camille Peugny (Le destin au berceau – Inégalités et reproduction sociale, éditions du Seuil), le constat que faisaient Bourdieu et Passeron dans les années 60 était toujours valable en 2013. Les inégalités s'étaient même renforcées. Et il y a fort à parier que l'école d'aujourd'hui favorise encore plus les inégalités et la reproduction sociale qu'en 2013. Il n'empêche que le phénomène est ancien.

Et puis, l'école a toujours été un lieu d'ennui. C'est d'ailleurs assez paradoxal, quand on y songe. Il y a un plaisir naturel – qu'on trouve sans doute chez tous les enfants, au départ – de s'instruire et d'exercer ses facultés (mémoire, intelligence, inventivité....).

L'école « de la République » souffre donc de deux tares anciennes : elle est un des principaux facteurs de la reproduction sociale et elle emmerde ses usagers. Et le plus beau, c'est que ces deux problèmes sont peut-être liés. En 1975, dans une célèbre interview radiophonique, Michel Foucault tenait à ce sujet des propos qui sont malheureusement restés très actuels.

« Je dirais que la première chose qu'on devrait apprendre, si ça a un sens d'apprendre quelque chose comme ça, c'est que le savoir est tout de même profondément lié au plaisir. Enfin, qu'il y a certainement une façon d'érotiser le savoir, de rendre le savoir hautement agréable. Et ça, que l'enseignement ne soit pas capable même de révéler cela, que l'enseignement ait presque pour fonction de montrer combien le savoir est déplaisant, triste, gris, peu érotique, moi je trouve que c'est un tour de force.

Mais ce tour de force il a certainement sa raison d'être. Il faudrait savoir pourquoi est-ce que notre société a tellement d'intérêt à montrer que le savoir est triste. Peut être, précisément, à cause du nombre de gens qui sont exclus de ce savoir.

[…] Mais moi je pense, n'est ce pas, imaginez que les gens aient une frénésie de savoir, comme ils ont une frénésie de faire l'amour. Vous imaginez le nombre de gens qui se bousculeraient à la porte des écoles ? Ce serait le désastre social total ! Il faut bien, si l'on veut restreindre au maximum le nombre de gens qui ont accès au savoir, le présenter sous cette forme parfaitement rébarbative, et ne contraindre les gens au savoir que par des gratifications annexes, sociales, qui sont précisément la concurrence, ou les hauts salaires en fin de course, etc. »

Il me semble que Michel Foucault avait en grande partie raison : oui, la compétition et les récompenses (notes, diplômes, perspective de « réussite » sociale) sont un moyen de motiver les élèves à apprendre leurs leçons, malgré l'ennui que cela leur procure. Mais on pourrait tout aussi bien prendre les choses dans l'autre sens, et considérer que cet ennui s'explique justement, au moins en grande partie, par la compétition et la sanction des notes. C'est assez évident pour les plus mauvais élèves. Au départ, ils étaient sans doute pleins de curiosité, comme les autres enfants. Mais parce qu'ils manquaient de base (vocabulaire, culture générale...) ou parce que le rythme était trop rapide pour eux, ils ont reçu une floppée de mauvaises notes qui, bien souvent, les a découragés. Mais les autres, les moyens et les bons, souffrent également de ce système. Les notes, qui sont censées les aider à progresser, sont surtout un moyen de les classer. Et dans une société où règne la compétition, il est important d'être bien classé dès le plus jeune âge. Les élèves sont donc stressés en permanence. La peur d'être déclassés, la peur de décevoir leurs parents, d'être humiliés par leurs professeurs ou leurs camarades, diminue leur curiosité et leur plaisir d'apprendre. Ève aurait-elle trouvé savoureux le fruit de la connaissance si elle l'avait mangé par obligation, dans un sinistre bâtiment de l'éducation nationale, et dans la perspective d'un examen ?

Concluons enfin ce trop long papier. L'école blanquérisée est une redoutable machine à trier les élèves en fonction de leur origine sociale ou géographique. C'est un lieu hautement anxiogène, à la fois pour les élèves (en classe terminale, notamment, où ils seront en permanence évalués) et pour les personnels, soumis à un contrôle hiérarchique renforcé. Mais cette école n'est jamais qu'une version caricaturale d'une institution qui a toujours été profondément ambiguë, pour ne pas dire toxique. Sur le champ de ruines laissé par Attila Blanquer, il est urgent de reconstruire l'éducation nationale. Pourquoi ne pas profiter de cette occasion pour inventer quelque chose de radicalement neuf ? Pourquoi l'école ne pourrait-elle être un lieu où les élèves auraient plaisir à s'instruire, à développer leur intelligence, leur habileté et leurs qualités morales, à passer du temps entre égaux, et à devenir des citoyennes et des citoyens responsables et bien formé-es ? Bien entendu, une telle réforme supposerait un changement profond de civilisation. Il faudrait inventer un nouveau type de société, où la liberté, l'égalité, la fraternité et la sororité triompheraient enfin du pouvoir de l'argent et des diplômes, et où (comme c'est déjà le cas au sein de l'oligarchie) l'entraide primerait sur la compétition.

Un tel but peut paraître « utopique », c'est-à-dire inatteignable. J'entends déjà les « réalistes » hurler dans leur tête le slogan fameux : « On n'est pas dans un monde de Bisounours ! » Peut-être ont-ils raison. Peut-être que je me fais des illusions sur notre pays et sur l'humanité en général. Mais n'est-il pas encore plus illusoire de penser que tout peut rester comme avant ? En France comme ailleurs, le système social – dont l'école est une pièce maîtresse – confie depuis des décennies les rênes du pouvoir politico-économique à une petite minorité de gens très riches ou/et très diplômés. Or, qu'a fait cette oligarchie de ce pouvoir ? Elle s'en est servi pour renforcer sa domination, en appauvrissant les pauvres (ces salopards qui « coûtent un pognon de dingue ») et en enrichissant les riches. Elle a fait de l'économie mondiale un gigantesque casino qui risque en permanence de mener le monde à la ruine, comme on a pu le voir lors de la dernière crise financière. Elle cherche à se protéger de toute contestation en augmentant toujours plus les pouvoirs de la police et des services de renseignement. Elle cherche à détourner la colère populaire vers des boucs émissaires (musulmans, « islamogauchistes »....). Last, but not least, elle a causé et cause encore d'immenses désastres écologiques, entraînant une extinction massive d'espèces et menaçant la survie de milliards d'êtres humains. Et tout cela a commencé bien avant Blanquer et Sarkozy. N'est-il pas temps d'abandonner un système scolaire et social qui fabrique de telles « élites » ?

Annexes

Texte n°1

Des conditions inadmissibles de correction en lettres au bac 2021

Lettre adressée par le SNFOLC [syndicat national Force Ouvrière Lycées Collèges] de Rouen à la rectrice de l'académie et au chef de la DEC [Division des examens et concours] le 22 juin 2021

Madame le Recteur, Monsieur le chef de la Division des Examens et Concours,

 Nous vous adressons ce courrier pour protester contre la surcharge de travail des professeurs de Lettres de lycée et contre les conditions de correction très dégradées cette année.

 Rappelons tout d’abord que les professeurs de Lettres sont mobilisés cette année pour corriger cinq épreuves: les épreuves anticipées de français, le grand oral, les écrits de BTS [Brevet de Technicien Supérieur] et une nouvelle épreuve dont nous ignorons toujours les modalités, les oraux de rattrapage de BTS. Or quatre épreuves se chevauchent: les deux épreuves de l’EAF [épreuve anticipée de français] sont organisées aux mêmes dates, les écrits se déroulent du 18 juin au 6 juillet soit en même temps que les oraux qui sont positionnés du 24 juin au 1erjuillet. Les oraux de BTS, quant à eux, auront lieu le 5 juillet. Or la majorité des enseignants doit corriger plusieurs épreuves ce qui est une source d’anxiété car ils craignent de ne pas pouvoir tenir les délais, surtout dans les conditions actuelles de correction.

 En effet, les modalités d’organisation des épreuves avec le doublement des sujets entraînent une très importante surcharge de travail. Pour l’épreuve orale, l’examinateur doit proposer au candidat deux textes et deux questions de grammaire, cela demande donc une double préparation aux enseignants.

 De plus, dans la seconde partie de l’épreuve, l’élève doit présenter une œuvre de son choix. Toutes les œuvres ne sont pas au programme, cela nécessite donc un travail de lecture ou de relecture colossal. Et cette année, contrairement aux années précédentes, le nombre de classes interrogées est conséquent, certains collègues sont contraints de préparer des entretiens sur une trentaine d’œuvres. Or il est impossible de maîtriser autant d’ouvrages en si peu de temps! Cette situation est vécue très difficilement par de nombreux collègues.

Nous dénonçons les mêmes problèmes pour l’épreuve écrite: avant le bac Blanquer, les élèves avaient les choix entre trois sujets. Avec les nouveaux programmes, ils ont le choix entre quatre sujets (dont trois dissertations en voie générale ce qui demande un travail de correction considérable). Cette année, pour répondre au mécontentement des élèves qui ont reçu un enseignement en pointillé, le ministre a décidé de doubler les sujets, on passe de quatre à huit sujets, en voie générale cela correspond à deux commentaires et six dissertations; en voie technologique, il s’agit deux commentaires et six contractions de texte suivies d’un essai. Cette prolifération de sujets à corriger engendre une surcharge de travail et un stress très important chez les enseignants.

  A quoi il faut ajouter la répartition aléatoire des copies par un logiciel qui brasse les classes et les copies, les enseignants se retrouvent donc avec tous les sujets à corriger. Ce nombre aberrant de sujets a d’ailleurs découragé les inspecteurs de Lettres qui ont renoncé aux copies test, jugeant trop élevé le nombre de sujets. Les corrigés sont consultables sur la plateforme Santorin, soit une quarantaine de pages que les collègues doivent imprimer à leurs frais!

 Sans évoquer les barèmes de correction qui ont été postés lundi matin alors que les copies sont en ligne depuis vendredi. Des collègues, pressés par toutes leurs convocations, ont commencé à corriger sans barème et sans réunion d’harmonisation, cette dernière étant programmée le mardi 22 juin… Nous déplorons aussi que les corrections dématérialisées permettent à l'administration de rajouter toujours davantage de copies en cours de correction. Sur les convocations, parfois délivrées au dernier moment, le nombre de copies n’apparaît pas, et pour cause, les lots ne cessent d’être alourdis. Les premières copies étaient en ligne le 18 juin dans l’après-midi, mais de nouvelles copies sont arrivées durant le week-end et le lundi, venant parfois doubler le nombre de devoirs à corriger.

 Ces nouveaux lots ont été signalés aux correcteurs par un simple envoi de la plateforme Santorin sans aucun égard pour les professeurs. En alourdissant sans cesse la tâche des correcteurs, ces ajouts manifestent un véritable mépris à l'égard de leur travail et nuisent à la qualité d'attention que l'on doit à l'écrit des élèves, cette situation nous amène à demander l'abandon de la correction des copies numérisées. D’ailleurs, les problèmes posés par cette correction sont nombreux et variés: la multiplication des outils (VIATIQUE et SANTORIN), les nombreux dysfonctionnements de ces plateformes, notamment Santorin qui «rame».

 Les corrections sont plus longues et plus fastidieuses qu’avec des copies traditionnelles. De plus, les copies sont parfois mal scannées: les feuilles sont dans le désordre, illisibles, sans évoquer le temps perdu par l’administration des établissements déjà débordée à scanner ces documents. Ces corrections nécessitent un matériel informatique que de nombreux enseignants ne possèdent pas.

 Enfin les problèmes de santé se multiplient: mal de dos, tendinite, problème de vue…

 Nous demandons de manière urgente à revenir à des corrections traditionnelles sur copies. Nous demandons à revenir à une gestion bienveillante et humaine des épreuves de français, ce qui se décline de la manière suivante:

1. Ne convoquer les collègues qu’à une seule épreuve des EAF.

2. Faire apparaître sur les convocations le nombre de copies à corriger ou le nombre de candidats à interroger.

3. Recevoir les convocations et les récapitulatifs des œuvres suffisamment tôt afin de pouvoir préparer avec attention et sérieux les épreuves orales.

4. Limiter le nombre de classes à corriger ou à interroger.

5. Rétablir les réunions «en présentiel» qui sont les seules à permettre de véritables échanges.

En vous remerciant par avance de votre attention sur cette situation urgente.

 J M Préel, pour le SN FO LC de l’académie de Rouen

Texte n°2 : le dialogue social dans l'académie d'Amiens

« Les enseignantes et enseignants de philosophie de l'académie d'Amiens correctrices et correcteurs du bac ont décidé, conformément à ce qui avait été voté lors de l'AG du 28 juin, de reconduire la grève mercredi 30 juin pour dénoncer les conditions de correction : imposition sans concertation d'un nouvel outil numérique de correction qui rend possible des formes nouvelles de surveillance, informations tardives et parcellaires quant aux rôles et tenues des jurys et commissions multipliés cette année, convocations à la dernière minute, réduction des délais de correction, alourdissement de la charge de travail avec l'attribution de nouveaux lots à corriger à la dernière minute. Ils et elles revendiquent un délai supplémentaire pour terminer correctement leur travail.

En effet, non seulement ils n'ont pas obtenu que la DEC [division des examens et concours] leur réponde, alors que cette demande  a été formulée pas moins de quatre fois depuis le 18 juin, par les collègues individuellement, par l'AG, par les organisations intersyndicales, ni ne leur accorde au moins 24 heures supplémentaires pour corriger, ni l'accès aux copies papier; mais cette dernière n'a pas même accepté de les recevoir, et n'a daigné leur répondre qu'à 20h30, pour leur octroyer… une nuit de plus pour corriger (soit le report de la fin de saisie des notes au 30 juin à 9h – au lieu du 29 juin à 17 h) !!!

Un certain dialoguesocial@ac-amiens.fr s'est manifesté à 21 h pour leur confirmer cette généreuse prolongation « dans l'intérêt des élèves » ! 

Comment ne pas sentir heurté-es par tant de mépris, alors même que l'enjeu est de réussir à corriger correctement et consciencieusement les copies des candidat-es malgré des conditions de travail déplorables et un bac abracadabrantesque ?!? »

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