Y a-t-il quelque chose à sauver dans le christianisme ?

Dans un précédent article, j’ai voulu expliquer en quoi consisterait une révolution réussie : elle serait un processus à la fois politique et spirituel, qui bouleverserait les relations entre les groupes sociaux, mais aussi la vie intérieure de chacun. Cependant, mon texte parlait surtout du versant politique de cette révolution. J’aimerais maintenant explorer plus en profondeur le versant spirituel.

 Pourquoi le christianisme ?

 Mais, pensez-vous peut-être,  pourquoi consacrer tout un article au christianisme? N’y a-t-il pas d’autres spiritualités de grande valeur, y compris dans des pensées non religieuses ? Eh ! bien oui, sans doute. Seulement, je préfère parler de ce que je connais le mieux, c’est-à-dire la culture dans laquelle j’ai été élevé.

Une autre objection qu’on pourrait me faire, c’est que le christianisme s’est pour toujours discrédité par ses crimes : persécutions contre les païens, les hérétiques, les juifs, les musulmans, guerres de religion, chasse aux sorcières, complicité avec des gouvernements tyranniques, esclavagistes ou colonialistes, indulgence de la hiérarchie catholique envers les viols et les abus sexuels commis par certains prêtres, etc. Que répondre à cela ? Naturellement, je pourrais tenter d’innocenter le christianisme en le distinguant de ses adeptes. Les crimes en question auraient été commis par de mauvais chrétiens : non pas à cause de leur religion, mais contre elle. Hélas ! cette excuse n’est guère convaincante. Si l’on regarde de près le message chrétien, on y trouvera non seulement de la douceur et de l’amour, mais encore des germes de fanatisme, d’injustice et de violence. Si les chrétiens se sont montrés si souvent tyranniques et cruels, c’est qu’ils adoraient un Dieu tyrannique et cruel. Et pourtant, il me semble possible de séparer le bon grain de l’ivraie, et de débarrasser cette religion des sinistres superstitions qui la défigurent. Décapé en profondeur par le doux acide de la raison, le christianisme pourrait devenir une spiritualité révolutionnaire, une religion qui se moque de toute religion, une communauté d’êtres humains adultes, lucides, insolents, libres de toute crainte et de toute vénération envers les hiérarchies religieuses, sociales ou politiques.

 Docteur Jésus et Mister Christ

 C’est que le Dieu chrétien est pour le moins ambigu. Il est tantôt représenté comme un père aimant et sage, prompt à pardonner à ses enfants, tantôt comme un tyran sanguinaire et injuste, un Dieu « jaloux » qui maudit des familles entières jusqu’à la quatrième génération, punit l’humanité pour la faute de ses lointains ancêtres, extermine ses créatures pendant quarante jours et quarante nuits et ordonne à son « peuple élu » de massacrer femmes et enfants sur la « terre promise ». Le « bon Dieu » n’est pas l’adversaire du Diable : il est le Diable.

  Certains pourront m’objecter que ce Dieu terrible est celui de l’Ancien Testament. Le Nouveau Testament – la Bible proprement chrétienne – nous parlerait d’un Dieu infiniment bon, un Père qui a tant aimé les hommes qu’il leur a envoyé son propre Fils afin de les sauver de la mort et du péché. Mais cette objection ne tient guère. D’abord, le christianisme a toujours considéré l’Ancien Testament comme un texte sacré. Ensuite, et surtout, la cruauté du Dieu chrétien n’a rien à envier à celle du Dieu juif. Ce sont les Évangiles, non l’Ancien Testament, qui mentionnent un châtiment éternel que notre Père des cieux a réservé aux « pécheurs ». Il est d’ailleurs probable que la croyance au paradis et à l’enfer n’est apparue que tardivement dans le judaïsme.

 Ce mythe de l’enfer est tellement en contradiction avec la croyance en un Dieu d’amour que les théologiens chrétiens se torturent les méninges depuis des siècles pour lui trouver une justification. Pour saint Augustin, Luther, Calvin et les jansénistes, Dieu condamne à l’enfer éternel une immense masse d’êtres humains, et notamment tous ceux qui sont morts sans baptême. Seule la « grâce » divine peut sauver quelques élus de ce châtiment. Pourquoi quelques uns et pas toute l’humanité ? Nul ne le sait. La « grâce » divine, comme celle des rois ou des présidents de la République, est arbitraire. Inutile de dire qu’une telle croyance est inconciliable avec l’idée d’un Dieu juste, sage et plein d’amour. Pour d’autres théologiens, l’enfer existerait parce que Dieu aurait laissé aux hommes la liberté de le rejeter. Les damnés n’auraient donc pas été prédestinés à l’enfer, mais ils l’auraient choisi volontairement. Mais qui peut choisir une éternité de souffrances ? Si Dieu est vraiment aimable, source des plus grandes joies, pourquoi serait-il rejeté par ses créatures ? La seule réponse qui peut venir à l’esprit est celle de Platon et de Socrate : ceux qui choisissent la voie du mal ont forcément l’esprit obscurci. D’ailleurs, de l’avis même des catholiques, les saints du paradis ne peuvent plus s’engager dans cette voie : leur esprit y voit tellement clair, et il est tellement heureux de voir Dieu face à face qu’il n’a aucun désir d’en devenir l’ennemi. Ceux qui se détournent de Dieu sont donc dans l’erreur. Leur volonté n’est mauvaise que parce qu’elle est mal éclairée. Dès lors, on ne voit pas très bien pourquoi leur choix devrait être définitif. Autant on comprend qu’un être parfaitement heureux n’ait aucune envie de sortir de son bonheur, autant il est absurde qu’un être qui souffre d’abominables tortures n’ait aucun désir de revenir de ses erreurs.

 En réalité, la croyance en l’existence d’un enfer éternel ne peut s’expliquer que par deux raisons. La première, c’est que les chrétiens ont le cœur plein de ressentiments à cause des injustices qu’ils ont subies depuis leur enfance. Ils espèrent que Dieu punira un jour les « pécheurs », comme les enfants souhaitent le châtiment des « méchants » à la fin d’un film ou d’un conte de fée. Mais si les chrétiens croient encore à l’enfer, c’est aussi parce qu’ils sentent en eux un désir de rébellion envers la tyrannie de leur Dieu. Si vraiment ils croyaient en une divinité qui ne serait qu’amour, ils comprendraient qu'il n'est pas possible de la détester.

 Ni Dieu ni maître !

 Mais que restera-t-il du christianisme, une fois qu’on l’aura purgé de la crainte du "Seigneur" ? Pas grand-chose, peut-être. S’il subsiste encore une religion, il ne faudra même plus l’appeler chrétienne, car le mot chrestos (christ) – équivalent grec de messie – désigne le successeur de David, un envoyé de Dieu qui est censé établir un royaume de paix et de justice. Jésus, en tant que Christ, est une sorte de Roi, et il reviendra « dans sa gloire » pour « juger les vivants et les morts », et toute créature s’inclinera devant lui. Il y a dans ces images quelque chose de puéril. Elles ne font que transposer, dans le domaine religieux, les délires prétentieux de tous les dictateurs de ce monde. Se représenter Dieu ainsi n’est pas l’honorer, mais lui manquer de respect. C’est en faire un être malheureux, aveugle et impuissant. Un être parfaitement heureux n’a pas besoin qu’on s’agenouille devant lui ni qu’on chante ses louanges. Seul un être faible, mal assuré, peut exiger ces viles flatteries. Et seul un esprit aveugle peut prendre la domination pour de la toute-puissance.

  Car la domination, par définition, ne peut jamais être un pouvoir absolu. Il y a toujours, au fond de l’âme des dominés, quelque chose qui résiste à la volonté du maître. Toute domination, en effet est haïssable. L’amour peut être présent dans le cœur des dominés, mais il est toujours corrompu par la peur et le ressentiment. En excluant l’égalité et la liberté, la domination rend impossible le pur amour. Certes, l’amour des serviteurs pour leur maître est souvent encouragé par ce dernier, car il rend la domination plus facile et plus durable. Mais les serviteurs ne doivent pas trop s’identifier à leur maître, sous peine de ne plus rester à leur place. Voilà pourquoi le maître se montre si souvent ingrat et froid envers eux : c’est pour leur rappeler qu’un abîme infranchissable les sépare de lui. La domination est donc nécessairement, pour les serviteurs, cause de frustration et de colère. D’où, comme je le disais plus haut, cette croyance religieuse en l’enfer. L’enfer, c’est le lieu de la rébellion éternelle des hommes à l’égard de l’idole qu’ils appellent « Dieu ». C’est, sans doute, le symbole de l’impuissance humaine face à la tyrannie divine. Mais c’est aussi le symbole de l’impuissance du « Seigneur » face à la volonté rebelle de ses créatures.

 Se représenter Dieu (ou son fils Jésus) comme un roi, c’est donc s’enfoncer dans d’inextricables contradictions. La seule manière de s’en dépêtrer, c’est d’abandonner ce genre d’images. C’est ce qu’ont essayé de faire, semble-t-il, les premiers chrétiens, même s’ils ne sont pas allés jusqu’au bout de leur démarche iconoclaste. Dans quelques textes du Nouveau Testament, on trouve l’idée que Dieu est amour, et que l’amour parfait exclut la crainte. Dans le même ordre d’idées, Jésus dit à ses disciples – après leur avoir lavé les pieds – qu’ils ne sont plus ses serviteurs mais ses amis. Et pour justifier cela, il leur explique qu’un serviteur ne sait pas ce que fait son maître, tandis que lui, Jésus, leur a communiqué tout ce qu’il savait sur son père. Par ailleurs, plusieurs passages des évangiles indiquent que Jésus s’identifie à tous les hommes, et en particulier à ceux qui sont méprisés des autres à cause de leur situation sociale ou de leurs « péchés ». Cette identification est également présente par le fait que Jésus envoie son esprit à ses disciples après sa mort, si bien qu’il est présent dans son Église à la manière dont l’âme humaine est présente dans un corps. Chaque membre de la communauté chrétienne devient un organe du corps mystique de Jésus.

 Dans ces passages-là, Dieu cesse d’apparaître comme un maître cruel et terrifiant : il se révèle comme l’esprit d’une communauté, comme une pensée sans limite qui s’incarne dans des groupes et des individus particuliers. Il n’est plus le Très-Haut, mais une relation d’amour entre les êtres humains. La verticalité terrifiante du culte de Yahveh est remplacée par une horizontalité libératrice.

 L’amour du prochain

 La divinisation de l’homme, dans cette perspective, est moins le fait de rites que de rapports humains authentiques, fondés sur le pardon mutuel. Ce qui nous empêche d’être libres et heureux, c’est que nous sommes trop attachés à nos particularités sociales et morales. Dans une célèbre parabole, un pharisien remercie Dieu de l’avoir fait si bon, si pur, tout le contraire des prostituées ou des publicains (collecteurs d’impôt à la solde de l’occupant romain). Ce pharisaïsme est sans doute présent en chacun de nous. Nous sommes souvent vaniteux, suffisants, certains de faire partie des « gens bien », méprisants à l’égard des pécheurs et des marginaux. Cet égoïsme frileux, qui nous cantonne à un petit monde familier, empêche notre esprit de s’ouvrir à des dimensions universelles. Nous ne fréquentons que les gens qui nous ressemblent et nous avons peur d’être souillés par le contact d’autres groupes sociaux. L’amour du prochain, tel qu’il apparaît dans certains passages de l’évangile, n’a pas grand-chose à voir avec ce qu’on a appelé la « charité », cette philanthropie qui permet aux classes aisées de se donner bonne conscience tout en légitimant leur position dominante. Il s’agit plutôt de reconnaître en chaque être humain un autre soi-même. En puissance, sinon en acte, nous sommes tous des salauds, des hypocrites, des pharisiens, des criminels, mais aussi des héros, des saints, des sages. Lorsque nous rencontrons un autre être humain, nous sommes en droit de nous dire : « Cette personne, c’est moi-même. Si j’avais vécu ce qu’elle a vécu, j’aurais agi exactement de la même manière. »

 Et cette réflexion vaut aussi bien pour les héros que pour les salauds. Nous avons tous des faiblesses – vanité, égoïsme, peur, haine – qui peuvent nous rendre lâches, voire criminels si les circonstances s’y prêtent. Mais il y a aussi en chacun de nous des germes de grandeur qui ne demandent qu’à éclore. Le fait de se reconnaître comme « pécheur » ne conduit pas nécessairement à s’enfoncer dans un perpétuel sentiment de culpabilité. Cette humilité peut aussi nous permettre de voir en tout être humain un égal, au lieu de chercher à l’écraser de notre mépris. Le but n’est pas de se complaire dans son abjection, mais de trouver dans l’amour des autres et de soi-même la force de mener une vie plus libre, plus généreuse, plus passionnante.

 J’ai parlé de l’amour de soi car il faut être en mesure de s’aimer soi-même pour aimer son prochain comme soi-même. Si, écrasés par la crainte du « Seigneur », nous avons le sentiment de ne rien valoir, nous serons incapables d’aimer vraiment les autres. Nous nous efforcerons de bien agir envers eux, non pour nous réjouir de leur joie, mais pour nous donner bonne conscience. Si, en revanche, nous cessons d’idolâtrer Dieu, nous prendrons conscience que l’esprit divin est présent en chacun(e), et que notre « moi » en est une manifestation particulière. Nous comprendrons que nous avons une valeur infinie, sans commune mesure avec celle que nous nous attribuons dans nos pires délires mégalomaniaques. Dès lors, un authentique amour du prochain deviendra possible. L’amour de soi et l’amour du prochain, ce n’est rien d’autre que l’amour dont l’esprit divin s’aime lui-même, en prenant conscience de soi à travers ses multiples incarnations, et dans cette multiplicité même.

 Pour en finir avec l’opium du peuple…

 La réforme du christianisme que je propose va donc beaucoup plus loin que celle qui a été menée par les protestants (ou du moins la plupart d’entre eux, car je suis loin de connaître toutes leurs Églises). Il s’agit au fond de séparer radicalement ce qu’il y a de spirituel dans le Nouveau Testament de tout l’imaginaire monarchique qui le corrompt. Toute critique religieuse du christianisme est en même temps une critique politique, et c’est pourquoi elle entraîne une subversion de l’ordre établi. Découvrir que les êtres humains sont égaux et divins, c’est mettre en question toutes les hiérarchies sociales et politiques. Comprendre que le Dieu tyrannique de la Bible n’est qu’une idole, c’est cesser d’être passif à l’égard des injustices. Au lieu d’attendre le retour de Jésus et l’instauration du « Royaume de Dieu », il s’agit de prendre conscience que l’esprit divin est déjà là, au milieu de nous, et qu’il nous donne la force de fonder  réellement la société sur la liberté, l’égalité et la fraternité.

 On pourra m’objecter que nous vivons dans une société largement déchristianisée, et que l’ordre établi se porte pourtant très bien. De ce point de vue, la critique du christianisme ne serait plus d’actualité. Seulement, en y regardant de plus près, on s’aperçoit que la société est encore largement imprégnée de valeurs chrétiennes, pour le meilleur comme pour le pire. Pour le meilleur, car nous croyons plus ou moins en la liberté, l’égalité et la fraternité, même si nos lois, nos coutumes, nos institutions démentent dans une large mesure ces principes. Mais ce sont aussi les pires côtés du christianisme qui restent présents dans notre société. Même si nous ne croyons plus en Jésus-Christ, nous avons toujours l’espoir qu’un homme providentiel viendra un jour, tel le Messie, sur le trône de l’Élysée ou à la Maison Blanche. Même si nous ne croyons plus en l’enfer ni au paradis, nous avons tendance à penser que les damnés de la terre et les bourgeois, les « losers » et les « winners », les « gens qui ont réussi » et les « gens qui ne sont rien », ont tous le sort qu'ils méritent. Certes, nous nous insurgeons contre certaines inégalités. Nous pestons contre les privilèges des grands patrons, des stars du foot ou, de manière plus contestable, contre les avantages acquis des cheminots. Mais nous mettons rarement en question les injustices structurelles de notre système social, qui est fait de telle sorte que les inégalités économiques et culturelles se perpétuent de génération en génération, notamment par l’intermédiaire de l’héritage et des diplômes. Si nous considérions chaque être humain pour ce qu’il est, une incarnation de l’esprit divin, nous verrions à quel point ces inégalités sont injustes et nuisibles à la liberté de chacun(e). 

 

Annexe : quelques textes bibliques (dans la traduction de Louis Segond)

 

Un Dieu terrifiant

 «  Il dit à la femme:

J’augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi.

Il dit à l’homme:

Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre: Tu n’en mangeras point ! le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie. Il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l’herbe des champs. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière. » (Genèse, III, 16-19)

 

« L’Éternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal. L’Éternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il fut affligé en son cœur. Et l’Éternel dit : J’exterminerai de la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel; car je me repens de les avoir faits. » (Genèse, VI, 5-7)

 

« Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude.

Tu n’auras point d’autres dieux devant ma face.

Tu ne te feras point d’image taillée, de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre.

Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui me haïssent, et qui fais miséricorde jusqu’en mille générations à ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements. » (Deutéronome, V, 6-10)

 

« Lorsque l’Éternel, ton Dieu, t’aura fait entrer dans le pays dont tu vas prendre possession, et qu’il chassera devant toi beaucoup de nations, les Héthiens, les Guirgasiens, les Amoréens, les Cananéens, les Phéréziens, les Héviens et les Jébusiens, sept nations plus nombreuses et plus puissantes que toi ; lorsque l’Éternel, ton Dieu, te les aura livrées et que tu les auras battues, tu les dévoueras par interdit, tu ne traiteras point d’alliance avec elles, et tu ne leur feras point grâce. Tu ne contracteras point de mariage avec ces peuples, tu ne donneras point tes filles à leurs fils, et tu ne prendras point leurs filles pour tes fils ; car ils détourneraient de moi tes fils, qui serviraient d’autres dieux, et la colère de l’Éternel s’enflammerait contre vous : il te détruirait promptement.

 Voici, au contraire, comment vous agirez à leur égard : vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs statues, vous abattrez leurs idoles, et vous brûlerez au feu leurs images taillées.

Car tu es un peuple saint pour l’Éternel, ton Dieu ; l’Éternel, ton Dieu, t’a choisi, pour que tu fusses un peuple qui lui appartînt entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre.

Ce n’est point parce que vous surpassez en nombre tous les peuples, que l’Éternel s’est attaché à vous et qu’il vous a choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples.

Mais, parce que l’Éternel vous aime, parce qu’il a voulu tenir le serment qu’il avait fait à vos pères, l’Éternel vous a fait sortir par sa main puissante, vous a délivrés de la maison de servitude, de la main de Pharaon, roi d’Égypte.

Sache donc que c’est l’Éternel, ton Dieu, qui est Dieu. Ce Dieu fidèle garde son alliance et sa miséricorde jusqu’à la millième génération envers ceux qui l’aiment et qui observent ses commandements.

Mais il use directement de représailles envers ceux qui le haïssent, et il les fait périr ; il ne diffère point envers celui qui le hait, il use directement de représailles.

Ainsi, observe les commandements, les lois et les ordonnances que je te prescris aujourd’hui, et mets-les en pratique.

Si vous écoutez ces ordonnances, si vous les observez et les mettez en pratique, l’Éternel, ton Dieu, gardera envers toi l’alliance et la miséricorde qu’il a jurées à tes pères.

Il t’aimera, il te bénira et te multipliera ; il bénira le fruit de tes entrailles et le fruit de ton sol, ton blé, ton moût et ton huile, les portées de ton gros et de ton menu bétail, dans le pays qu’il a juré à tes pères de te donner.

Tu seras béni plus que tous les peuples ; il n’y aura chez toi ni homme ni femme stérile, ni bête stérile parmi tes troupeaux.

L’Éternel éloignera de toi toute maladie ; il ne t’enverra aucune de ces mauvaises maladies d’Égypte qui te sont connues, mais il en frappera tous ceux qui te haïssent.

Tu dévoreras tous les peuples que l’Éternel, ton Dieu, va te livrer, tu ne jetteras pas sur eux un regard de pitié, et tu ne serviras point leurs dieux, car ce serait un piège pour toi.

Peut-être diras-tu dans ton cœur : Ces nations sont plus nombreuses que moi ; comment pourrai-je les chasser ?

Ne les crains point. Rappelle à ton souvenir ce que l’Éternel, ton Dieu, a fait à Pharaon et à toute l’Égypte, les grandes épreuves que tes yeux ont vues, les miracles et les prodiges, la main forte et le bras étendu, quand l’Éternel, ton Dieu, t’a fait sortir : ainsi fera l’Éternel, ton Dieu, à tous les peuples que tu redoutes.

L’Éternel, ton Dieu, enverra même les frelons contre eux, jusqu’à la destruction de ceux qui échapperont et qui se cacheront devant toi.

Ne sois point effrayé à cause d’eux ; car l’Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, le Dieu grand et terrible.

L’Éternel, ton Dieu, chassera peu à peu ces nations loin de ta face ; tu ne pourras pas les exterminer promptement, de peur que les bêtes des champs ne se multiplient contre toi. L’Éternel, ton Dieu, te les livrera ; et il les mettra complètement en déroute, jusqu’à ce qu’elles soient détruites.

Il livrera leurs rois entre tes mains, et tu feras disparaître leurs noms de dessous les cieux ; aucun ne tiendra contre toi, jusqu’à ce que tu les aies détruits. » (Deutéronome, VII)

 « Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s’assiéra sur le trône de sa gloire. Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d’avec les autres, comme le berger sépare les brebis d’avec les boucs ; et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi.

Les justes lui répondront : Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger ; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire ? Quand t’avons-nous vu étranger, et t’avons-nous recueilli ; ou nu, et t’avons-nous vêtu ? Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi ? Et le roi leur répondra : Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges.

Car j’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;  j’étais étranger, et vous ne m’avez pas recueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas vêtu ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité. Ils répondront aussi : Seigneur, quand t’avons-nous vu ayant faim, ou ayant soif, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et ne t’avons-nous pas assisté ? Et il leur répondra : Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous n’avez pas fait ces choses à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne les avez pas faites. Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle. » (Matthieu, XXV, 31-46)

 Dieu est amour

 « Bien-aimés, aimons nous les uns les autres ; car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (Première épître de saint Jean, IV, 7-8)

 « C’est ici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés.

Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père. » (Jean, XV, 12-15)

 

 

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