Quelle info sur le climat ?

Un test comparatif Que Choisir pour les infos climat… ? Oui, investigations et décryptages, media critiques, journalistes d'investigation, dossiers de l’écran questionnant les politiciens en mal de catastrophisme, magazines scientifiques dévoyant la science pour nous faire acheter de la peur… Qui est digne d'intérêt ?

Que Choisir, l’incontournable de l’info-produit ignore superbement l’information : aucun comparatif en vue. Pas de top de l’info décryptée, des media éclairants, des journalistes qui décoiffent. Et pourquoi nous monte-t-on en épingle tant d'alertes qui n'en sont pas ? Que Choisir a baissé les bras ?

C’est vrai qu’on peut lui pardonner cet oubli, car du côté journalisme d’investigation, sur ce sujet c’est l’impasse. N’importe quel discours, étude, chercheur rajoutant un centimètre au niveau des mers en 2050, un demi-degré en 2030, 50 km/h à un cyclone ou un million de réfugiés climatiques supplémentaires se voient grandes ouvertes les colonnes des media, les émissions radio, les plateaux télé… Plus les chiffres grossissent, plus on les écoute, moins on leur pose de questions. Il savent. Ils sont la science. Honte sur nous, pauvres et coupables humains ! 
Et le discours est toujours semblable, stéréotypé, de plus en plus angoissant à mesure qu’il ne se passe rien de nouveau, ou presque. Dès lors un comparatif serait inutile, toutes ces infos se valent et disent la même chose, à quelques pouillèmes près. Sans preuve. Car il n’y a rien de plus simple que de parler du futur, les astrologues, devins et autres chiromanciens ont depuis longtemps occupé le créneau !



Voyants rouges ?

Au secours !

 L’alerte n’est pas là où on nous le serine, chaque jour, inlassablement. Ce n’est pas la hausse du niveau des mers, la température en 2100 ou la fonte de la glace des pôles qu’il faut craindre, c’est le bourrage de crâne et l’abrutissement de nos chères petites têtes blondes. Car une fois le plateau télé déserté et le Dossier de l’Ecran clos et cacheté, point n’est besoin d’être un expert du climat pour s’apercevoir qu’en notre bonne année 2015 tous les voyants rouges se sont éteints. Il y aura malheureusement toujours des inondations, des typhons ou des ouragans, des côtes maritimes qui varient, des pluies torrentielles ou des sécheresses. Et plus ou moins de neige dans les stations, de canicules, de grands froids, de glaciers qui reculent ou qui avancent… C’est notre climat, qui n’a jamais été quelque chose de figé. Si dans le passé on faisait des processions et brandissait la Sainte Vierge pour faire venir la pluie, si on brûlait des sorciers pour conjurer les hivers rigoureux à répétition, si on accusait les expérimentations de canons ou les mœurs dissolues pour expliquer le mauvais temps, hélas on le fait encore. Malheureusement pour nous si le temps qu’il fait, a fait, ou fera est le sujet de conversation le plus répandu, il ne sert à rien de se lamenter ou de se réjouir. Nous sommes condamnés à le subir, et à nous protéger du mieux que l'on peut.



Certes, ce que j’écris ici ne peut que m’attirer les foudres de ceux qui croient dans l’annonce à répétition de l’apocalypse toujours reculée. Honte sur moi ! Mais pourquoi, au lieu de vitupérer contre ceux qui refusent de répéter la même antienne, ne pas oublier tout cela pour tenter de regarder les faits en face ? Et comment en sommes-nous arrivés là, croire qu’il faut battre notre coulpe et faire pénitence énergétique pour nous racheter ?

CO2, quand tu nous tiens…


Je vous propose une toute petite analyse du pourquoi de notre situation. En dix-huit ans tous les voyants rouges se sont éteints comme je l’ai dit plus haut, mais pourquoi se sont-ils allumés au cours du siècle passé ?


Tout est parti doucettement d’une supposition à propos des effets du CO2 sur la température mondiale.
 Le CO2, gaz que nous exhalons en respirant, dont les végétaux se nourrissent et qui est une des bases du vivant : sans CO2, pas de végétation, pas d’arbres, pas de fleurs, pas de salades ni de radis… Dans l’atmosphère terrestre il est dans une proportion extrêmement faible, c’est un gaz rare de l’air. En 1965 l’atmosphère en contenait 320 ppm, trois cent vingt parties par million ou si l’on préfère une proportion de 0,032 %. Même pas un pour cent comme le rendement du livret A, mais trois centièmes pour cent. Cela représente approximativement un demi-verre dans un seau de dix litres, c'était ce que Dame Nature avait fait, ce qui était présent dans l'air en 1965.
Depuis cette date, le CO2 a augmenté régulièrement pour atteindre aujourd'hui 400 ppm soit 0,04 %. En cinquante ans la proportion de ce gaz dans notre atmosphère s’est ainsi accrue de 80 ppm, quatre-vingt parties par million soit 0,008 %, l'équivalent d'une vingtaine de gouttes, rajoutées depuis 1965 dans notre seau de 10 litres. Il lui a fallu cinquante ans, je le répète. Je ne sais pas ce que ce chiffre peut représenter pour vous, mais que le CO2 ait augmenté de 80 millionièmes dans l’air est un chiffre remarquable à mon sens. Sachant également que ce gaz étant en solution dans l’eau des océans, lorsque cette eau se réchauffe il se libère (et est absorbé, évidemment en cas de refroidissement) et donc qu'une partie de ces vingt gouttes dans notre seau de dix litres provient donc de la nature, et non de l'activité humaine…


D'où le réchauffement constaté…

Enfin, presque… Il manque une donnée à ce petit exposé, c'est que ce gaz si rare a la propriété d'absorber le rayonnement solaire, et de se réchauffer. L'oxygène ne se réchauffe pas, l'azote non plus, mais le dioxyde de carbone oui. On l'a nommé de ce fait gaz à effet de serre, et toute cette histoire de réchauffement vient d'une interrogation légitime : si on augmente la proportion de ce gaz dans l'atmosphère, comment celle-ci va-t-elle réagir ? Sait-on précisément de combien va augmenter la température terrestre si on augmente la proportion de CO2 dans l'air ?

La réponse est très simple : on n'en sait, à ce jour, absolument rien.
Personne ne le sait, et surtout pas les media. Car le principal élément de l'atmosphère qui se réchauffe sous le soleil c'est la vapeur d'eau, et on ne sait pas comprendre ses mécanismes ni calculer la valeur de sa réaction. Quand elle se refroidit la vapeur d'eau se condense en pluie, neige, grêle, et disparaît. Quand l'eau à la surface de la terre se réchauffe une partie se transforme en vapeur d'eau et sa proportion augmente. Lorsqu'elle s'élève elle se refroidit et se transforme en nuages qui stoppent les rayons du soleil… Si les misérables 0,008% de CO2 rajoutés en 50 ans provoquent plus de vapeur d'eau celle-ci va-t-elle augmenter à son tour la température ? Ou la diminuer ? Ou ne rien produire ? Mystère !
Les mécanismes sont si complexes qu'on ne sait pas quoi ou comment calculer l'influence de la vapeur d'eau, qu'on suppose sans aucune raison être de 80% dans la température du globe. Au pif, malheureusement.

Un certain Arrhénius, lui, pour faire simple, a cru pouvoir calculer quelque chose en s'intéressant au CO2. Connaissant sa proportion, connaissant son pouvoir de réchauffement, le rayonnement solaire, il a produit de savants calculs sur l'influence du CO2… et s'est trompé, mais on ne le savait pas à ce moment là. L'ONU dans sa grande sagesse a décidé de s'intéresser à l'hypothèse d'Arrhénius en créant le GIEC, dont voici l'ordre de mission :

Le GIEC a pour mission d’évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation.

Autrement dit, sous peine de se saborder, le GIEC doit trouver qu'il existe un changement climatique d'origine humaine. Sans quoi il serait obligé de revenir vers sa maison mère les mains vides, et de s'auto-dissoudre. Comme la vapeur d'eau.

Voici comme illustration les courbes des 14 dernières années de la température dite "globale" (en rouge) et de celle du CO2 présent dans l'atmosphère (en vert). Provenant du site woodfortrees. org. Question, l'une est-elle la cause de l'autre ? Hum…
Mais toute courbe est trompeuse, on ne sait pas comment elle se poursuivra dans le futur. En prenant en compte d'autres dates de début et de fin on peut découvrir une tendance à la baisse (dans les années 1960) ou à la hausse (1980). Depuis dix-huit ans, la températue est stationnaire.

A lire en bas de cette page deux citations de 1990 et 1970 dont l'une provient du Programme environnemental des Nations Unies de 1989 (source)

A suivre

Les courbes superposées des températures et proportion de CO2 atmosphériques des 14 dernières années © Wood for trees Les courbes superposées des températures et proportion de CO2 atmosphériques des 14 dernières années © Wood for trees

 « Des officiels des Nations-Unies s’attendent à des désastres, déclarant que la répercussion des gaz à effet de serre pourrait amener à la disparition de certaines nations – des nations entières pourraient s’éteindre à cause de la montée des eaux si le réchauffement climatique ne cesse de s’accentuer jusqu’aux années 2000. Les inondations côtières et l’absence consécutive de récoltes créeront des exodes d’éco-réfugiés, engendrant de graves troubles politiques », prévient Brown, le directeur du bureau de New York au Programme environnemental des Nations-Unies. Il ajoute que les gouvernements ont un délai opportun de 10 ans pour résoudre le problème des émissions de gaz à effet de serre. » 30 Juin 1989, Associated Press.

« Le monde s’est refroidi pendant environ 20 ans. Si cette tendance se perpétue, le monde sera de 4°C plus froid en 1990 que les températures moyennes globales normales, et de 11°C en 2000. C’est environ deux fois ce qu’il est nécessaire pour nous entrainer vers un âge de glace. » Durant la « Journée de la Terre », 1970, Kenneth Watt, écologiste.

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