J-M Reboul
Retraité depuis 2011, photographe et curieux
Abonné·e de Mediapart

7 Billets

0 Édition

Billet de blog 28 août 2015

Le climat revisité par l'histoire

En 2010 est paru chez Plon l’ouvrage d’Emmanuel Garnier, Les Dérangements du temps, 500 ans de chaud et de froid en Europe un ouvrage de 250 pages rédigé par un historien agrégé d'histoire et maître de conférences, chercheur au sein du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (UMR CEA-CNRS, Saclay) et du CRHQ, UMR CNRS-Université de Caen.Emmanuel Garnier intervient comme responsable ou collaborateur de plusieurs programmes nationaux pour le GIS «Climat-Environnement-Société», le CNRS et le ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire. Il sait de quoi il parle, et en historien responsable tente de nous éclairer sur l'histoire de notre climat à la lumière de multiples archives publiques, privées, laïques ou religieuses…

J-M Reboul
Retraité depuis 2011, photographe et curieux
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

En 2010 est paru chez Plon l’ouvrage d’Emmanuel Garnier, Les Dérangements du temps, 500 ans de chaud et de froid en Europe un ouvrage de 250 pages rédigé par un historien agrégé d'histoire et maître de conférences, chercheur au sein du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (UMR CEA-CNRS, Saclay) et du CRHQ, UMR CNRS-Université de Caen.

Emmanuel Garnier intervient comme responsable ou collaborateur de plusieurs programmes nationaux pour le GIS «Climat-Environnement-Société», le CNRS et le ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire. Il sait de quoi il parle, et en historien responsable tente de nous éclairer sur l'histoire de notre climat à la lumière de multiples archives publiques, privées, laïques ou religieuses…

En couverture de ce livre la présentation qui en est faite devrait être apprise par cœur par tous les acteurs politiques et l’entourage de François Hollande, récité à chaque conseil des Ministres, lu en début de chaque trimestre dans tous nos collèges et lycées, et imposé à tous les journalistes français.
Je rêve, bien sûr !
Chaque ouragan, tempête, inondation, sécheresse, température hors de la moyenne, chaque événement météorologique susceptible d'être mis en exergue nous est asséné à longueur de temps pour tenter de nous convaincre qu'on n'a jamais vu cela. Et donc que nous avons certainement une part de responsabilité. Mais l'historien nous montre que cette attitude est une constante historique.
De tout temps on s'est méfié du temps…

L'éternel recommencement ?

Que nous explique Emmanuel Garnier ?
Il écrit ceci au dos de son ouvrage, et j'ai mis en exergue des éléments de réflexion qui nous sont en permanence passés sous silence :
La certitude qu'ont nos contemporains de vivre un « changement » climatique ne date pas d'aujourd'hui. Tiré d'archives inédites, le présent ouvrage souhaite offrir une autre réalité des fluctuations climatiques et des perceptions que celle que les Européens en ont eue au cours des 500 dernières années.
La première constatation concerne le caractère neuf du réchauffement observé depuis 30 ans. La réponse de l'historien est sans appel. Bien avant le Global Warning, nos ancêtres connurent des épisodes parfois très chauds dont l'intensité fit reculer les glaciers alpins à des niveaux inférieurs à ceux d'aujourd'hui.
Plus tard, au beau milieu du fameux Petit âge glaciaire, l'Europe fut même confrontée à de véritables ... vagues de chaleurs doublées de sécheresses mettant en péril la survie des populations.
L'histoire ne serait-elle alors qu'un éternel recommencement ?
Si la réponse apparaît difficile à formuler en matière de climat, il est en revanche certain que les événements extrêmes qui focalisent tant l'attention de l'opinion publique aujourd'hui faisaient déjà partie du quotidien des sociétés anciennes. La sévérité des catastrophes observées sur cinq siècles démontre qu'elles n'eurent rien à envier à nos désastres récents.
Confrontées à l'adversité climatique, nos sociétés, croit-on, passent d'une interprétation religieuse, avec son cortège de processions, à une sécularisation du fait météorologique dans le sillage de la pensée rationaliste et de l'intervention croissante des Etats. Une nouvelle fois, le verdict de l'histoire détonne et étonne. La notion d'Etat providence mérite une réinterprétation totale quand les archives révèlent, dès le XVIIIe siècle, les premières mesures d'indemnisation massive au profit des sinistrés ou encore la mobilisation mise en œuvre par les monarchies européennes en faveur des régions victimes des caprices de la nature.
D'une actualité « brûlante », cet ouvrage ne prétend pas livrer un nouveau récit linéaire accumulant des événements mais plutôt répondre, à l'aune de recherches récentes, à des questions concrètes que les scientifiques mais plus encore nos concitoyens et les médias se posent.

Merci à Emmanuel Garnier pour cet éclairage et ce qu'il révèle de notre passé climatique, monstrueusement passé sous silence par l'ensemble des media.
Comme dit le proverbe, hélas, nul n'est prophète en son pays.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Économie
« Tout augmente, sauf nos salaires »
Des cortèges de travailleurs, de retraités et de lycéens ont défilé jeudi, jour de grève interprofessionnelle, avec le même mot d’ordre : l’augmentation générale des salaires et des pensions. Les syndicats ont recensé plus de 170 rassemblements. Reportage à Paris.
par James Gregoire et Khedidja Zerouali
Journal — Écologie
En finir avec le « pouvoir d’achat »
Face aux dérèglements climatiques, la capacité d’acheter des biens et des services est-elle encore un pouvoir ? Les pensées de la « subsistance » esquissent des pistes pour que le combat contre les inégalités et les violences du capitalisme ne se retourne pas contre le vivant. 
par Jade Lindgaard
Journal — Politique économique
L’inflation relance le débat sur l’augmentation des salaires
Avec le retour de l’inflation, un spectre resurgit dans la sphère économique : la « boucle prix-salaires », qui serait synonyme de chaos. Mais ce récit ancré dans une lecture faussée des années 1970 passe à côté des enjeux et de la réalité.
par Romaric Godin
Journal
La grande colère des salariés d’EDF face à l’État
Ulcérés par la décision du gouvernement de faire payer à EDF la flambée des prix de l’électricité, plus de 42 % des salariés du groupe public ont suivi la grève de ce 26 janvier lancée par l’intersyndicale. Beaucoup redoutent que cette nouvelle attaque ne soit que les prémices d’un démantèlement du groupe, après l’élection présidentielle.
par Martine Orange

La sélection du Club

Billet de blog
Un filicide
Au Rond-Point à Paris, Bénédicte Cerutti conte le bonheur et l'effroi dans le monologue d’une tragédie contemporaine qu’elle porte à bout de bras. Dans un décor minimaliste et froid, Chloé Dabert s'empare pour la troisième fois du théâtre du dramaturge britannique Dennis Kelly. « Girls & boys » narre l’histoire d'une femme qui, confrontée à l’indicible, tente de sortir de la nuit.
par guillaume lasserre
Billet de blog
En Afghanistan, on décapite impunément les droits des femmes
Les Talibans viennent d’édicter l’interdiction de toute visibilité du visage féminin dans l’aire urbaine, même celle des mannequins exposés dans les commerces. Cette mesure augure mal pour l’avenir des droits de la population féminine, d’autant qu’elle accompagne l’évacuation forcée des femmes de l’espace public comme des institutions, établissements universitaires et scolaires de l’Afghanistan.
par Carol Mann
Billet de blog
« Je ne vois pas les sexes » ou la fausse naïveté bien-pensante
Grand défenseur de la division sexuée dans son livre, Emmanuel Todd affirme pourtant sur le plateau de France 5, « ne pas voir les sexes ». Après nous avoir assuré que nous devions rester à notre place de femelle Sapiens durant 400 (longues) pages, celui-ci affirme tout à coup être aveugle à la distinction des sexes lorsque des féministes le confrontent à sa misogynie…
par Léane Alestra
Billet de blog
Traverser la ville à pieds, être une femme. 2022
Je rentrais vendredi soir après avoir passé la soirée dehors, j'étais loin de chez moi mais j'ai eu envie de marcher, profiter de Paris et de ces quartiers où je me trouvais et dans lesquels je n'ai pas souvent l'occasion de passer. Heureusement qu'on m'a rappelé, tout le trajet, que j'étais une femme. Ce serait dommage que je l'oublie.
par Corentine Tutin