POUTINE DICTATEUR ! MAIS QU'EST-CE QU'ELLE DIT, MON GÉGÉ ?

En pleine tempête Navalny, au plus fort de la répression des opposants et manifestants, ne nous privons pas de la fine analyse de Gérard Depardieu. C'est énorme. Phénoménal. Comme le journal de Claire Chazal. D'ailleurs c'est elle qui nous l'a mis en colère, le Gaulois russolâtre...

Je cherchais une idée pour macronique. Ben quoi, ça vous arrive jamais vous, de chercher une idée de chronique ? Non ? Ben ça alors, vous avez de la chance ! Moi c'est pas tous les jours pour sûr, mais c'est tout de même compliqué parfois d'assurer la continuité éditoriale. A ce propos de consonances j'avais bien pensé rebondir sur la continuité territoriale et le train. Mais on aurait fini par me suspecter dans certaines chaumières de me la faire avec le chef de gare. Dieu garde !

Non, c'est qu'il y a un lecteur, parmi les plus chers qui me fussent donnés, qui m'informait que Napoléon n'avait pas inventé le train ! Ah bon !  Mais par contre, l'acronyme qui justifiait l'usage de la voie ferrée pour monter au front à la bataille d'Eylau - la trop bien nommé, car s'il en sortit la tête haute, c'est quand même là que l'Empereur commença à prendre l'eau - confirmait le génie du rail qu'il était aussi devenu. Mais enfin tout ceci demeurait ardu et risquait de nous entraîner dans une histoire aussi longue et pour finir chiante, qu'un voyage à bord du Transsibérien.

Et c'est là que je tombais sur l'entretien accordé par Gérard Depardieu à Claire Chazal. Oui je sais vous n'allez pas en revenir, découvrir avec une stupéfaction teintée d'ironie, que je m'intéresse à l'un ou à l'autre, peut-être même aux deux. Mais enfin je vous en prie, c'est ridicule. Je m'en bas une sans faire toucher l'autre. Quoi que l'autre pour ne pas le toucher, il faut tout de même être bougrement délicat et virtuose. J'sais pas si vous me suivez...

Enfin j'ai lu ça dans Voici, c'est vous dire si moi, je suis ! Le tête-à-tête entre mités de la téloche et du cinoche devait quand même valoir son pesant de vomis. Le Depardieu se jouant de la Chazal finassa à l'extrême de cette provocation dont il fait commerce dans une boutique déliquescente et de plus en plus mal famée. Le plénipotentiaire ouzbek et tchétchène, ami des poètes et présidents Karimov et Kadyrov (sorte de Dupont et Dupond du Caucase) entra en manoeuvre d'approche dans les yeux turquoises de l'animatrice et un débit de parole, toute honte bue, en affirmant qu'il n'avait jamais fréquenté de dictateurs. Qu'il les fuyait et ne les aimait pas !

Bien que subjuguée par le souvenir du Gérard Depardieu des Valseuses où elle se perdait en fantasmes, abandonnée sur la banquette avant de la DS à la place de Miou-Miou, la clairette finit de minauder, lorsqu'il affirma qu'il n'avait jamais rencontré de Hitler... Elle osa l'interrompre en objectant : "Juste le président russe ! "

Ah ! mais que n'avait-elle pas osé là ! Le super-pinardier explosa (enfin c'est une métaphore, car s'il devait exploser il y aurait des dégâts à la maison de la radio !) : " Parce que vous trouvez que c'est un Hitler. Il a fait quoi, des holocaustes ? " Là, il a raison de se mettre en boule, façon barrique, car Poutine est quand même beaucoup plus souriant que l'autre. Bon, oui ça dépend des jours, en tout cas il est moins moustachu. Moins mêchu aussi. Moins méchant, faut voir ! Il les enferme pas lui, les opposants, il les empoisonne. Y a que vraiment dans le cas où le type résisterait aux doses de Novitchok de cheval, qu'il emprisonne. Façon Navalny. Celui-là, le seul suspense qui demeure, c'est pas de savoir s'il va mourir, mais comment et éventuellement quand. Les manifestants assez stupides pour se mêler de politique dans un pays où seul Poutine décide pour tous les autres, on les tabasse. Mais pas qu'un peu. On les terrasse. Et si jamais ils ne trépassent, c'est l'envie de manifester qui leur passe.

Non mais elle va pas bien la Chazal, maintenant ! Où a t-elle vu un dictateur ? C'est quand même pas pour cette histoire d'élections ? Bien sûr, cela fait 21 ans qu'il dirige seul la Russie (les comiques nous diront qu'il y a eu Medvedev). Mais ce n'est pas tellement qu'il soit contre l'idée d'un changement, Poutine. C'est plutôt une affaire de conscience professionnelle. De sens de l’État. Cet homme a acquis la conviction intime et profonde que, pour bien diriger la Russie, il fallait de l'expérience. C'est pourquoi après avoir duré davantage que Brejnev (18 ans), il envisage d'égaler au moins son glorieux aîné, Staline (30 ans) ! C'est dans pas longtemps, 2030. Ça va passer vite. Sauf pour Navalny. Et puis nous on va se faire une de ces fêtes avec Gégé la baleine. L'histoire ne nous dit pas encore s'il y aura Claire Chazal. Faudra la convaincre ! Mais avec Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Mireille Mathieu, la France sera déjà bien représentée...

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.