TA GUEULE L'ABBÉ !

Un évêque quelconque se plaignait hier de ce que l'État français et singulièrement ce gouvernement, favorisait l'émergence de l'athéisme. De quoi s'étouffer lorsqu'on mesure les passe-droits, les connivences dont bénéficie le clergé catholique dans notre pays. Plus on leur accroche de casserole à la soutane et plus on les entend de loin. Logique !

" Je doute, donc je pense, donc je suis." Citation absurde de Descartes, qui comme chacun ne le sais peut-être pas, est le génial inventeur, entre autres, de la belote coinchée et du tarot. Je le préfère d'ailleurs sous cet aspect de moindre notoriété que dans sa production philosophique. Étant entendu qu'il faut respecter tous ceux qui s'essaient à la création. Divine ou pas. J'en connais qui persistent dans l'art quotidien du pamphlet et qui bien souvent tâtonnent.

Tout est parti d'un échange entre gens de belle compagnie sur le net, à propos de l'ultracrepidarianisme (attention c'est trop long pour moi, doit y avoir trois fautes, j'appelle Gabrielle au secours). Il ne s'agit pas seulement d'une des dernières tendances sémantiques ayant pour premier objectif d'en foutre plein la vue et de complexer le populo. Au contraire il dénonce cette nouvelle tendance qu'ont les gens à venir à la télévision pour expliquer doctement tout ce qu'ils ne maîtrisent pas. Non qu'ils soient foncièrement idiots, mais qu'ils évoquent seulement des domaines sur lesquels personne n'a réellement prise. Je suppose que l'expéditeur du message (vide, ce qui fait que je ne peux qu'imaginer son contenu) visait outre les consultants des innombrables chaînes de télévision, M. Macron qui est devenu épidémiologiste. Et pourquoi humaniste ! Ou encore des gens d'églises qui parlent de Dieu !

Mais je devrais me garder de ricaner car si ça se trouve, cela me concerne aussi, moi qui chronique tous les jours à tout propos. A la nuance près que si je noircis pas mal de pages, je ne crois pas un mot de ce que j'écris, qui ne repose sur aucune science, aucun savoir, aucune licence.

Bien ! On a donc le devoir de douter j'en conviens, mais pas de l'existence de Dieu. D'un dieu quelconque non plus. Supercherie (et là il m'en coûte beaucoup de peser ce mot !)

Je baigne dans la philosophie depuis hier et ce qui en émane surtout, c'est un certain mal de tête. La Lecture de Marcel Conche (dont je vais vous reparler sans tarder, tant pis pour vous) vient de me rappeler combien il existe dans les évangiles d'idioties du genre "Aime toi comme ton prochain". Ah oui ! Mais je suis même prêt à l'aimer d'avantage que moi mon prochain et cela ne me coûtera guère. Si c'est un ami - si, si ça existe !-, l'un de mes enfants, mon épouse, un brave type, un pauvre erre. Mais pas si c'est un salaud. Je n'aimerai jamais un prochain qui s'appellerait Tapie. En revanche je peux avoir de la pitié.

Avec Max Guazzini, Mark Zuckerberg et notre président du moment, Bernard Tapie est le type que j'ai le plus détesté de mon univers contemporain. Et pourtant, j'éprouve une totale pitié pour celui qui est enfin devenu un être humain. Je veux dire face à lui même et à sa condition de vieux, de malade, de vulnérable. Car voilà que des plus salauds que lui - en la circonstance - se sont faufilés dans son appartement pour le dépouiller non sans avoir molesté le couple.

Aujourd'hui je n'ai plus d'aversion, de dégoût comme hier, mais de la compassion, de l'indulgence. Comme quoi rien n'est jamais figé et ce n'est plus tant la roue qui tourne que la pendule (C'est pas du Descartes, seulement du Jaco !).
Cela me ramène au sujet que je voulais aborder en ce lundi de Pâques qui ne correspond me semble t-il a aucun fait religieux. Mais dans un pays où les bigoteries demeurent très prégnantes, on a trouvé que cette histoire de résurrection était tellement fun qu'on a décidé de prolonger le plaisir jusqu'au lendemain. Enfin j'espère ne pas dire d'énormités (par lesquelles je serais condamné sans appel pour ultracrepidarianisme) car si j'ai fréquenté de force le catéchisme, je suis parvenu à m'évader avant la communion.

On en reparlera un jour - si je ne suis pas rappelé à Dieu avant -, s'il est un domaine dans lequel je ne doute pas - et c'est probablement le seul avec la faute de ligne que l'arbitre yougoslave signala en faveur de Lendl ce qui déclencha l'ire magistrale et légitime de McEnroe en 1980 à Roland-Garros - c'est de la non-existence de Jésus. Rien ne prouve en effet que le chevelu un peu allumé et probablement sous produits quelconques, ait réellement vécu. Ceci étant j'ai connu moi même un individu en guenille qui vivait à Graulhet (Tarn) sous le nom de Jésus. Et lorsque je remets en cause cette histoire, je ne pense évidemment pas à toutes les balivernes, les fadaises et la mauvaise mythologie dont l'église fut la géniale vectrice. Génie du mal bien sûr, mais génie du fric aussi, lorsqu'on voit ce que cela à pu générer d'or, de dons, d'abandons et de servitudes.
Alors, qu'un connard - excusez-moi j'ai au moins cherché en vain et dix minutes une épithète plus convenable - vienne mépriser les laïcs, ceux qui n'ont jamais égorgé pas plus un protestant qu'un mouton d'ailleurs, ça ne peut pas passer ! Le type ose même prétendre que le gouvernement favorise un État athée. Quand on voit Macron, à tout bout de champ les mains jointes avec sa trogne de bénédictin, tel un enfant de chœur, ça fait bien rigoler. 

Mais il nous a traités de athée ? Ah té ! ça c'est leur truc. Remarquez maman qui croyez - mais qui était une sainte femme et je luis pardonne beaucoup pour ce qu'elle m'a confié de sa bonté - me traitait de païen. Ce qui n'était guère un compliment non plus lorsqu'il sortait de sa bouche ! 

Mais pour en finir je me pose cette simple question : retrouveront-ils un jour un peu de pudeur, ces gens d'église ? Consistant à la fermer, par exemple. Non pas l'église, tu parles qu'elle continue à pisser dru le pognon qu'elle soutire aux pauvres gens et aux riches qui se paient ainsi leur bonne conscience, même s'il parait que les fins de mois sont difficiles chez les cardinaux !

Mais qu'ils la ferment, eux, leur grande gueule de mythomanes indignes et criminels. En évitant par exemple de donner des leçons au nom d'une religion par laquelle tant de crimes ont été commis, par laquelle tant de petits enfants ont perdu leur dignité en même tant que leur virginité. Et pas tous de leur plein gré.

Laissez-là tranquille notre République laïque. Vous n'y avez aucun droit !

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