ÉCHEC ET MASQUES

Quelle que soit l'issue de cette impayable COVID qui nous a mis le monde sens dessus dessous - et dessous c'est pas cher ! - on retiendra incontestablement la performance inouïe de l'état français. Celle-là, on nous l'aurait racontée hors contexte, dans le cadre d'une extrapolation délirante, elle nous aurait tout de même bien fait marrer.

D'abord pas de confinement. Maintien des élections municipales et de tous les événements sportifs et festifs. Lavez-vous seulement les mains. Ensuite panique. Restez chez vous. Pas plus d'un kilomètre. Car cent mètres plus loin le virus vous saute dessus… Et le gendarme aussi. 135 € ! Faut les comprendre, au gouvernement, ils vont donner tellement aux riches pour compenser le manque à gagner, qu'il faut bien faire la poche des pauvres bougres qui ne respectent pas les consignes en bêlant.
De l'argent, le gouvernement il en manque en revanche pour payer décemment les soignants des hôpitaux. Macron a eu une idée de génie, lui qui n'en manque pas - n'est-ce pas ? -. Au lieu de les payer, on va les applaudir. Et tous les benêts frappent dans leur main à 20 heures... tapante !
Les masques. Quels masques ? Ah oui, les masques... Pas utiles. On n'en a pas. Déconfinement. Clusters d'été à volonté. Restaurants et troquets bondés. A la vôtre. Et rebelote. Restez chez vous. Même le sport est interdit. Le petit joueur est hyper dangereux sur son terrain désert. Mais le professionnel du PSG ou du Stade Français, lui il n'est pas contagieux. Sauf pour la connerie. Mais ça tue pas. On a du recul, on en est sûr. Hélas !
Le port du masque, totalement inutile il y a quelques mois, est devenu obligatoire. Même dans les rues désertes. Même en Aveyron. Sinon c'est 135 € (remarquez que ça n'a pas encore augmenté, c'est quand même généreux de la part de l'État). C'est comme le couvre feu. A Currières, en Aubrac faut être rentré à 18 heures. C'est la guerre. Il l'a dit le chef des armées de la start up néchion. Sinon c'est 135 €. Ben oui, on s'excuse... non, on s'excuse pas d'ailleurs ! mais ça dure plus longtemps que prévu et nos amis des banques et des multinationales ils ont un peu de mal à la fin du mois, alors faut bien trouver quelques subsides. Sus aux récalcitrants…
Les tests. Mouais les tests. Fabriqués en Chine. Pas très fiables. On sait jamais, peuvent se tromper. Et puis, voyez on est pas très motivés. Surtout que nos usines tournent à jackpot produisant des millions de masques, faudrait pas que les gens pas malades aient envie de respirer et de voir à quoi ressemble leur voisine. Masque obligatoire. Toujours. Même à Currières.
La solution c'est le vaccin. Tout le monde doit être vacciné. De toute façon c'est obligatoire. Passeport s'il vous plaît. Monsieur votre carnet n'est pas à jour. Mais je n'ai pas trouvé de vaccin. Ah bon ? Circulez alors. Mais que je ne vous y reprenne pas.
Et si demain on choisit de ne pas se faire injecter des saloperies ce sera 135 € aussi je suppose. Si on boit un café sans masque : 135 €. Si on se lave pas les mains : 135 €. Si on lui fait un bisous : 135 €.  La taxe COVID sera même adoptée dans la constitution. Vous allez voir qu'il va finir par se les rembourser ses 400 petits milliards !
A conditions que le vaccin n'arrive pas trop vite. Là ça ne fait que trois mois de retard. De nos jours, c'est quoi trois mois ? Et puis moi ça m'arrange. On n'a vacciné que les vieux. Si jamais ils passent 2021 c'est que probablement l'ARN n'est pas un poison si violent. Parce que cela m'étonnerait qu'on nous pique avant. Enfin les autres, parce que je crois que même plus tard, bien plus tard, je vais encore me défiler. D'abord parce que d'ici quelques mois cela sera classe, vintage même, de mourir de la COVID, alors que là ça reste d'un conventionnel !
Mais enfin on se demande. Les Russes ils l'ont le vaccin, les Indiens aussi, même les Turcs, rendez-vous compte les Turcs. Les Américains ils en ont de plusieurs couleurs. Et nous en Europe rien, On continue à appliquer des cataplasmes d'ail et de graines de moutarde sur le thorax, à égrener quelques chapelets, à sacrifier des poulets, en attendant que Monsieur Pfizer viennent à notre rescousses.
Ah ! Attendez on me glisse dans l'oreillette que si, bien sûr que si, l'Europe l'a, le vaccin. Astrazeneka c'est pas Anglais peut-être ? Ben si ! Mais l'Angleterre n'est plus en Europe. Elle dérive seule vers d'autres horizons. Et pour se donner du courage et surtout se foutre de ceux qui lui prédisaient l'enfer du Brexit, elle se pique à tout va, quitte a frôler l'overdose. Bon, apparemment le vaccin ne fonctionne pas.
Mais enfin si l'on commence à s'arrêter à tous les détails...

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