LA GIFLE EN ATTENDANT LA FESSÉE

Ce président qui a basé toute sa stratégie politique - et machiavélique - sur le "en même temps", mi-chèvre mi-choux, mi-mièvre mi-mou, s'avère le plus clivant de la 5e République, peut-être devant même Sarkozy et c'est une perf ! Mes amis de droite me diront et Hollande alors ?

Ben si ils veulent, mais enfin si Hollande a pu amuser, être raillé et parfois humilié par ses attitudes, sa maladresse, sa poisse aussi, il avait quelque chose d'humain, d'un peu fin et de sain. Je crois d'ailleurs que c'est cela que le plus grand nombre n'avait pas la faculté de saisir. Surtout, excusez du peu, Hollande n'était pas plus à gauche que son avatar Macron...

La gifle est symbolique, mais le climat de radicalisation face à lui et cette moitié de Français qui souhaitent que ça dure - leur petit confort, les vacances en gîte étoilé, leur piscine et leur wolksvagen - est attisé par cette arrogance et ces mains jointes à tout bout de champ. C'est même je vais vous dire, de l'inconscience, de la provocation, une invitation à la haine. C'est la pratique de l'exclusion sociale, du mépris du pauvre et même seulement des humbles !

Car en face il y a des types, ils sont des centaines de milliers,  des Durand, des Dupont, des Ben Saïd qui ne s'en sortent plus et finissent par rallier le Front national et ses idées pourries, plus par dépit que par conviction (surtout le dernier nommé !)

Et puis il y a ceux comme moi, pas les plus nombreux on l'a bien compris, qui ne supportent plus qu'il y ait tant de nantis "satisfaits de leur président" et qui dans leur confort égoïste favorisent la montée de la droite nationaliste et raciste. Un jour ce sont eux les contents d'être contents du soleil, de la mer, et de leur petit nombril, qui vont par leurs idées courtes et leurs dents longues, nous fourguer les lepénistes. A ce rythme-là, il arrivera fatalement un moment où ils seront plus nombreux parce que rejoints par d'autres braves gens désabusés et excédés à la fois... Après la gifle royaliste, se sera la fessée royale.

La "vraie gauche", qu'on la qualifie d'extrême ou seulement de fidèle à ses valeurs, ferait mieux de retrouver l'oreille des milieux populaires plutôt que de faire du gringue à des factions communautaristes et se focaliser sur l'écriture inclusive dont les braves gens sus-cités, qui savent à peine tenir un stylo, ignorent tout. C'est vers cette base-là qu'il faut réapprendre à se tourner, à parler et surtout savoir se faire comprendre. Sans quoi il y aura encore pas mal de gifles pour la gauche et elles n'en seront pas moins cinglantes.   

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.