UN RÉGIME DE DETTES, C'EST BON POUR LE TRANSIT !

Ça y est je suis devenu un as en économie. Même si j'ai toujours eu la conviction que les hommes d'argent étaient des imbéciles doublés de sombres salauds qui affament le monde, je m'y suis mis. Franchement je pensais que c'était plus compliqué que ça ! J'étais même passé par la pharmacie pour me prendre un peu d'aspirine dés fois que... mais non !

Le tube est encore entier dans son emballage. Je vais tout de même le garder dès fois que cela deviendrait aussi rare que le vaccin anti-COVID. Au passage je m'étonne que le gouvernement ne fasse pas mieux face dans un pays où 60 % des gens n'en veulent pas ! Imaginez ce que cela aurait pu donner d'émeutes et de piétinements si nous avions tous été dans les startings blocks pour nous jeter sur les piqûres. Non, nous ce qu'on préfère c'est Épicure et pi c'est tout ! 

Donc, il ne m'a pas fallu plus d'une heure de lecture pour atteindre - ou avoisiner restons modeste ! - un niveau de doctorat en économie. Peut-être pas remplacer Le Maire de suite, mais l'adjoint... au maire sûrement. J'ai trouvé tout ça dans Capital. Mais non ! pas LE Capital. L’œuvre de Marx, cela fait bien longtemps que je me la suis ingurgitée, c'était copieux mais au moins ça donnait pas envie de dégueuler. Tandis que Capital... Remarquez ce sont aussi des Allemands qui le commettent. Eux ce sont Mohn et Bertelsmann. Font pas dans l'humanisme les types !

Mais enfin pour le coup, dans cet article du numéro de décembre j'ai tout compris. La France va bientôt atteindre les 120 % de dette par rapport à ce qu'elle génère comme argent et elle n'a pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin. Alors que certains de nos compatriotes ont voté pour des parangon de vertu financière, des experts dont le premier d'entre eux, Macron et tous ses amis de droite, voici que l'on se met à dépenser à tout va. Mais alors jusqu'au va-tout ! Et où va-t-on ? Sur le dos de cette brave COVID qui légitime toutes les folies budgétaires, les largesses outrancières et peut-être, je dis bien peut-être, légèrement électoralistes... 

Et l'on fustige le petit couple qui se surendette à 33 % de ses revenus parce que le monsieur attendait la sortie du nouvel iPhone et que la dame avait absolument besoin de l'automate de cuisine qui taille les frites au millimètre et mitonne le mironton dans deux bacs superposés et connectés. Bref de braves gens qui ont tout compris et qui vont à l'essentiel. 

Mais les gouvernants qui n'ont pourtant plus un radis, que font-ils ? Et bien au lieu de rappeler à tout le monde et notamment à ceux qui ont voté pour eux, qu'ils peuvent bien se passer de changer de voiture, de résidence secondaire, d'objet connecté et de restaurant d'altitude à Courchevel, ils balancent à tort à travers des milliards. Non à ceux qui en ont le plus besoin, c'est pas la question de manger ! Mais à ceux qui en ont tellement, qu'ils ne peuvent absolument plus s'en passer. 
Vous n'avez pas de cœur ou quoi ? Vous ne savez pas vous, ce que c'est, d'un coup, de ne plus gagner des milliers d'euros à la fourche et d'engranger, d'engranger et d'engranger ? C'est grisant et lorsque cela s'arrête, bonjour la déprime. Que dis-je la dépression. Pareil pour le sport. Il est avéré que les footballeurs pour ne prendre qu'eux, ne servent strictement et j'ajouterai tristement, à rien. On aurait même pu envisager que cette crise sanitaire remette les idées en place et que l'on arrête ces mascarades de stade, ces jeux, ce cirque d'un autre âge... Vous vous rendez compte le pognon qu'on aurait pu mettre à gauche ! Quand je dis à gauche, c'est dans l'humain, l'humanitaire, les ONG, l'action sociale, l'accueil... Pour qu'un gamin qui ne pourrait plus jouer au foot - par exemple - et donc ne fasse finalement rien d'autres, puisse tout de même manger, s'habiller et même soyons fous...se cultiver.

Mais non, l'état doit aimer le sport. Et il subventionne à tort et à travers des clubs qui continuent à s'engraisser à l'arrêt... Je ne vous parle même pas, pour ne pas m'énerver, des industries automobiles, aéronautiques, téléphoniques et nique - nique... 

Voilà donc pour le constat, mais voici l'explication. Il existe depuis quelques années un bonne fée à la baguette ouverte. Elle s'appelle de son petit nom : BCE. C'est mignon. On peut aussi l'appeler Christine Lagarde. Et si vous voulez, cette Lagarde là n'a ni l'intention de se rendre, ni moins encore de mourir. Reposant entièrement sur du vent, elle régule au doigt mouillé. Et elle a ses chouchous. 

On se souvient que la Grèce n'en faisait pas partie. Des chouchous. Vu qu'elle avait dépassé le plafond d'endettement intérieur, on lui serra le quiqui si fort que beaucoup en ont crevé. Baisse des salaires, non paiement des retraites, mise en faillite de modestes boutiquiers... Une guerre économique dévastatrice ! Cataclysmique. Oui mais eux n'avaient aucune bonne raison de faire le cons avec le pognon. Z'avaient qu'à chopper la COVID. 

Or donc, je suis sûr que vous avez compris. Chaque fois que Macron aide ses petits copains libéraux - ceux qui condamnaient avec éloquence et suffisance l'assistanat et les services publics - à coup de milliards, c'est la Banque centrale européenne qui rachète la dette. Elle aime ça Lagarde, elle ne se nourrit même plus que de régime de dettes. Il parait que c'est bon pour le transit…

De toute façon tout cet argent factice, inventé, tiré au kilomètre, on le remboursera pas. Et si jamais les règles changent, si l'on reparle de règle d'or par exemple et bien ce sont les futures générations qui se démerderont. 

Et en faisant de tels progrès en maîtrise économique j'ai réalisé combien le père de famille qui tue femme et enfants parce qu'il n'a plus un rond, l'agriculteur qui se pend dans son étable car il ne peut plus payer, n'avaient eux, absolument rien compris... 

S'il le faut, ils n'avaient même pas le 06 de Christine Lagarde.

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