UN GOUVERNEMENT ULTRA-LIBERTIN

Le déconfinement et le découvre feu se mettent doucement en place au grand soulagement des fêtards notamment qui s'emmerdent chez eux et dans l'entre soi familial. Si les adeptes des boites de nuit déchantent eux qui comptaient se faire casser les oreilles illico, ce sont les partouzeurs, échangistes de la bonne société qui exultent

Nous sommes bien d'accord que le casting qui a permis à Castex de prendre Matignon, reposait exclusivement sur le potentiel comique de l'impétrant. Et c'est là que l'on constate à quel point Macron dispose d'un sacré réseau d' informateurs, car il fallait aller le dénicher celui là !  Toutefois même à l'Élysée on doit encore s'étonner des ressources exceptionnelles de "Jeannot la déconne".

Vous me direz, d'accord mais n'exagère pas non plus ! Car il est vrai qu'il ne conçoit pas toutes ses blagues en solo. Ce n'est pas possible. Même Fernand Raynaud et Raymond Devos faisaient parfois appel à des collaborateurs extérieurs. Castex lui, il peut puiser dans les notes des Conseils scientifique et de défense, du comité d'éthique et de l'almanach Vermot.

Dès l'hiver, il avait surclassé son prédécesseur Édouard, dont le sketch sur l'inutilité des masques suivi de près par l'obligation de porter le masque, avait fait un tabac en tournée mondiale. La tentative de récidive avec les tests était ensuite un peu tombée à plat. Et puis Édouard n'était que le leader du groupe des trois barbus, où l'on retrouvait Sibeth et Casta. Tandis que lorsque Jeannot se lança dans ses tirades qui figureront un jour dans la Pléiade et notamment l'ouverture des stations de ski sans remontées mécaniques ni bar-restaurants, nous avons tous ressentis l'intensité comique forçant le respect. Il semblait que rien ne pourrait jamais égaler, moins encore supplanter, une telle énormité.

Et pourtant... C'est mon frère aîné, plus assidu aux infos qui me révéla celle qui va forcément franchir une barre qui à dû être fixée par Thomas Pesquet lors de son ascension vers l'ISS. On pensait qu'il n'avait embarqué dans la fusée que pour prendre de jolies photos, mais non. Y avait aussi la barre à placer encore plus haut.

J'aime bien mon frère et je fais confiance à son décryptage de l'information. Mais j'avais besoin de confirmation. Je suis tombé sur 20 minutes. Cela me suffisait, pas besoin non plus d'y passer une heure. Il semblerait qu'elle fut franchie dès le premier essai, la barre. Lorsque avec cette solennité d'adjoint au maire de village, Castex les gros sabots annonça que les clubs libertins rouvriraient normalement le 19 mai, tandis que les discothèques devraient encore attendre... Du coup, même lorsqu'il annonça triomphalement la réouverture des remontées mécaniques alors qu'il n'y a plus de neige que sur le face nord du Mont-Blanc, on a oublié d'en rire ! On avait bloqué. On se regardait tous, abasourdi. Enfin au moins ceux qui savent ce qu'est un club libertin. Ceux qui ne confondent pas avec les réunions de pervers libéraux dont le but est de niquer la collectivité - on appelle ça des think tank.

Non les clubs libertins, désolés pour ceux à qui je vais l'apprendre, ce sont des open space où des hommes, des femmes le plus souvent en couple - mais pas obligatoirement - viennent forniquer éventuellement sous l'emprise de quelques produits plus ou moins licites. Si bien qu'une fois l'inhibition et les vêtements levés, tout le monde s'envoie en l'air et s'enfile allègrement sans distinction de race ni de taille (de sexe). Toutefois, aurait pu préciser le premier comique : " la jauge sera limitée à cinquante pour cent..."

Ce qui peut s'avérer frustrant pour les gros niqueurs avides de partouzes et les gourmandes adeptes du gang bang. Le port du masque pendant les cunilingus exige une technique éprouvée car il peut vite s'avérer embarrassant, même s'il peut donner l'envie à de nouveaux couples de se lancer vu que l'anonymat y est mieux assuré.

C'est bien embêtant ça, mais ce n'est rien comparé aux boites de nuit qui, plus d'un an après la nouvelle maladie à la mode, font toujours ceinture. A fermer les discothèques il aurait fallu peut-être s'y prendre au temps du SIDA qui en a fait tomber des jeunes ! Mais c'est à croire que ce n'était pas une maladie présentable et qu'il y avait peut-être trop de jeunes...

Et puis on aura sûrement mal renseigné mystère Castex, parce que dans ces endroits aussi on s'accouple à satiété, à tort et à travers, à l'endroit et à l'envers, toute en absorbant et en humant n'importe quoi. Donc à la limite ils auraient pu au moins ouvrir les salles annexes et autres toilettes des discothèques, en interdisant seulement la musique. Cela n'aurait pas été foncièrement différent des stations de ski sans remontées.

Un esprit mal placé m'a suggéré que l'on rouvrait d'urgence les clubs libertins car des gens haut-placés et même des élus, assidus de ces lieux licencieux, étaient en manque. Finalement c'est gentil à eux d'en faire profiter tout le monde, car ils auraient pu se contenter d'aménager le sous-sol du palais du Luxembourg, en galerie de glaces, avec sofas moelleux, lits sphériques rotatifs, draps de soie, balancelles sexuelles et tout ce qui dépasse vos pauvres imaginations...

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