QUAND L214 S'ENGRAISSE

Avec leurs conneries, les Vegan, ou végans ou véganes, c'est déjà tout un problème de l'écrire et de le dire, les antispécistes, c'est aussi tout un problème de les comprendre, vont nous conduire au suicide collectif, ce qui arrive souvent autour des sectes. Parce que bouffer des molécules et du jus de betterave et traverser le pays sans humer la moindre bouse de vache, ce n'est plus une vie.

Bon, promis, on ne parle pas de la mort aujourd'hui. En tout cas chez les hommes. Car il va être question de condition animale et de repas de fête. Et oui, finalement va y en avoir, des victimes. A plumes et à poils. Que voulez vous, je suis victime - moi aussi - de mes mauvaises fréquentations pas toujours inter...nette. Et encore je ne suis sur aucun réso-socio, sans quoi j'vous dis pas les dégâts ! C'est la faute à JCR du Var, qui m'a envoyé un article du Point.fr. Mais enfin si je vous en parle et qu'il est dans mon réso d'amis à moi, c'est qu'il est pas si con. Ça me coûte d'avouer ça, car c'est un ancien flic. Et puis pas qu'un peu. Un CRS. Quand il s'ennuie, il remet son casque, sa combinaison bleue nuit, il baisse la visière, avance en rang serré et matraque tout ce qui se présente devant lui. Après avoir tout de même vérifié que son épouse ne manifestait pas dans le coin... Tant que j'en suis aux confessions, j'ai aussi un petit cousin que j'aime bien, dans la gendarmerie. Et mon propre fils - l'aînée - dans la flicaille municipale. Ouais, pas besoin de rire tous autant que vous êtes, vous ne savez absolument pas ce que la vie vous réserve ! 

Je pense qu'on votera pas pareil en 2022, ni même avant aux "cantonales" mais nous avons - outre le rugby - quelques préoccupations communes et je dirais prioritaires : ce qu'on mange. D'ailleurs vous n'avez qu'à le voir, mon J.C. du Brusc, pour vous rendre compte qu'il ne se tape pas que des manifestants faméliques ! La viande, l'aligot et tout ce qui est beau, bon et qui fait ventre, c'est aussi sa passion. Que nous partagerons sans doute sur ma montagne, en prenant soin d'éviter les sujets qui fâchent. Par exemple, on parlera vache ! Mais non pas "mort aux vaches"...

Il m'envoie donc cette enquête du Point sur les agissements, le mécanisme de la fameuse association de tristes sires L214 et me demande ce que j'en pense ! Ce que j'en pense mon pauvre JC, c'est que c'est toujours une histoire de poulets ! Encore plus maltraités que les tiens. Car ils ont raison les activistes antispécistes. Il se passe dans certains élevages - nous étions il n'y a pas si longtemps avec les pauvres mille vaches de la Somme - des comportements parfaitement abjects et inhumains, si j'osais la provocation, j'écrirais ... bestiaux ! Moi j'ai trois poules qui se baladent sur 40 mètres carrés, bouffent du grain, de l'herbe et j'ai l'impression qu'elles n'en ont jamais assez - faudrait voir si c'est pas un coup de la CGT -. Alors j'imagine ces 10 bestioles serrées en cages et incapables de faire quatre pas, dont le seul plaisir et de se casser le cul à pondre tours les jours, avant d'être coupées en petits carrés et frites en nuggets pour les petits cons qui bouffent encore chez McDonald... Euh, excusez-moi, j'ai failli m'emporter ! Et c'est partout pareil dans les Alpes avec les cailles, en Sologne avec les lapins, en Armorique avec les cochons... Bourrés de farines pourries, de pesticides, d'antibiotiques. Et par qui ? Par qui ? Ben par les libéraux pardi ! Ceux qui se lèvent le matin en se demandant comment ils vont faire plus de pognon et vendre, vendre, vendre... 

Des salauds de cette espèce, y en a pas que dans les start up néchion, dans les boutiques et restaurants de luxe, y en a aussi dans nos campagnes. D'ailleurs des Jean de Florette qui voulaient vivre en proposant quatre lapins et quelques bouquets d’œillets au marché d'Aubagne, y en a plus. Tout comme les premiers qui ont pensé qu'une production biologique, équitable, n'empêcherait pas la terre, ni les multinationale de tourner. On les a tous laissé se crever et dépérir, ils ne servaient à rien dans le système productiviste et mondialisé. Des merdes pour le dire un peu crûment. Susceptibles même d'instiller de mauvaises idées dans des esprits fragiles... On dit qu'avec la COVID et le monde d'après, ils vont la réinvestir notre bonne vieille terre les petits jeunes. Et que le vieux slogan "gardarem lou Larzac" ne serait par mort pour rien. Je demande à voir…

Car en face cette industrie agro-alimentaire et cette barbarie, il y a d'autres intérêts qui se nichent en embuscade et prospèrent. Ceux qui profitent de l'émotion suscitée par des images souvent focalisées ou parcellaires et en tout cas très orientées par le pouvoir médiatique, pour se lancer dans un business alternatif extraordinaire, juteux et abject. Nuit et jour dans leurs labos et bientôt sur les chaînes de production, ils nous fabriquent de la viande à base de protéines végétales, des rôtis cellulaires, des ris de veau moléculaires. 

Et les illuminés de L214 applaudissent et s'esbaudissent. Fini les animaux d'élevage, le sang qui coule. On va enfin pouvoir être tous égaux devant l'assiette. Tristes, pâles et maigrichons. Une belle tranche de tofu, arrosé d'un bon jus de betterave - ben quoi c'est rouge et ça ne conduit pas à écrire ou dire n'importe quoi à la fin du repas - et au lit. D'ailleurs pourquoi se mettre à table ? Il y aura bientôt à grand frais, des petites pilules de repas complet. 

Mais rassurons-nous, il y aura toujours des gens pour se remplir les poches - que font-ils de tout cet argent s'il ne bouffent que des graines ? - . Je lis dans la même enquête que L214 a engrangé la modique somme de 8 millions et demi d'euros pour la seule année 2019, entièrement défiscalisée, ce qui représente un manque à gagné pour l'état, pour vous et moi, de plus de 4 millions !

Le grand capital n'est donc plus très loin. Voici le RIP (sans rapport avec le référendum). Une association soucieuse également de bien-être animal. Décidément ça les préoccupe plus que les nôtres au Darfour ou au Cambodge ! C'est la sœur et l'ancienne épouse de Xavier Niel qui en ont déposé les statuts. Or le patron de Free - sur lequel je vomis mon dîner de tofu - investit actuellement à fond dans les entreprises de distribution et de consommation à forte responsabilité sociale et environnementale ! Hi,hi, hi... Ça ne ne vous fait pas rire, vous ? Ah, si ! Hi,hi, hi…

Oui parce que si on ne rit pas, on se flingue direct et on demande à être assisté... Oui bon j'avais promis, mais avouez que là y aurait de quoi ! Alors, pour conclure, car il faut bien conclure - on pourrait deviser, s'indigner et se faire mal pendant des heures - le fait que Niel du joli monde de la Macronie, se paie notre tête, qu'il investisse actuellement à fond dans une start up dont l'objectif est de faire avaler des nuggets et des steaks végétaux à nos gamins, après tout ils n'auront que ce qu'il mérite. 

Mais ce qui est insupportable, c'est l'idée que nous pourrions traverser nos campagnes sans ne jamais plus croiser une vache, un mouton, dans un décor de friches détestables sans autre vie que celles des parasites. Tout cela parce qu'une bande d'allumés, une secte en somme, aurait décrété toute seule que la poule au pot, le lapin chasseur et le tournedos Rossini constituaient un crime contre l'animalité. Passible du tribunal international de la haine.

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