2022, An commun : d'abord débrancher Mélenchon

Tenez-vous bien ! je viens encore de signer un appel à l'union des gauches. Comme Roland à Roncevaux soufflant en vain dans son olifant,  je m'expose à m'en faire péter les carotides. Après Arc-en-ciel, après Initiative commune, après Big-bang, après Se Fédérer, je viens de soutenir la pétition : 2022 en commun.

Je vous éclaire un peu, si je peux ! Arc-en-ciel c'était une émanation de verts foncés et de rouges vifs, des écolos un peu chaud et des Insoumis pas si soumis à leur leader maximal. Initiative commune sortait des tuyaux d'eau tiède d'un PS moins libéral que la ligne Hollande-Valls mais pas jusqu'à Hamon non plus et aux gentils verdoyants. Big-bang là, c'était tout de même plus parlant. Ça pétait bien y compris dans les rangs des Insoumis où Clémentine Autain et la communiste bien nommée Elsa Faucillon (sans le marton) proposaient de sortir de la chapelle Mélenchonâtre. Était-ce bien nécessaire !? Enfin Se fédérer - celui qui avait ma préférence, autant dire qu'il était cuit d'avance ! -. Il s'agissait d'une exhumation de la gauche trotskiste et prudhonienne -c’est-à-dire imprudente -, se proposant de détricoter cette société fétide et de retisser un monde de partage, de concorde, sans frontière, ni privilège. Je vous la fais courte mais bonne puisque c'était donc la mienne. 
Ils ont tous eu ma signature, mais pas mon pognon. C'est pas que je le compte, mais avec ma retraite vaut quand même mieux que j'y aille mollo. Bref je donnerai sans doute, lorsque je l'aurai choisi, car mon candidat n'aura sûrement pas les industriels de la pharmacie, des pesticides et de la 5G derrière lui et plus on sera de fous désargentés, plus on aura de chances de quitter ce monde désenchanté... Sinon pour un grand soir, au moins pour un matin où l'on serait déjà heureux de se lever ! Pas si mal, non ?
Il est établi que la crise économique et sociale majeure qui se profile est moins l'avatar de la COVID 19 que des politiques néolibérales (et néonicotinoïdes) menées en France et un peu partout en Europe. Faut-il seulement rajouter qu'il découle de cette recherche obstinée de croissance, d’exploitation, de profit et de richesse, une faillite climatique dont nous allons payer le prix lourd, extravagant. Et cela a déjà commencé, sans réellement ramener à la raison les fanatiques du pétrole, de la grosse bagnole, des glissades aux Deux-Alpes et des baignades à Bali. 
Alors, moi qui sais m'indigner mais qui ne déteste par être câliné lorsqu'on me propose un programme : " Plaçant la solidarité et la coopération au centre (des préoccupations) là où le néolibéralisme a fait triompher la concurrence, l’oppression et l’exploitation " je ronronne comme un chaton de l'année autour des jambes de l'auteur de ces caresses - pardon ! - de ce manifeste et des signataires dont je suis d'ailleurs. Pas dans le 1000 premiers - je ne suis pas assez important - mais dans les suivants qui seront des dizaines, non des centaines de milliers. Sans quoi une fois encore cela n'aboutira à rien d'autres qu'à l'éclatement de ces vocations rassembleuses, mues en querelles de boutiquiers insoumis, écolos, Hamonistes, Hildalguiens, Poutounet et j'en passe pour qui je n'en pince pas.
Car il est bien entendu que, tant que des Le Foll, Cazeneuve et autres vestiges du quinquennat horribilis hollandus se mêleront des négociations, tout projet d'union demeure inaudible auprès des gens de gauche. Et c'est à croire que s'ils n'ont pas rejoint leur niche centriste portant à droite en compagnie de le Drian, le Véran et le Dussopt, c'est juste pour ronger l'os du PS et empêcher son retour dans son bercail initial. Je ne sais que penser d'Olivier Faure ! Ce qui me gêne c'est qu'il porte le prénom de Véran et le nom d'Edgard ! Mais trêve d'enfantillage. Si avec Hidalgo, Aubry, Taubira, les bonnes femmes du parti socialiste et quelques rares mecs, veulent faire 2022 en commun, c'est bien volontiers. D'autant que si l'on fait se prononcer tous les signataires de cet appel des 1000, ceux qui verseraient une somme substantielle donnant accès à un vote de bonne foi et de bon aloi économique, rien ne dit que la bonne maire de Paris ou la Passionaria guyannaise ne remporteraient pas la primaire ! Après tout…
Bon je vous entends. Je vous entends fort. Je vous entends tous. Et Mélenchon alors ? Ben c'est simple, il vient de lancer une consultation auprès de "ses" insoumis afin de savoir ce qu'ils pensent de sa candidature 2022. Ce qu'ils en pensent ou devraient en penser, c'est qu'il est cramé, le chef. Pas qu'on ne l'aime pas, non nous ça va encore, mais les Français eux, ces cons qui sont tout de même ceux qui décident, ils ne le supportent plus ! Alors pour entretenir le plus infime espoir d'avenir en commun, le camarade doit se résoudre à passer la main. Soutenir celle ou celui qui incarne le mieux, à son estime, la ligne qu'il a courageusement et parfois joliment tracée. Plus tard, on l'imagine bien participer aux Etats généraux fondateurs d'une sixième République qui redonne un peu de sens et de sang neuf à cette démocratie étouffée par la monarchie présidentielle. 
On n'en peut plus, on en veut plus de ces hommes providentiels, qu'ils se nomment Macron ou... Mélenchon ! 
En résumé, ne reste plus qu'à espérer qu'en 2022 on ne chantera pas : Adieu les 1000 on vous aimait bien...

Vous pouvez soutenir cette initiative fondatrice et fondamentale en allant sur : 

http://2022encommun.wesign.it/fr

Et sur mon blog :

https://leblognotedejaco.blogspot.com/

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