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Billet de blog 17 mars 2021

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CASTEX BIENTÔT NOMINÉ AUX CÉSARS

Le premier ministre réalise un numéro d'acteur, de second rôle certes, mais qu'il serait injuste de ne pas saluer. Il est du reste l'un des rares à encore se produire sur les différentes scènes, même si c'est tout de même à la télé qu'il réalise ses plus impressionnantes prestations. A vérifier encore ce soir, sur toutes les bonne chaînes libres...

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Gabriel Attal, un mignon garçonnet, premier de cordée macronienne, l'a annoncé hier, son idole, sa majesté présidentielle, a tranché. Elle a sûrement tranché comme toujours, dans le vide et l'incongruité. Mais au lieu de cracher la pastille et d'annoncer tout de go que tout va rouvrir dès ce week-end, restos et cinoches compris - à moins que ce ne soit exactement le contraire -, le porte-parole révèle que c'est Jean Castex qui va répandre la pensée présidentielle. Ce jeudi. Quel suspense !

Parce que je sais pas si vous avez remarqué, cette équipe une fois que nous l'aurons renvoyée là où nous n'aurions jamais dû aller la chercher, pourrait très bien se lancer dans la production de séries Netflix. C'est vraiment de leur niveau... Les scénarios sont à deux balles, les textes pauvres et sans âmes, les effets spécieux vieux comme l'ancien monde, la musique toujours la même et les personnages beaucoup trop apprêtés pour paraître crédibles. Aucun, c'est vite vu, ne connaît la vrai vie. Toutefois il est une exception que je me plais à saluer : Jean Castex. Si, si, depuis Charles Gérard, Robert Dalban et Jean Lefébvre, je n'ai plus vu un acteur de second rang tenir avec tant de brio et de conviction, le rôle.

D'abord dans la comédie il faut avoir une gueule. Soit très belle, genre Clooney - le nouveau compagnon de Macronique - Terence Hill, Humphrey Bogard, ou alors à l'inverse très ingrate, Groucho Marx, Sean Penn, Jack Palance. Et le premier ministre possède tout cela, cette façon d'être ridicule sans jamais se démonter, capable de se contredire dans la même phrase sans pour autant bafouiller, recevoir une tarte à la crème et poursuivre sa tirade imperturbablement.
Hulot ! J'allais oublier Hulot. C'est à Hulot qu'il ressemble. Quoi Nicolas ? Quel Nicolas ? Ah ! Nicolas Hulot ! oui mais non, pas çuis-là. L'autre Monsieur Hulot. Des Vacances, de Play Time, Jour de Fête, Les Temps modernes (clin d'oeil), etc...

Cette façon de jeter sa besace de facteur et de tourner sur lui-même en faisant "hélicoptère", cette confusion permanente dans les propos, cet art de s'agacer sur un mot, c'est lui, c'est Jean. Faut qu'il le sache à tout prix. Quant la farce de Matignon prendra fin, il faudra voir avec la famille, les ayants-droits de Jacques Tati pour entamer la reconstitution de l'oeuvre à travers une version moderne. Oui parce que les films remastérisés, colorisés c'est bien, mais rien ne vaut le neuf. D'ailleurs Daniel Auteuil qui a fait fortune en repiquant tout Marcel Pagnol, pourrait superviser la réalisation.

Alors vous voyez bien, vous qui n'avez de cesse de critiquer le bilan présidentiel. De bonnes choses ont été faites. Notamment en ces temps de grandes sinistroses où l'art moderne et le homard thermidor croupissent dans les théâtres et les frigos, cette petite distraction régulière est du meilleur aloi. Jamais dans la cinquième République, à part peut-être avec Jean-Claude Raffarin (Pierre ? bon d'accord Jean-Pierre), nous n'avions applaudi, debout sur nos chaises, de telles prestations.

Je vais même prendre des risques en prophétisant que nous n'aurons probablement plus jamais l'équivalent en France et qu'il va beaucoup nous manquer. Mais ça, je le concède aisément, c'est mon côté nostalgique et pessimiste. Toujours est-il que Monsieur Macron qui a vite compris qu'il ne serait jamais aussi pétulant et pittoresque que son second, a su s'effacer avec cette humilité bouleversante et chevaleresque que nous lui connaissons bien. Si je peux me permettre une légère critique, un infime bémol à peine perceptible dans cette prodigieuse symphonie, il me semble que nos télés zélées et cauteleuses, devraient mettre davantage le paquet et même le cœur sur les teasers. Oui, c'est un peu mou tout ça et prive sûrement ce grand artiste d'une audience phénoménale. Quelques spots incisifs de vingt secondes chacun, diffusés à longueur d'antenne permettraient au rendez-vous du jeudi à 18 heures et à l'étoile montante, de pulvériser les records d'audience toujours détenus par la Coupe du monde 98, la Grande vadrouille, le 20 heures de TF1 et jugement de Salomon.

Sur fond musical de la marche des galériens d'Hector Berlioz, nous pourrions voir surgir d'un tourbillon de lumière le visage de Jeannot en clair-obscur, clamant haut et fort : " A ce stade et en l'état de nos certitudes, il est clair que nous devons avoir la sagesse d'anticiper autant que possible une profonde réflexion... "

Et même le maître, jusque-là incontesté, Louis de Funés serait ainsi surclassé.

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