SANS COMMUNE MESURE (Cri du cœur !)

Que reste-t-il du combat des artisans, ouvriers, paysans qui après avoir souffert de l'occupation allemande et de la capitulation de la droite politique, militaire et religieuse se fédérèrent ? Et qui le 18 mars 1871 s'insurgèrent pour mettre fin à la famine, à l'humiliation des petites gens, par une caste qui renaissait des cendres de la Révolution de 89 ? Il reste Macron et un peuple soumis

Arrêtez-moi si je dis une bêtise mais je n'ai pas la sensation que les 150 ans de La Commune de Paris (21 mars 1871) fassent la "une" des médias, déchaînent les passions, réveillent d'une quelconque manière les consciences d'un peuple assoupi et si vous me permettez, abruti. Et puis obnubilé tout de même par sa petite santé et cette Covid qui à défaut de faire beaucoup de victimes, fait beaucoup parler, ça tremblote de toute sa faiblesse dans son coin. Pendant ce temps on ne réfléchit pas. Et c'est bien à cela que M. Macron, notre Adolphe Thiers moderne, est le plus attaché. A ce que le peuple se fasse pipi dessus tout en rêvant, aussi sec, de gravir les échelons, peut-être même les cordées.

Et pendant que M. Castex faisait un carton d'audience sur Béééé FM, CNiouze et tous les télé-valets de sa majesté, la pôvre mme Hidalgo devait se sentir bien seule dans les courants d'air du square Louise Michel, pour la célébration de la dernière révolution républicaine réprimée dans la fureur et le sang par la droite monarchiste et catholique. Ceux dont descendent, je suis désolé de le préciser, la plupart des "bobos" qui soutiennent la maire de Paris plus par snobisme que par convictions humanistes. D'ailleurs en a-t-elle tant que ça des convictions, la maire de Paris ? Moins, nettement moins, que des ambitions !

Si vous êtes là, ce n'est probablement pas vous que j'aurais à convaincre. L'ennui c'est que les autres n'en ont cure (et les autres, ça fait du monde !). Eux qui sont capables de mettre beaucoup de pognon dans des voitures allemandes, ils s'en foutent bien, après tout, que des gens affamés par la guerre de 1870 et le siège de Paris, se soient révoltés contre la capitulation des traîtres Napoléon III, Thiers et McMahon, face à Bismarck - qui s'appelait déjà Otto !!! - 

Ils s'en contrefoutent même que, désireux de sortir d'une infinie misère, des travailleurs, leurs ancêtres, se soient fédérés pour obtenir la fin des corvées de nuit, de l'esclavage des enfants et des femmes, de l'exploitation de l'homme par l'homme. De toute façon, alors qu'il y avait la moitié de la population ouvrière et artisane au XIXe siècle, il n'y a plus à Paris que de gros bourgeois affairistes ou rentiers.

Donc, sentant le brûlé, les lâches et leur chef Thiers partirent se planquer à Versailles (là où Macron se sent si bien !). Ce dont profitèrent les communards dont l'histoire à peu retenu les noms car ils n'avaient pas pour vocation de détenir le pouvoir et la notoriété, mais de les partager. Ils s'appelaient Jules Valés, Benoît Malon, Gustave Courbet, Charles Delescluze, Louis Rossel... Et Louise Michel quand même ! Dont l'histoire a retenu principalement son combat pour l'émancipation féminine, mais qui le mena fermement dans la parfaite ligne communarde.

Quatre jours après l'insurrection du 18 mars, le Comité central énonce que « les membres de l'assemblée municipale, sans cesse contrôlés, surveillés, discutés par l'opinion, sont révocables, comptables et responsables ». Il s'agit d'une démocratie directe reposant sur une citoyenneté active, renouant avec l'esprit de la constitution de 1793 qui fait du droit à l'insurrection « le plus sacré des droits et le plus imprescriptible des devoirs ».

Cette révolution que nous appelons puissamment de nos vœux aujourd'hui avec une Sixième République ou une Première Populaire, semblait fondamentalement en place et n'aurait pas tardé à s'organiser à travers tout le pays, si la volonté du peuple avait été admise et que la violence inouïe des Versaillais ne s'était pas déchaînée contre la justice et la fraternité des hommes.

Mais il y a de la Commune bien des choses, d'une actualité cruelle, à remettre à flot, tandis que flotte le drapeau rouge au vent des libertés. Outre évidemment l'égalité des salaires et des vies entre les être humains, ce combat de base dont on se demande comment il peut encore échouer par le renoncement et la faiblesse, comporte quelques grandes idées comme la prédominance des communes sur toute autre organisation politique et territoriale. C'est de la commune, dans la plus parfaite collégialité que doit s'articuler, par sa proximité avec les citoyens, le fonctionnement démocratique. La commune et l'internationalisme. Qui veut que tout habitant de la cité soit admis d'où qu'il vienne comme membre de la communauté à part entière, aussi bien par le vote, le mandat, que la fonction.

Alors oui, camarades, croyez-le une révolution (peut-être un peu plus pacifique !) sur le modèle de la Commune, reste notre meilleure perspective. Même si, par le constat que personne ne la commémore et que tout le monde s'en fout, il reste un peu de chemin à parcourir.
Mais à cœur vaillant ...

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Et si l'on chantait la Commune

 Tenez, je vous mets en lien quelques chefs d’œuvres culturels de la Commune. Car sans parler des sublimes textes de Rimbaud, Hugo, Zola, elle inspira de grandes chansons dont la plus emblématique n'est autre que l'Internationale d'Eugène Pottier l'un des grands militants tout comme Jean-Baptiste Clément et " Le temps des cerises ".

Et puis évidemment notre Jean Ferrat ...

L'internationale https://youtu.be/mhZ8rPHezas

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Jean Misère : https://youtu.be/bMhU-AV9oR4

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La commune n'est pas morte : https://youtu.be/44Q1ZnoES40

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Le temps des cerises : https://youtu.be/yRbnlJuLFAs

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La commune : https://youtu.be/O7rdE5HH5tM

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