UNE DESCENTE DE ROUGE

Un businessman important du tourisme vient de déclarer que l'ouverture des stations de ski était une question de survie pour la montagne. Ben mince alors ! J'étais en train de me dire que c'était une chance extraordinaire pour elle, la biodiversité, l'air et le décor. On ne doit pas parler de la même. La sienne est celle qu'il s'est approprié pour faire du fric comme en toutes choses...

Je n'aime pas trop Macron - peut-être l'aviez vous observé - et sa bande de marcheurs opportunistes, hypocrites et dépourvus de cette foi qui, quelle qu'en soit la nature, renverse les montagnes. Vous me direz qu'il en a renversé une de fameuse, lui en 2017. Mais enfin ce n'est pas de la foi en soi dont je parle, elle ne peut susciter à mon estime, que du mépris ! Il m'arrive toutefois, à l'occasion, de pointer une convergence. 
Voilà-t'y-pas qu'il a décidé d'emmerder les cons ! Vous savez qu'ils sont ultra-majoritaires et c'est d'ailleurs très étonnant que ce président, populiste du centre, prenne le risque de se les mettre à dos. Je ne parle pas des cons en haillons fort nombreux également et dont je ne dois pas être tellement éloigné, mais de ceux en combinaison Salomon. Vous les connaissez bien maintenant je vous les ai déjà assez dépeints, ces gros porcs ou petits culs - suivant leur âge - qui déboulent dans les stations d'altitude à bord de leurs 4 X 4 allemands (un japonnais peut parfois s'y perdre). Y en a pour tous les mauvais goûts et des cylindrées de suffisance : audi, BM, mercedes, wolksvagen, porsche, que l'on retrouve aussi bien à Courchevel que dans les quartiers nord de Marseille. Pas avec les mêmes moyens, certes, mais avec à peu près la même éducation ! 
Ces parvenus avec leur célèbre tête à claque et leur femme affichant cette moue suffisante sur un visage fardé de certitudes, de fond de teint et de crème blanche anti-UV qui accentuent encore leur mépris généralisé pour ce qui n'est pas elles, leur famille et à la rigueur, leur engeance... 
C'est comme l'autre pipe, là, on va l'appelé "Riri" parce qu'il porte un nom épouvantable et qu'il représente ces stations de ski où l'on organise un racket permanent sur les couillons ! Certes friqués, mais est-ce une raison ? Oui ? Ah bon ! Toujours est-il que le "Riri" en question a osé prétendre que la survie de la montagne était menacée. Pas à cause de l'urbanisation galopante, la déforestation, l'appauvrissement de la faune et le réchauffement climatique d'abord. Mais parce qu'on empêche les enragés de la glisse, les quelques centaines de milliers de privilégiés, d'envahir les sommets. 
Ah non, lui c'est un chef d escadrille ! Un vrai. Mais que non, mon "Riri", elle n'est pas en danger la montagne. Sans toi, tes nantis à ski et tes commerces d'escrocs, d'improductifs qui n'ont rien trouvé de mieux que d'aller vendre là-haut des pulls chinois à dix fois leur prix et des tartiflettes congelées. La montagne, sans vous elle respire, elle étend les bras en se prélassant, elle est fan de la COVID la montagne et de Jean Castex. La montagne elle ne court aucun danger car ce n'est pas de toi, "Riri" et de tes semblables qui la saignent et la pressurent, dont elle a besoin. Mais de vaches, d'oiseaux, d'abeilles, de promeneurs solitaires, contemplateurs mutiques et de paysans vertueux. Les voilà ceux qui peuvent la pérenniser et l'embellir... A l'écart du danger, justement, que toi "Riri" et les prédateurs de ton espèce, représentez. 
Cela faisait un moment que je ne m'étais pas fait un peu le fiel sur ces ignobles personnages et ça fait toujours un bien fou au bide. Ça draine le foie. Car je préfère toujours la descente d'un bon verre de vin à celle d'une piste. Même rouge. Je dis ça aussi comme une sorte de clin d'oeil à mon cousin et ami G.M., le champion du gamay d'Anjou qui vient de s'abonner au blog. Tchin, tchin...

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.