UN COUP DE POMPE ET ÇA REPART… A LA HAUSSE

Ce matin, j’ai fait le plein… Cela commence comme un poème de Germain Nouveau, mais plus prosaïquement, moins pompeusement même - dirais-je si j’osais – je remplissais mon réservoir à la station d’une enseigne dont le slogan fut longtemps Le moins cher, le plus gai !

C’est après avoir enlevé mes gants rangés dans une boite située dans le coffre, puis longuement essuyé le tour du trou du réservoir, jeté mon masque dans le réceptacle prévu à cet effet et m’être enfin frotté les pieds sur un petit paillasson transportable que je range sous la boite des gants, que je réalisai que j’avais tout de même payé mon plein de gasoil bien cher. Et en effet il était affiché à 1,35 € au lieu des 1,12 de noël dernier ! C’est aussi là que je me suis dit que j’avais bien fait de choisir le moins cher !

Plus de vingt centimes en à peine deux mois, c’est quand même pas rien et je me suis d’abord inquiété de savoir si les 5 euros que je venais de laisser à la caisse de la station, n’était pas directement pompés par Macron pour se rembourser sur mon dos des 400 milliards de largesses redistribuées à ses copains pour qu’ils guérissent plus vite de leur crise de COVID. Non parce que je veux bien aider avec mes impôts les techniciens de surface des hôpitaux publics et la remise en fonction de la ligne ferroviaire Béziers – Clermont, mais sûrement pas, par de nouvelles taxes, les pollueurs d’Air-France et les start-upers à la noix.

Donc, mon enquête rondement menée m’amena malheureusement à innocenter les voyous de la République, tout au moins directement. Mais ce sont tout de même leurs amis de la finance spéculative qui, en rachetant du pétrole à vil prix, ont permis aux émirs et aux amis de se refaire gras du baril.
Comme au Texas, qui ont propulsé les prix de l’énergie à des niveaux stratosphérique, durant la terrible vague de froid me dit Médiapart. Du coup les plus pauvres, contraints de se chauffer pour ne pas mourir, vont recevoir une note énergétique dont ils ne se relèveront pas. Certains regretteront leur dépense, puisqu’il paraît que lorsqu’on meurt de froid, on finit pas s’endormir pour une longue, interminable nuit de repos. Et comme les pauvres sont généralement des fainéants c’est finalement la meilleure fin que l’on puisse leur souhaiter…

Dans le même article de mes camarades en ligne, je vois aussi que ce sont les matières premières dans leur ensemble qui vont faire monter les enchères parfois très haut. Tous les minerais rares notamment, dont abusent les industries de pointe, digitales et numériques. Phénomène plus durement ressenti encore en plein vent de guerre économique amorcée avec nos amis chinois qui pourraient avoir la tentation de nous rationner en nanotechnologie où ils ont pris un tantinet d’avance.

Mais tout cela ne répond pas à la seule question qui nous intéresse, nous qui n’investissons pas dans le cuivre et ne jouons pas en bourse, seulement au morpion : cette hausse de vingt pour cent de l’essence annonce-t-elle un retour à l’inflation ? Pas besoin de sortir d’HEC (Horrible Ecole de Crapules) pour comprendre que si le coût de la vie augmente plus sensiblement que ce qu’on nous le dissimule adroitement jusque-là, « ils » seront bien obligés d’augmenter nos salaires et nos retraites (surtout les petits)…

Le seul hic dans ce raisonnement de haute-volée, c’est qu’ils n’ont aucune envie d’améliorer nos conditions de vie. Et ce d’autant plus que quarante pour cent des Français se disent contents de leur situation. N’en restent plus que soixante, parmi lesquels une écrasante majorité de lâches (Q) qui préfèrent se taire et même se terrer. Cela ne nous donne plus qu’un petit 20 % de gilets jaunes, que dans le cadre de la sécurité globale, on peut matraquer et éborgner en toute conscience. Sauf qu’à un peu plus d’un an des élections monarchiques cela finirait par se savoir et ferait désordre.

Donc il n’y aura ni revalorisation de travail et des retraites, ni forte inflations. Ils continueront à rogner un peu plus sur nos maigres subsides et nous finirons par nous endormir tranquillement pour l’éternité.

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