APRÈS LA DIÈTE, LA GRANDE BOUFFE !

Hier j'évoquais déjà, me semble-t-il, le pouvoir comique hors du commun dont dispose  M. Macron. Ce n'est pas tout le temps que je fais de tels compliments, s'agissant tout de même du pire président qu'est connu la République depuis  Albert Lebrun. Remarquez, tout le mérite ne lui revient pas, même si le choix de son premier ministre relève bien du pur génie.

 

 L'été dernier, Jupiter a senti le vent tourner. Non seulement Édouard Philippe constituait avec Jérôme Salomon un duo de croque-morts qui semblait préfigurer la chute finale de l'humanité, mais le premier nommait réalisait l'improbable prouesse de plaire aux français. 
Bref, il fallait que tout cela cesse et que l'on se bidonne un peu sans pour autant entamer le capital électoral déjà malingre du petit banquier. Voici donc Jean Castex. Même sans son nez rouge il fait bidonner la France du 20 heures. Il suffit qu'il prononce ces mots magiques : "Mais attention, il n'est pas question de..." en agitant son doigt d'honneur, pour que les téléspectateurs jusque là déprimés, se roulent par terre en tapant du pied, ce qui peut éventuellement déranger le locataire d'en-dessous si par extraordinaire il écoute Mahler, plutôt que ces chaînes de malheur. Un type qui s'exprime avec cet accent et qui a conseillé per-so-nel-le-ment Nicolas Sarkozy, ne peut pas être autre chose qu'un pro de la déconnade. 

Ce jeudi 26 novembre, il a fracassé tous les standards du genre. Les moins hardis pensait sûrement qu'avec le coup de la chasse autorisée mais pas la balade en vélo ; avec les livres pas essentiels mais les pots de confitures si, il avait établi un record définitif, atteint le Graal ! Ben pas vraiment. Il doit s'agir d'une bête de concours. Un maître étalon. 

Je vous le livre tel que cela m'est parvenu. Pour faire passer la fermeture des bars et restaurants - qui demeure la pire hérésie doublée d'une mesure totalement liberticide - le Catalan a eu cette fulgurance. Pour compenser les préjudices d'une année 2020 quasiment blanche pour beaucoup d'exploitants, il fera de 2021 l'année de la gastronomie ! Avec sans doute un slogan qui claque, un truc à la Séguéla "Après la diète, la grande bouffe". Tout ceci orchestré vous le comprenez bien par un grand chef. Car le grand chef à toujours raison (moi je propose Estchebête, c'est mon préféré !) Allez, ne vous cachez pas, même si vous avez voté Macron - comme beaucoup de mes amis anciens anars ou cocos, ça c'est un truc qui m'exaspère d'autant qu'ils n'en démordent pas ! - je vois bien que vous vous retenez d'exploser de rire. Mais vous allez finir par vous poiler vous aussi et vous plier en quatre sur la moquette. 

Le gouvernement a donc aussi décidé de permettre l'accès aux station de ski pendant les fêtes. Du coup tous les bobos qui ont cinq mille euros à craquer dans une semaine de frime et de frimas, sautèrent de joie, se relevant de leur hilarité jusqu'à la phrase suivante : " mais les remontée resteront fermées..." Et là, vous pourrez me raconter ce que vous voudrez, en terme de pitrerie, le Castex en question surplombe les crêtes, tel le vautour moine au-dessus du Canigou. 
Il n'y avait déjà pas de restaurant ni de bar ouvert, donc pas de tartiflette, ni de cappuccino et moins encore de réveillon. Maintenant pas de tire-fesses. Et de toute façon, y a pas un pet de neige non plus ! C'est juste pour s'oxygéner qu'il a dit Jeannot la déconne. Tu parles que le premier de cordée d Neuilly, avec sa cadre-sup +++ et leurs cinq marmots, ils vont embarquer dans leur 4X4 mercédes pour aller prendre l'air !

Je suis sûr qu'en cherchant bien on doit encore en trouver de bonnes dans le fouillis des mesures et des contre-mesures permanentes. Il m'en resterait bien une, mais pour être honnête je ne sais si elle appartient au César du calembour. Mardi, Macron avait prévenu qu'il ne pourrait y avoir que trente personnes dans les églises. C'est toujours mieux que dans les bars ! Moi ma religion, elle s'exerce plutôt dans ceux-là et pourtant je n'ai pas appelé l’Élysée. Tandis que les évêques - qui ont bien compris le principe de laïcité - oui ! Il te l'ont béni le président, mais pas avec de l'encens. Le vin de messe, c'était du vinaigre. Du coup, l'enfant de chœur, il a bafouillé, s'est repenti. Trois paters, deux aves et ce matin c'est le curé de la paroisse de Saint-François de Pau, M. Bayrou qui a expliqué que ce n'était pas à trente que se situait la jauge, mais à trente pour cent de la capacité du lieu. Si vous voulez mieux, dans une église de cent places on pourra être... trente-trois ! 

Tous les soirs, je me sens obligé de réitérer cette assertion : je ne suis pas complotiste ! Mais cette façon d'enchaîner les bourdes, de multiplier les absurdités en reléguant Hollande et Sarkozy au rang d'amateurs, ne peut relever que de la stratégie pour distraire les foules et mettre les rieurs de son côté. Pendant ce temps il n'est plus question de la loi sécurité globale qui donne tous les pouvoirs à la police, ce qui fait évidemment froid dans le dos et mal à la tête. 

Et puis surtout, on ne parle toujours pas du scandale d'état, digne des républiques bananières et autres dictatures, par lequel M. Blanquer aurait soutenu la création d'un syndicat lycéen bidon constitué de militants macronistes (brrr mais ça existe ça, si jeune ?) pour contrer les vrais syndicats, casser les grèves et distiller dans les médias bienveillants leur bonne parole de lèche-culs. 

Mais de ce nouveau coup dur pour notre démocratie en lambeaux, pas un mot sur les télévisions aux ordres. Celles qui disent que tout va très bien en France. Qu'il faut rester dedans. Porter le masque. Et que la cote de confiance de Macron est au beau fixe !

 

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