Alors que la pandémie fait rage avec plus de 8000 morts et un nombre d’infection croissant, la révélation du scandale des appels d’offre pour la fourniture de matériel de protection pour le personnel hospitalier et la fourniture de colis alimentaires gratuits pour les plus démunis a provoqué une vague d’indignation qui n’est pas sans risque pour le gouvernement du Président Ramaphosa.
Alors qu’il avait promis de mettre fin la corruption qui gangrène le parti au pouvoir depuis des années, il apparait que la corruption est une forme de gouvernance de l’ANC au mépris des besoins de ceux qui l’ont mis au pouvoir. Au début de la pandémie, il semblait que le gouvernement en prenant l’avis des scientifiques adoptait une démarche raisonnable, mais comme le demande Mark Heywwod , un militant chevronné pour le droits humains dans un article du Maverick Citizen « What went wrong ? » https://www.dailymaverick.co.za/article/2020-07-29
Alors que la pandémie progressait, la confiance dans le gouvernement diminuait parce que les gens se sentaient trahis par des politiciens sans foi ni loi, et la lettre du président du 3 août dénonçant les hyènes qui « en tentant de tirer profit d’un désastre qui fauche des vies chaque jour est l’action de charognards. C’est un cercle de hyènes fondant sur la proie blessée » a fait long feu devant l’absence d’action pour mettre ces voyous sous les verrous.
Les charognards sont identifiés : les fils du secrétaire de l’Anc, Ace Magashule lui-même impliqué dans divers scandales, des responsables régionaux de l’Anc,le propre fils du président et d'autres membres de l'Anc et leur parentèle. Sur 25 scandales qui ont plus que terni l’image du parti au pouvoir depuis 1999, seul un a été traité par la justice en 2007 concernant Jacki Selebie, le chef de la police de l’époque, accusé de corruption et condamné à une peine de prison. Le procès du scandale des achats d'armes, Arms Deal, où l'un des accusés est Jacob Zuma, est toujours reporté à plus tard.
Devant un tel désastre, le Cosatu, allié de l’ANC et qui a soutenu Cyril Ramaphosa à l’élection à la tête du pays face au clan Zuma menace de lui retirer son soutien. « Si le gouvernement n’est pas prêt à combattre la corruption et à protéger les travailleurs, la fédération encouragera les travailleurs à riposter par tous les moyens, y compris en cessant de travailler ». Pour la fédération syndicale un pouvoir faible ne peut pas avoir une ambition économique forte pour créer des emplois, lutter contre les inégalités et mener la bataille contre la pandémie meurtrière qui touche les plus pauvres.
La lueur d’espoir repose, selon Mark Heywood, dans le pouvoir constitutionnel « Le peuple d’Afrique du Sud doit faire fonctionner la Constitution (garante des droits humains). Le peuple ne doit rien aux politiciens. Les politiciens doivent tout au peuple ». Des gens honnêtes vont-ils entendre la voix du peuple et construire du neuf avec lui ?