Le Président Cyril Ramaphosa a nommé un nouveau ministre des finances

La Commission Zondo ne finit pas de faire des révélations sur la corruption qui gangrénait le gouvernement de Jacob Zuma. Et même ceux, que l’on croyait incorruptibles, ont fini par avouer avoir aussi fréquenté les frères diaboliques, comme l’ancien Ministre des finances Nhlanhlha Nene. Sa démission vient d’être acceptée par le Président Ramaphosa et Tito Mboweni le remplace.

 

 Nhlanhla Nene est l’homme qui a su dire non au projet fou d’achat de centrales nucléaires à Rosatom. Il a expliqué devant la Commission Zondo comment il a refusé de signer une lettre qui risquait de ruiner totalement le pays en dépit des pressions des ministres de Jacob Zuma et du Président lui-même qui l’avait vite  limogé pour le remplacer par un homme lige. Une valse des ministres avait suivi.

 Nene était donc l’homme intègre que tout le monde respectait jusqu’à ce qu’il avoue avoir été plusieurs fois dans la résidence de la famille Gupta, au lieu de les recevoir dans son bureau de ministre. Et pire encore son fils, Syabonga Nene, aurait pu profiter de la position de son père pour faire des affaires, non pas illégales, mais assez juteuses, selon le site de journalisme d’investigation amaBhungane.

 Nene a présenté ses excuses aux Sud-Africains et a donné sa démission au Président Ramaphosa dès le vendredi 6 octobre. Un dilemme pour l’exécutif qui avait fait le pari de renommer l’homme intègre aux finances du pays pour redorer le blason d’une économie vacillante et alors que la présentation du budget intermédiaire doit être présenté à la fin du mois d’octobre.

 Cyril Ramaphosa a choisi d’accepter la démission de son ministre fautif et vient de nommer un homme d’expérience, Tito Mboweni. Ce dernier a été gouverneur de la Banque centrale et est un expert du monde financier, conseiller chez Golden Sachs. Le pays a un besoin urgent d’investissements pour relever les défis de la création d’emplois, de la relance de l’économie pour lutter contre la pauvreté qui touche la moitié de la population.

 Le président Ramaphosa tout en remerciant l’ancien ministre pour son dévouement a précisé « Personne ne doit être au dessus de la loi et toutes les accusations doivent faire l’objet d’une investigation approfondie. Pour que le pays aille de l’avant nous devons savoir quel est l’étendue de la capture de l’état ». Est à dire que d’autres têtes vont tomber ? Et que le grand nettoyage ne fait que commencer ? Les élections, qui devraient avoir lieu avant le mois de mai 2019, exigent que la maison ANC ait fait son ménage de printemps pour regagner la confiance de son électorat.

 

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