Zimbabwe : la sécurité des journalistes en question pour les élections

On savait que les journalistes avaient eu la vie dure au temps de Robert Mugabe, mais il semble bien que les mauvaises habitudes perdurent. Des menaces claires ont visé plusieurs journalistes au cours d’une conférence de presse des forces armées du Zimbabwe

Le directeur de la communication des Forces armées du Zimbabwe, le Colonel Mugwisi  a pris pour cible quatre journalistes, en qualifiant leurs travaux de « mauvais et malveillants reportages ». Cette déclaration est considérée comme une menace directe pour museler la presse alors que le pays va voter le 30 juillet prochain. L’armée a toujours soutenu le parti au pouvoir ZANU-PF et c’est l’armée qui a été au cœur de la mise à l’écart de Robert Mugabe en faveur de l’actuel président Emmerson Mnangagwa.

L'Institut des Médias en Afrique australe (Media Institute of Southern Africa) a dans un communiqué réaffirmé que c'est un devoir pour le gouvernement d'assurer la sécurité des journalistes et que la meilleure défense pour les journalistes est de dire la vérité et d'être précis. Tabani Moyo, le responsable de MISA pour le Zimbabwe, a été très clair :"Alors que le Zimbabwe va vers des élections nationales, il est impératif que les journalistes puissent faire leur travail sans crainte d'agressions de la part des autorités. Même en période électorale, la liberté de la presse inscrite dans la section 61 de la Constitution reste valide ". En 2016 , 23 journalistes avaient été victimes d'agression.

On peut se réjouir d'un climat plus apaisé que par le passé pour les prochaines élections et de la présence d'un fort contingent d'observateurs internationaux, mais la liberté de la presse et la sécurité pour les journalistes du Zimbabwe restent sans garantie à ce jour.


 

 

 

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