L’augmentation du prix des carburants a enflammé le Zimbabwe

Le départ de Robert Mugabe et l’élection d’Emerson Mnangagwa en novembre 2017 n’ont pas réussi à sortir le pays du désastre économique. Augmenter le prix des carburants pour en enrayer la pénurie a été une très mauvaise idée. Les Zimbabwéens sont à nouveau dans la rue pour crier leur  désespoir.

Les salaires ne permettent plus de faire face aux augmentations des produits de première nécessité et joindre les deux bouts relève du miracle. Faute de pouvoir payer les frais de transports, certains travailleurs dorment sur leurs lieux de travail ou les parcs de la capitale, Harare. La situation ressemble beaucoup à celle de 2008 quand les prix doublaient du jour au lendemain, la planche à billets fonctionnait à plein rendement et le pouvoir s’obstinait dans une chimérique parité de la monnaie locale avec le dollar. Le fond du problème est l’inactivité ou activité au ralenti de secteurs entiers de l’économie. Le départ de Mugabe n’a pas suffi à remettre l’économie sur ses rails. 

Le pouvoir actuel est incapable de relancer l’économie et pare aux plus pressé avec des mesures faciles comme l’augmentation des prix, au risque de voir le pays tout entier manifester sa colère. Et personne ne sait jusqu’où ira cette colère.

Des affrontements sérieux avec la police ont déjà fait de nombreux blessés au cours des manifestations organisées par le ZCTU (Zimbabwe Congress of Trade Union)  qui appelle à une grève de trois jours. Lundi les locaux du mouvement d’opposition, le MDC (Movement for Democratic Change) ont été incendiés. Le gouvernement  a aussitôt accusé « une organisation terroriste », alors que des dirigeants du MDC soupçonnent le gouvernement d’être derrière cet incendie criminel. Déjà plus de 200 personnes ont été arrêtées, il y aurait au moins  cinq morts. Le ministre de la Sécurité a annoncé le renforcement des forces de sécurité et le gouvernement vient de fermer tout accès à Internet.

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