Covid 19: l’Afrique du Sud à l’arrêt

Le Président Ramaphosa vient d’annoncer à ses concitoyens un confinement de 21 jours accompagnés de toute une série de mesures précises. La presse et l’ensemble de la classe politique approuvent le ton du discours : ferme, réaliste et plein d’empathie pour les plus vulnérables.

Un titre du Daily Maverick résume bien le soulagement des Sud-Africains après avoir entendu le discours de leur président « Dieu Merci, ce n’est pas Jacob (ni Donald, ni Boris) ! ». Le Président Ramaphosa, et son équipe, ont tiré les leçons des pays qui ont réussi à prendre les bonnes mesures pour éviter le pire : la Chine, Singapore et la Corée du Sud.

Connaissant bien les dangers de la corruption dans un pays qui a vu pendant près de dix ans cette dernière mettre à sac les ressources du pays, il a adopté un ton très ferme, peu habituel chez cet homme jovial et tout en rondeur. « Je veux être très clair : nous attendons de tous les Sud-Africains qu’ils agissent pour l’intérêt de la nation et pas pour leurs intérêts égoïstes. Par conséquent nous agirons fermement contre ceux qui tenteront par la corruption de tirer profit de cette crise. Le parquet agira immédiatement et arrêtera ceux coupables de corruption…et nous veillerons à ce que les coupables aillent en prison ».

Parmi les dix neuf mesures énumérées dans le discours, outre les mesures de confinement, la fermeture de tous les entreprises, y compris les mines, l’aide de l’armée pour acheminer les malades dans des lieux de confinement , la mise en quarantaine de tous ceux qui arrivent de pays à hauts risques, le dépistage systématique, la production et la distribution de denrées alimentaires et le contrôle des prix , un Fond de solidarité, où chacun peut verser, pour les plus vulnérables a été mis en place, et les deux familles de milliardaires bien connues , la famille Ruppert et la famille Oppenheimer ont versé un milliard de rands pour un fond destiné aux petites et moyennes entreprises. Ces deux fonds seront gérés en dehors de toute ingérence de l’état. Des mécanismes sont mis en place pour verser leurs salaires aux employés des entreprises en difficulté de trésorerie à cause du Covid 19.

Le Président n’a pas caché son inquiétude en annonçant la progression de la pandémie : de 61 cas détectés, le pays est passé à 402 en huit jours « et ce chiffre va augmenter ». En concluant son discours par un appel à la cohésion nationale et la compassion : « J’en appelle à chacun de nous à jouer son rôle, d’être courageux, d’être patient et par dessus tout de montrer de la compassion », par des paroles fermes, sans grandiloquence, le Président Ramaphosa a montré ses capacités de chef d’état en temps de crise.  

 

 

 

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