Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis a annoncé, à ses adhérents l’organisation d’un référendum à la mi-octobre.  Une seule question leur sera posée : « Face à la droite et l’extrême droite, souhaitez-vous l’unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales? »
Un raccourci qui tente de contourner le vrai problème et qui en dit long sur les inquiétudes de sa formation à l’approche de cette nouvelle échéance électorale…
Car certes, la droite et l’extrême droite gagnent du terrain, mais le parti socialiste n’y est pas pour rien ! En renonçant sciemment aux valeurs de gauche sur lesquelles il s’est fait élire, le gouvernement socialiste est hautement responsable de la montée de l’extrême droite, ainsi que des slogans « UMPS » et « tous pourris ».
Oser aujourd’hui, avec pour seul objectif de limiter sa déroute électorale, prendre ainsi les citoyens à parti – pour ne pas dire en otages – en leur disant « ou bien c’est le FN, ou bien c’est nous » est pour le moins cynique. Faute d’être choisi pour ses idées, le PS envisage de s’imposer en recourant à la culpabilisation des citoyens appelés au « vote utile », expression bien contestable qui évite de débattre des questions de fond.
Car là est  bien le problème. On ne fait pas l’unité pour l’unité. On fait l’unité pour conduire ensemble des choix politiques que l’on partage. C’est loin d’être le cas avec la direction actuelle du Parti Socialiste qui s’aligne sur les orientations ultralibérales d’un Valls et d’un Macron.
Ainsi, derrière l’objectif annoncé d’un rassemblement « de la gauche et des écologistes », la manœuvre vise en réalité à bâillonner toute possibilité d’une expression alternative anti-austéritaire. Plutôt que de répondre aux aspirations des Français, cette initiative vise à les instrumentaliser pour éviter qu’ils puissent se prononcer sur les choix politiques de l’actuel gouvernement.
Si le secrétaire national du PS, soudainement pris d’un élan démocratique,  souhaite consulter nos concitoyens, les sujets ne manquent pas : que pensez-vous du niveau des salaires, sachant que le salaire médian au-dessous duquel se situe la moitié des salariés est de 1667 euros net/mois ? du nombre de créations d’emplois au regard des milliards d’argent public distribués sans contrepartie aux grandes entreprises du CAC 40 ? des 35 heures ? du travail du dimanche ? de l’Europe ? …
Mais le courage du Parti Socialiste ne va pas jusque-là.
Alors oui, décidément, il est urgent de rassembler dans la sincérité et la transparence toutes celles et tous ceux – qu’ils soient au Front de gauche, au Parti Socialiste, à Europe Ecologie les Verts ou dans aucune de ces formations – celles et ceux qui sont prêts à agir par-delà ces lamentables calculs, pour relever les grands défis de notre temps au service de l’humanité et de la planète.
Jacqueline Fraysse

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.