Arrogance

Après le véritable cri d'alarme social que représente le résultat des élections régionales, on aurait pu s'attendre à ce que le premier ministre prenne en compte le message qui lui a été envoyé. Non, il garde son arrogance et sa superbe, il reste droit dans ses bottes, bardé de suffisance et annonce sans hésiter, qu'il ne donnera pas de «coup de pouce» au SMIC.

« Je ne vais tout de même pas m'excuser » s'est-il exclamé. Non, bien sûr, pas s'excuser car ce n'est pas son genre...
Peut-être aurait-il pu simplement s'inquiéter, s'interroger sur le résultat de ses choix politiques ? Entendre le désarroi, l'angoisse, la souffrance de toutes ces femmes, ces hommes confrontés au chômage - en octobre, 42 000 chômeurs de plus ont été enregistrés portant à 5,5 millions le nombre de personnes privées d'emploi - sans parler des temps partiels, des contrats précaires et des bas salaires qui ne permettent pas de vivre dignement.
Aujourd'hui 9 millions de nos concitoyens, parmi lesquels des enfants, des familles monoparentales, des retraités pauvres, des jeunes précaires... vivent sous le seuil de pauvreté. Combien de drames humains, de tragédies personnelles et familiales se dissimulent derrière ces chiffres ?
Face à ces faits massifs, devant l'angoisse de nos concitoyens à bout de force et d'espoir, le gouvernement n'envisage pas de modifier sa stratégie, de remettre en cause les milliards d'argent public qu'il verse aux entreprises sans aucun résultat en terme d'emplois.
Non, il garde son arrogance et sa superbe, il reste droit dans ses bottes, bardé de suffisance et annonce sans hésiter, qu'il ne donnera pas de "coup de pouce" au SMIC. Il faudra se contenter de l'augmentation mécanique annuelle de 0,6%... soit six euros de plus par mois ! portant à 1143 euros mensuel, le salaire net d'une personne employée à temps plein et payée au salaire minimum.
Comment fait-on pour vivre aujourd'hui avec un tel salaire ?
Mais répondre à cette question n'est pas le problème de Manuel Valls qui d'ailleurs, continue de nous expliquer que ça va bientôt aller mieux grâce à de « nouvelles » mesures, dont un « plan massif de formation » pour lutter contre le chômage... Il nous promet des « annonces » dès le mois de janvier…
Le problème du premier ministre est ailleurs, il est dans les manœuvres politiciennes visant à une « recomposition» du parti socialiste avec le centre droit, en vue de la prochaine présidentielle pour tenter d'assurer la suite de la carrière de son président et surtout de la sienne.
Non, décidément, ce n'est pas de ce côté-là qu'il faut chercher la réponse aux graves problèmes qui nous assaillent.
Ce n'est pas davantage dans les accords d'appareils politiques, plus préoccupés de leur survie que des changements profonds à impulser dans notre société, qu'il faut chercher l'espoir.
C'est dans la mobilisation directe du peuple, en s'appuyant sur les multiples mouvements et initiatives citoyennes qui existent partout dans nos territoires.
Jacqueline Fraysse

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