Nos armes à nous

Vendredi dernier, les terroristes ont de nouveau frappé. Ils ont frappé des innocents dans la diversité de leurs origines, de leurs religions, de leurs loisirs. Ils ont frappé la France, la vraie, tolérante, diverse et métissée, celle qui aime la vie, les concerts, le foot, les moments de détente entre amis… Ils ont frappé à l’aveugle, sans autre considération, ils ont frappé l’humanité.

Vendredi dernier, les terroristes ont de nouveau frappé. Ils ont frappé des innocents dans la diversité de leurs origines, de leurs religions, de leurs loisirs. Ils ont frappé la France, la vraie, tolérante, diverse et métissée, celle qui aime la vie, les concerts, le foot, les moments de détente entre amis… Ils ont frappé à l’aveugle, sans autre considération, ils ont frappé l’humanité.


Le bilan est lourd : au moins 129 personnes tuées, plusieurs dizaines de blessés dont beaucoup sont encore aujourd’hui entre la vie et la mort.
Si la vie « ordinaire » reprend progressivement son cours, personne n’oublie la souffrance des familles, des victimes et de leur entourage auxquels je tiens à redire notre solidarité, notre fraternité.


Beaucoup de mots ont été prononcés ces derniers jours dans différents registres et notamment pour saluer l’efficacité des services publics de sécurité, de secours et de soins sans le dévouement et le professionnalisme desquels le bilan serait encore plus lourd.
Puisse cette douloureuse épreuve faire taire les voix qui dénigrent les services publics et les agents qui y travaillent.
Lundi dernier, le Président de la République a convoqué le Congrès du Parlement à Versailles pour s’exprimer directement devant les députés et les sénateurs.


Face à la gravité de la situation, il appelle à l’union nationale. Nous pouvons y souscrire dans la mesure où elle n’implique pas de renoncer à ses convictions, mais exige de chacune et chacun d’être plus que jamais responsable.
C’est ce qu’avec les députés de mon groupe, je m’attache à faire.


Sur le plan intérieur, je soutiendrai la prolongation de l’état d’urgence pour permettre l’arrestation plus rapide d’individus dangereux et le démantèlement des réseaux. La situation exceptionnelle justifie cette mesure d’exception.
Par contre, ce texte attentatoire aux libertés fondamentales ne saurait être prolongé et encore moins gravé dans le marbre de la constitution.
Nous aurons l’occasion de revenir sur ce point car les mesures sécuritaires, si elles sont nécessaires, ne font que soigner le symptôme. Or, nous avons plus que jamais besoin de soigner aussi les causes.


Certaines d’entre elles ont leur racine au cœur de nos institutions : beaucoup trop d’enfants de la République sont aujourd’hui, et depuis trop longtemps, laissés sur le bord du chemin, en-dehors de l’école et du monde du travail. Il est essentiel que le gouvernement déploie au moins autant d’énergie à renforcer l’accès de tous à l’éducation, la culture et l’emploi qu’aux mesures sécuritaires dont nous mesurons les limites.
S’attaquer aux causes, c’est aussi œuvrer pour une solution politique aux conflits qui se déroulent sur la scène internationale
Un salutaire infléchissement est enclenché pour permettre une meilleure coordination de la réaction armée.
Mais il est urgent de donner toute sa place à l’Organisation des Nations Unies pour appliquer le droit international et fixer des objectifs tant dans le domaine militaire que politique.


Il est urgent d’avancer sur la voie de la diplomatie afin de régler les interminables conflits dans lesquels les occidentaux portent de lourdes responsabilités.
Songeons que la terreur vécue par nos concitoyens le week-end dernier est celle que vivent depuis des mois, des années, les peuples syrien, palestinien, irakien, libanais, libyen, sans parler de ceux de l’Afrique de l’Ouest.
La force seule ne peut rien régler durablement, le rôle de la France doit être de tout mettre en œuvre pour arrêter cette spirale de guerre et rétablir la paix.


Jacqueline Fraysse

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